Upexi, Inc. (Nasdaq : UPXI), basée à Tampa (Floride), était à l'origine un propriétaire de marques de produits de consommation (développement, fabrication et distribution — par ex. gommes à base de champignons médicinaux, outils de toilettage pour animaux, marque VitaMedica). En avril 2025, la société a opéré un pivot radical pour devenir une « digital asset treasury company » (DAT) centrée sur Solana (SOL).
Le modèle actuel consiste à acquérir et détenir le plus de SOL possible « de manière disciplinée et relutive par action », puis à en tirer du rendement. Upexi met en avant trois leviers de création de valeur :
Upexi se présente comme l'un des plus grands détenteurs publics de SOL au monde (≈ 3ᵉ rang corporate, ≈ 0,35 % de l'offre). L'activité historique de marques de consommation subsiste mais est désormais marginale (≈ 1,1 M$ de CA au T3 2026 contre 3,5 M$ de revenus issus des actifs numériques). En pratique, la valeur de l'action est devenue un pari à effet de levier sur le cours du SOL, modulé par la dette et la dilution.
Sources primaires : communiqué de résultats du 12 mai 2026 et Form 10-Q (trimestre clos le 31/03/2026, T3 de l'exercice fiscal 2026 ; exercice clos le 30/06). Montants en USD.
| Élément | T3 FY26 (3 mois, 31/03/26) | 9 mois (au 31/03/26) |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires total | 4,56 | 21,85 |
| — dont revenus actifs numériques (staking) | 3,51 | 14,73 |
| Marge brute | 4,35 | 19,34 |
| Perte d'exploitation | −106,8 | −213,0 |
| — dont perte non réalisée sur actifs num. (non-cash) | −92,3 | −178,8 |
| — dont perte réalisée sur ventes/conversion SOL | −8,7 | −9,0 |
| Charges d'intérêts nettes | −3,68 | −9,99 |
| Résultat net | −109,3 | −221,5 |
| BPA dilué | −1,67 $ | −3,66 $ |
La perte est massivement « comptable » : sur les −109,3 M$ du T3, ≈ −92,3 M$ sont une réévaluation non-cash du SOL au prix de fin de trimestre. Mais attention : on note aussi des pertes réalisées (cash) de −8,7 M$ liées à des ventes/conversions de SOL, et des charges d'intérêts réelles de −3,68 M$/trimestre (≈ 15 M$/an) — ce sont de vraies sorties.
| Élément | 31/03/2026 | 30/06/2025 |
|---|---|---|
| Trésorerie | 3,5 | 3,0 |
| Actifs numériques (SOL, juste valeur) | 184,9 | 106,0 |
| Total actif | 200,4 | 123,8 |
| Dette de trésorerie court terme (adossée SOL) | 57,3 | 20,0 |
| Obligations convertibles (long terme) | 181,0 | 0,0 |
| Autres passifs (dont filiale Cygnet, intérêts courus…) | ~14,0 | ~13,7 |
| Total passif | 252,3 | 33,7 |
| Capitaux propres | −51,9 | +90,1 |
| Déficit accumulé | −282,1 | −60,5 |
| Actions en circulation (M) | 66,9 | 38,3 |
Le bilan est structurellement déséquilibré : ≈ 238 M$ de dette (trésorerie 57,3 M$ + convertibles 181 M$) pour 184,9 M$ d'actifs SOL et 3,5 M$ de cash → capitaux propres négatifs de −51,9 M$. Et depuis le 31/03, le SOL a encore baissé (≈ 73 $ le 18/06 vs une valorisation de fin de trimestre plus élevée), ce qui dégrade davantage la situation nette.
C'est le point faible majeur du dossier. Upexi ne dispose que de 3,5 M$ de trésorerie face à une dette de ≈ 238 M$. Une partie (la « dette de trésorerie », 57,3 M$) est adossée au SOL, ce qui crée un risque d'appel de marge : si le cours du SOL baisse, la société peut être contrainte de vendre du SOL à perte ou d'apporter du collatéral. Les obligations convertibles (181 M$) ont en partie été émises contre du SOL verrouillé, liant encore le passif à la performance du token.
La consommation de cash structurelle est réelle : ≈ 15 M$/an d'intérêts, contre des revenus de staking de l'ordre de 10–14 M$/an (sensibles au cours du SOL et au rendement). La direction vise un auto-financement par le staking dès juillet 2026 après avoir taillé les coûts (10 salariés), ce qui est crédible si le SOL ne s'effondre pas davantage — mais la marge de sécurité est très mince.
Enfin, le cours sous 1 $ expose à la règle Nasdaq du prix minimum de 1,00 $ (risque d'avis de non-conformité, voire de regroupement d'actions / délistage à terme). En synthèse : solvabilité fragile et risque de défaut/distress nettement supérieur à la moyenne. La société n'est pas en faillite imminente (peu d'échéances de dette à très court terme, possibilité de vendre du SOL), mais elle est vulnérable à un SOL durablement bas.
Au cours du 18/06/2026 (SOL ≈ 73 $), les ≈ 2,17 M SOL valent ≈ 159 M$. En retranchant la dette nette (≈ 238 M$ − 3,5 M$ de cash), la valeur d'actif net revenant aux actionnaires est négative (≈ −75 M$). La capitalisation positive (≈ 60–75 M$) reflète donc surtout une valeur d'option : le marché price un éventuel rebond du SOL et l'effet de levier associé. C'est cohérent avec un profil très spéculatif.
−51,9 M$ au 31/03/2026 (vs +90,1 M$ un an plus tôt), déficit accumulé −282 M$. Situation nette dégradée encore depuis (SOL ≈ 73 $).
≈ 238 M$ de dette (trésorerie 57,3 M$ + convertibles 181 M$) pour seulement 3,5 M$ de cash. Risque d'appel de marge sur la dette adossée au SOL.
Règle du prix minimum de 1,00 $ ; risque d'avis de non-conformité et, à terme, de regroupement d'actions / délistage.
Valeur dictée par un actif volatil (SOL −50 % vs prix d'achat moyen). Dilution massive (38,3 M → 66,9 M d'actions en un an).
≈ 2,17 M SOL détenus ; un rebond marqué du SOL pourrait faire fortement remonter une capitalisation aujourd'hui réduite (~60–75 M$).
~95 % du SOL staké, revenus récurrents ; effectif réduit à 10, objectif d'auto-financement par le staking dès juillet 2026.
Note : 4,0 / 10
Sur le critère du risque de faillite / de distress, Upexi présente un profil nettement plus risqué que la moyenne : capitaux propres négatifs (−51,9 M$), 3,5 M$ de cash seulement face à ≈ 238 M$ de dette, une partie de cette dette adossée au SOL (risque d'appel de marge), et un cours sous 1 $ exposant à la règle Nasdaq de prix minimum. La société n'est pas en défaut imminent — elle peut vendre du SOL et a peu d'échéances à très court terme — mais elle est vulnérable à un Solana durablement déprimé.
Sur le critère de l'appréciation du cours à 2–3 ans, le dossier offre un levier haussier réel : avec ≈ 2,17 M SOL et une capitalisation réduite (~60–75 M$), un rebond marqué du SOL pourrait faire remonter fortement l'action (effet d'option). Le staking (~95 % du SOL), la discipline de coûts (10 salariés) et l'objectif d'auto-financement par le staking dès juillet 2026 sont des éléments de soutien. Mais ce potentiel est conditionné à une variable externe non maîtrisable (le cours du SOL) et amputé par la dette et la dilution.
En net : un pari binaire à effet de levier sur Solana, avec un risque de perte en capital élevé (capitaux propres négatifs, dette, délistage potentiel) mais un potentiel de rebond significatif si le SOL repart. Ce déséquilibre — fragilité financière marquée + dépendance totale à un actif volatil, compensées par un levier haussier crédible — justifie une note basse de 4,0/10 : à réserver à une poche très spéculative, avec une tolérance au risque de perte totale.