Upexi, Inc. (Nasdaq : UPXI), basée à Tampa (Floride), était à l'origine un agrégateur de marques de consommation (compléments alimentaires, produits pour animaux, e-commerce). En avril 2025, la société a pivoté radicalement pour devenir une société de trésorerie d'actifs numériques centrée sur Solana (SOL) : son objectif affiché est d'accumuler et de conserver le plus de SOL possible de manière disciplinée et relutive, en générant du rendement via le staking. Elle détient aujourd'hui environ 2,36 millions de SOL (~184,9 M$ au 31/03/2026), ce qui en fait l'un des plus grands gestionnaires de trésorerie SOL du marché. L'activité résiduelle de produits de consommation génère un chiffre d'affaires modeste. Un accord de 20 ans avec la société de trading crypto GSR prévoit une commission annuelle de 1,75 % des actifs gérés.
Points positifs :
Points négatifs :
La stratégie annoncée reste l'accumulation disciplinée de SOL et la maximisation du rendement de staking (déploiement via Blueprint). La direction estime que depuis le 1er juillet 2026, les revenus de staking couvrent les dépenses courantes d'exploitation et d'intérêts au prix actuel du SOL — un jalon d'autofinancement important s'il se confirme. La société poursuit : la réduction de la dette court terme (échanges dette contre actions), les rachats d'actions opportunistes sous la NAV, et d'éventuelles levées de capital « au-dessus de la NAV » si les conditions de marché le permettent. Les obligations convertibles Hivemind (conversion à 2,39 $, très au-dessus du cours) arriveront à maturité début 2028 : sans forte remontée du titre, elles devront être remboursées ou refinancées, probablement en SOL ou par nouvelle dilution. Aucune diversification hors Solana n'est annoncée ; le sort de l'activité consommation résiduelle reste secondaire.
| Indicateur (31/03/2026, T3 fiscal 2026) | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d'affaires trimestriel | 4,6 M$ (vs 3,2 M$ un an plus tôt) |
| Dont revenus d'actifs numériques (staking) | 3,5 M$ |
| Perte nette trimestrielle | (109,3) M$ |
| Perte nette 9 mois | (221,5) M$ (dont 178,8 M$ de pertes latentes sur actifs numériques) |
| Trésorerie (cash) | 3,5 M$ (en légère hausse) |
| SOL détenus | ~2,36 M SOL ≈ 184,9 M$ |
| Obligations convertibles liées au SOL | 181,0 M$ |
| Dette de trésorerie court terme | 57,3 M$ (réduite de ~7,6 M$ ; –19,5 M$ supplémentaires via émission d'actions en juin) |
| Capitaux propres | (51,9) M$ — négatifs |
Lecture du bilan. La quasi-totalité de l'actif est constituée de SOL (~185 M$ à ~78 $/SOL), adossée à ~238 M$ de dettes (181 M$ de convertibles + 57 M$ court terme, avant la réduction de 19,5 M$ de juin). Les capitaux propres sont négatifs. La valeur de l'action est donc une option à fort levier sur le prix du SOL : une hausse du SOL au-dessus de ~100 $ recréerait de la valeur nette rapidement ; une baisse sous ~60 $ rapprocherait la société de l'insolvabilité comptable totale. La trésorerie cash (3,5 M$) est très faible, mais le point d'équilibre annoncé (staking ≥ opex + intérêts, taux de la convertible limité à 1 %) réduit la consommation de cash tant que le SOL se maintient. Le mur de refinancement des convertibles début 2028 est le risque majeur.
Progression en valeur. Sur 12 mois, la société a détruit de la valeur pour l'actionnaire (cours –90 % depuis avril 2025, note de dilutions et déblocages successifs), même si la trésorerie SOL par action a progressé. Risque de faillite : élevé — capitaux propres négatifs, dépendance totale à un actif volatil, dette > actifs, cours sous 1 $ avec risque de radiation du Nasdaq. La faillite n'est toutefois pas imminente : la dette est en grande partie à maturité 2028, faiblement rémunérée, et le staking couvre désormais les charges courantes.
La note baisse de 4,0 à 3,5/10. Les initiatives récentes (Blueprint, Russell Microcap, réduction de dette, autofinancement par staking) sont réelles mais marginales face à un bilan insolvable en l'état (capitaux propres négatifs de 51,9 M$), une perte de 221,5 M$ sur 9 mois, un cours sous le seuil de conformité Nasdaq et un mur de dette en 2028. Le titre ne peut s'apprécier durablement que si le SOL monte fortement ; à l'inverse, tout repli du SOL menace directement la solvabilité. Le profil rendement/risque sur 2–3 ans reste très défavorable pour un investisseur prudent — il s'agit essentiellement d'un pari à levier sur Solana, avec un risque de dilution et de radiation non négligeable.