Opérateur d'infrastructure numérique alimentée en énergie bas-carbone — le pivot Bitcoin → HPC/IA franchit un cap avec un bail de 20 ans (~19 Md$) signé avec Anthropic et la cession de la JV Abernathy à Fluidstack
TeraWulf Inc. (NASDAQ : WULF) est un opérateur d'infrastructure numérique verticalement intégré, basé à Easton (Maryland, États-Unis). Historiquement mineur de Bitcoin, la société opère un pivot stratégique majeur vers l'hébergement de calcul haute performance (HPC) destiné à l'intelligence artificielle. Son atout différenciant reste un parc de sites alimentés en énergie majoritairement bas-carbone / zéro-carbone et une expertise reconnue dans le sourcing de puissance électrique à grande échelle — un argument de plus en plus recherché par les acteurs de l'IA pour leurs charges de calcul.
Location longue durée (10 à 20 ans) de capacité de data centers à des acteurs de l'IA. Le carnet est désormais diversifié : Anthropic (bail de 20 ans, ~19 Md$, campus Justified Data au Kentucky) rejoint Fluidstack (baux de 10 ans à Lake Mariner, backstop Google). Revenu de bail HPC : 21,0 M$ au T1 2026 (+117 % sur un trimestre).
Activité historique sur le campus de Lake Mariner (État de New York). En décroissance planifiée : la capacité et l'énergie sont progressivement réaffectées à l'hébergement HPC/IA, à plus forte valeur ajoutée et à revenus récurrents et prévisibles. Le revenu d'actifs numériques a chuté à 13,0 M$ au T1 2026 (vs 34,4 M$ un an plus tôt).
Campus phare de Lake Mariner (ouest de l'État de New York), alimenté en énergie bas-carbone. Déploiement de blocs de data centers CB-1 à CB-5 pour Fluidstack : ~360 MW de capacité IT critique contractée sur 10 ans (backstop Google), avec livraisons échelonnées et démarrage progressif des loyers en 2026.
Campus Justified Data à Hawesville (Kentucky), sur un ancien site de fonderie d'aluminium de 790 acres disposant d'infrastructures électriques et fibre existantes. Bail de 20 ans avec Anthropic pour ~401 MW de charge IT critique, mise en service progressive à partir du 2e semestre 2027, pleine capacité début 2028.
| Poste | FY 2025 | FY 2024 | T1 2026 |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires total | $168.5M | $140.1M | $34.0M |
| dont bail HPC | $16.9M | — | $21.0M |
| dont actifs numériques (mining) | n.d. | $34.4M (T1'25) | $13.0M |
| EBITDA ajusté | -$23.1M | positif | -$4.1M |
| Revalorisation warrants (non-cash) | n.d. | n.d. | -$216.3M |
| Charges d'intérêts | n.d. | n.d. | -$67.1M |
| Résultat net | -$661.4M | -$72.4M | -$427.6M |
Sources : communiqués officiels TeraWulf « Fourth Quarter and Full Year 2025 Results » (fév. 2026) et « First Quarter 2026 Results » (mai 2026), dépôts SEC (8-K / 10-Q). La perte du T1 2026 est majoritairement non-cash (~216,3 M$ de revalorisation des warrants Google, intérêts). FY 2024 estimé à partir de la croissance de +20,3 % communiquée. Résultats du T2 2026 attendus le 5 août 2026 (consensus : C.A. ~48 M$, BPA ~-0,19 $).
| Poste | Montant | Détail |
|---|---|---|
| Obligations convertibles (TeraWulf) | $2,500M | niveau holding |
| Obligations senior sécurisées (WULF Compute) | $3,200M | financement de projet |
| Prêts-relais (filiales Kentucky) | $100M | delayed-draw bridge |
| Dette totale actuelle | $5,800M | — |
| Levée de dette projetée (campus Anthropic) | ~$3,500M | leveraged loans + high-yield (2026) |
| Dette brute pro forma | ~$9,300M | si aucun remboursement compensatoire |
| Trésorerie + équivalents + restreinte (31/03) | $3,100M | dont ~1,5 Md$ non restreinte (post-avril) |
| Produit de la cession Abernathy | ~$530M | 3 versements (dont ~250 M$ sous 14 j) |
Évolution de la trésorerie : le groupe a terminé 2025 avec 3,7 Md$ (vs 274,1 M$ fin 2024), grâce aux financements long terme bouclés dans l'année. Au 31/03/2026, la trésorerie totale ressort à ~3,1 Md$, dont une large part restreinte (adossée au financement de projet) ; la trésorerie non restreinte du parent a été portée à ~1,5 Md$ après la levée d'avril 2026. La cession Abernathy apporte ~530 M$ additionnels. Mais le financement de ~3,5 Md$ pour Anthropic ferait fortement grimper le levier.
Points forts : Le bail Anthropic de 20 ans (~19 Md$) transforme le profil de risque : au client unique Fluidstack s'ajoute désormais l'un des tout premiers laboratoires d'IA, avec un revenu adossé à une notation investment-grade. C'est une diversification client majeure et une validation supplémentaire du modèle. La cession d'Abernathy monétise ~450 M$ à prime (~530 M$) et simplifie les comptes. La trésorerie reste abondante (~3,1 Md$, dont ~1,5 Md$ non restreinte), l'énergie bas-carbone est un avantage concurrentiel, et l'EBITDA ajusté s'améliore nettement (-4,1 M$ au T1 vs -50,9 M$ le trimestre précédent).
Points faibles : Les revenus Anthropic ne démarrent qu'à partir de fin 2027 : l'essentiel du bail est une promesse pluriannuelle, pas un flux immédiat. Sa réalisation exige une levée de dette de ~3,5 Md$, qui porterait la dette brute consolidée vers ~9,3 Md$ — un levier très élevé face à un C.A. encore modeste (~168 M$ en 2025). Les pertes nettes restent lourdes (-661,4 M$ en 2025, -427,6 M$ au T1 2026, même si largement non-cash) et l'EBITDA ajusté est encore négatif. S'y ajoutent un capex massif (3–4 Md$ pour le seul campus Anthropic), un besoin de financement continu, et des interrogations sur les ventes d'initiés et l'alignement des actionnaires. Le titre s'échange sous le prix de l'augmentation de capital d'avril.
Risque de faillite : Modéré et différé. Avec ~3,1 Md$ de trésorerie, le produit d'Abernathy, des contrats de long terme et un financement adossé aux baux, l'insolvabilité immédiate n'est pas le scénario central. Le risque n'est pas la faillite à court terme mais l'exécution (livrer les campus dans les délais/budgets) et le service d'une dette qui pourrait doubler vers ~9,3 Md$ tant que l'EBITDA n'est pas franchement positif — soit une fenêtre de vulnérabilité jusqu'à la montée en charge d'Anthropic en 2027–2028.
Conclusion : TeraWulf progresse en valeur sur le plan stratégique : le bail Anthropic diversifie le carnet et rehausse la qualité des revenus futurs, ce qui distingue nettement le dossier de ses pairs mineurs. Mais la valeur boursière a corrigé (~10,0 Md$ vs ~12,7 Md$ début juillet) et le pari se déplace vers un enjeu de financement et d'exécution : convertir ~19 Md$ de contrats en loyers encaissés, sans dérapage de coûts, ni tension de refinancement, ni dilution excessive — avec des premiers cash-flows Anthropic seulement en 2027.
Croissance du revenu, montée du bail HPC (données publiées)
Effet de la levée projetée de ~3,5 Md$ (Anthropic)
TeraWulf (WULF) conserve une note de 6,5/10 sur le potentiel de hausse du cours à 2–3 ans. Le bail Anthropic (~19 Md$ sur 20 ans) est un développement structurellement positif : il diversifie le carnet de commandes au-delà de Fluidstack — la principale faiblesse identifiée jusqu'ici — et adosse un revenu de très long terme à un acteur d'IA de premier rang bénéficiant d'un soutien de crédit « investment-grade ». La cession d'Abernathy apporte du cash et clarifie les comptes.
La note reste stable à 6,5 (et non relevée) car les bénéfices de cette diversification sont contrebalancés par une montée sensible du risque financier : la construction du campus Anthropic exige une levée de ~3,5 Md$ qui pourrait porter la dette brute vers ~9,3 Md$, alors que la société reste en pertes, à EBITDA ajusté négatif, et que les premiers loyers Anthropic ne tomberont qu'en 2027–2028. Le marché a d'ailleurs déjà corrigé la valorisation (~10 Md$ vs ~12,7 Md$ début juillet). La note pourrait monter vers 7,0–7,5/10 si le financement de 3,5 Md$ est bouclé à des conditions raisonnables et si les campus montent en charge dans les délais en faisant basculer l'EBITDA en positif ; elle retomberait vers 5/10 en cas d'échec ou de coût excessif du financement, de retards de construction, ou de refroidissement du cycle d'investissement IA.