NASDAQ : TEM · Siège : Chicago, Illinois (USA) · Devise : USD
Rapport généré le 5 septembre 2026 · Dernier cours retenu : 64,80 $ (clôture du 4 septembre 2026) · Capitalisation ≈ 11,7 Md$
Fourchette 52 semaines : 40,77 $ – 104,32 $
6,5 / 10
Note globale (horizon 2–3 ans)
Risque de faillite à court/moyen terme faible (820,7 M$ de liquidités, aucune échéance de dette avant 2030-2032, premier trimestre bénéficiaire en GAAP).
Potentiel de hausse modéré : la thèse opérationnelle s'améliore nettement, mais le titre a déjà pris ~+70 % en un mois et se négocie à ~7,3× le chiffre d'affaires 2026 estimé, au-dessus de l'objectif de cours consensuel (67,47 $).
Note précédente (19 août 2026) : 6,0 — révision à la hausse de +0,5.
Résumé en une phrase. Tempus AI a franchi en T2 2026 trois seuils importants (premier bénéfice net GAAP, EBITDA ajusté positif, refinancement complet de la dette coûteuse en obligations convertibles à 0 %), ce qui écarte largement le scénario de détresse financière ; mais la rentabilité opérationnelle reste négative, la trésorerie d'exploitation est encore consommée, et la valorisation intègre désormais une grande partie de l'exécution future.
1. Ce que fait l'entreprise
Tempus AI est une société technologique américaine spécialisée dans la médecine de précision assistée par intelligence artificielle,
principalement en oncologie. Son modèle repose sur une boucle vertueuse : réaliser des tests de diagnostic moléculaire, capter les données
cliniques et génomiques associées, les structurer dans l'une des plus grandes bibliothèques multimodales du secteur, puis monétiser
cette base auprès de l'industrie pharmaceutique.
Deux segments opérationnels
Segment
Contenu
CA T2 2026
Croissance a/a
Marge brute T2 2026
Diagnostics
Séquençage génomique complet des tumeurs (xT, xF, xR), tests héréditaires (Ambry Genetics), pathologie numérique (Paige AI), MRD (maladie résiduelle mesurable)
289,3 M$
+20 %
62,6 %
Data & Applications
Licences de données déidentifiées aux laboratoires pharmaceutiques (« Insights »), appariement d'essais cliniques (Deep 6 AI), applications logicielles cliniques, modèles de fondation en oncologie
93,2 M$
+28 % Insights +36 %
70,2 %
Total
382,5 M$
+22 %
64,4 %
Le segment Diagnostics fournit le volume et la matière première (les données) ; le segment Data & Applications, nettement plus marginal
(≈70 % de marge brute), est le moteur de rentabilité. L'entreprise a été fondée par Eric Lefkofsky (également fondateur de
Groupon et d'Uptake), qui reste PDG et président du conseil. Tempus s'est introduite en bourse au NASDAQ en juin 2024.
Tempus a construit son périmètre par croissance externe : Ambry Genetics (tests héréditaires, 2025), Paige AI (pathologie
numérique), Deep 6 AI (appariement d'essais cliniques), une coentreprise SB Tempus avec SoftBank au Japon, et l'acquisition
en cours de Personalis (MRD, annoncée en juillet 2026).
2. Avancées des 12 derniers mois (septembre 2025 – septembre 2026)
Éléments positifs
MAJEURPremier trimestre bénéficiaire en normes GAAP (T2 2026) : bénéfice net de 5,6 M$, contre une perte de 42,8 M$ un an plus tôt. EBITDA ajusté de +8,0 M$ contre −5,6 M$ en T2 2025. Nuance importante détaillée en section 4 : ce bénéfice est porté par 98,5 M$ de plus-values latentes non récurrentes.
MAJEURApprobation FDA du test xT CDx en indication « tumeur seule » (29 mai 2026) : Tempus devient le premier laboratoire à détenir une approbation FDA de diagnostic compagnon (CDx) à la fois en profilage tumeur-seule et tumeur-normale. Cette approbation permet de migrer l'ensemble du portefeuille ADN tumeurs solides vers la tarification unifiée ADLT (Advanced Diagnostic Laboratory Test), soit un gain de prix moyen d'environ 200 $ par test à partir de 2027. Impact estimé par la direction : ≈ +85 M$ de revenus annuels dès 2027, et ≈ 400 M$ d'apport combiné xT CDx + xF à horizon 2028.
MAJEURAcquisition annoncée de Personalis (20 juillet 2026) : 16,25 $ par action, valeur d'entreprise ≈ 1,5 Md$. Tempus détenait déjà ~12,5 % du capital. L'opération intègre la technologie MRD ultrasensible NeXT Personal. Paiement prévu essentiellement en actions Tempus, avec option d'un règlement jusqu'à 50 % en numéraire. Clôture attendue fin T4 2026 ou début 2027, sous réserve de l'approbation des actionnaires de Personalis et des autorisations réglementaires.
FINANCIERRefinancement complet de la dette (T2 2026) : émission de 460 M$ d'obligations convertibles senior à coupon 0,0 % échéance 2032, utilisée pour rembourser 207,7 M$ de dette à terme et 100 M$ de ligne de crédit revolving. Économie annoncée : plus de 30 M$ d'intérêts par an. Charge d'intérêts trimestrielle déjà divisée par deux (10,3 M$ en T2 2026 contre 21,6 M$ en T2 2025).
COMMERCIAL≈ 200 M$ de nouvelles licences Data & Applications signées sur le seul T2 2026, avec BioNTech, Daiichi Sankyo, Level Set Bio et Incyte Pharmaceuticals.
TECHNOLOGIEPremière livraison du modèle de fondation en oncologie à AstraZeneca, jalon clé du partenariat AstraZeneca/Pathos (~200 M$ de valeur annoncée).
VOLUMEAccélération des volumes oncologiques : +31 % a/a en T2 2026, contre +28 % au trimestre précédent. Volumes MRD à 9 000 tests (contre 6 500 au T1), soit +38 % en séquentiel.
PARTENARIATS Collaboration stratégique avec la Keck School of Medicine de l'USC (intégration de la plateforme sur plus de 1,5 million de visites patients annuelles) ; lancement du consortium open-source de pathologie numérique IMS avec Yale New Haven Hospital et Memorial Sloan Kettering ; ajout de Tempus au réseau de commercialisation CDx de CellCarta (août 2026).
PRODUIT Lancement de Tempus Preview, restitution de biomarqueurs à fort impact en ~24 h après réception du tissu.
MARCHÉ Relèvement de la prévision annuelle 2026 à 1,595–1,605 Md$ (≈ +25 %) et EBITDA ajusté ~65 M$. Initiation de couverture par Cantor Fitzgerald le 2 septembre 2026 en Overweight, objectif 80 $.
Éléments négatifs et risques émergents
LITIGEAction collective boursière (« securities class action ») pour les acquéreurs entre le 6 août 2024 et le 27 mai 2025. Elle fait suite au rapport du vendeur à découvert Spruce Point Capital du 28 mai 2025, qui alléguait des pratiques comptables « agressives », des partenariats en affaiblissement et des revendications d'IA surévaluées (l'IA ne représentait que 12,4 M$, soit 2 % du CA 2024). Le titre avait chuté de plus de 19 % ce jour-là. Une première action portant les accusations de Spruce Point a été abandonnée par le plaignant en novembre 2025 ; d'autres procédures demeurent actives.
LITIGEAction collective sur la confidentialité des données génétiques — Farrier et al. v. Tempus AI, Inc., consolidée le 15 avril 2026 devant la District Court du Northern District of Illinois. Le recours allègue une violation du Illinois Genetic Information Privacy Act (GIPA) et d'autres lois d'État : Tempus aurait fait divulguer par Ambry Genetics les données génétiques de patients, puis les aurait cédées à des partenaires tiers dans le cadre d'accords totalisant 1,1 Md$, sans consentement écrit. Il s'agit du risque juridique le plus structurant : le GIPA prévoit des dommages statutaires par infraction, et une issue défavorable menacerait le modèle économique de monétisation des données lui-même.
RENTABILITÉLa perte d'exploitation GAAP s'est creusée : −75,9 M$ en T2 2026 contre −61,8 M$ en T2 2025 (−160,6 M$ sur le semestre contre −130,5 M$). L'entreprise n'est pas rentable au niveau opérationnel ; le résultat net positif provient d'éléments financiers.
DILUTIONRémunération en actions massive : 106,8 M$ sur le seul S1 2026, contre 45,4 M$ au S1 2025 — soit une multiplication par 2,4 et près de 15 % du chiffre d'affaires semestriel. À cela s'ajoutera l'émission d'actions pour financer Personalis (~1,5 Md$, essentiellement en titres).
GOUVERNANCEVentes régulières du PDG : Eric Lefkofsky a vendu 250 000 actions le 28 juillet 2026 (~10,5 M$, à 41,34–42,95 $) dans le cadre d'un plan 10b5-1 adopté le 8 mars 2026, après ~10,5 M$ en février 2026 et ~7,8 M$ en mai 2026. La cession du 18 août 2026 (132 591 titres, ~6,58 M$) était en revanche liée à la retenue fiscale sur RSU acquises, donc non discrétionnaire. Les ventes programmées atténuent le signal, mais leur régularité pèse sur la perception.
MARCHÉIntérêt vendeur élevé (~20 % du flottant) et sorties d'ARK Invest signalées en août 2026. Volatilité extrême : le titre a oscillé entre 40,77 $ et 104,32 $ sur 12 mois.
VALORISATIONLe titre a progressé d'environ +70 % en un mois (de ~41,55 $ le 29 juillet à ~70,69 $ le 27 août 2026), avant de refluer à 64,80 $. Une part de ce mouvement est exogène : le catalyseur du 19 août (+21 % intraday) provenait des résultats de phase 3 du vaccin ARNm individualisé Merck/Moderna, favorable au thème de l'oncologie de précision mais sans revenu direct pour Tempus. L'objectif de cours consensuel (67,47 $) n'offre plus que ~4 % de marge.
CONCURRENCE Marché MRD très disputé, avec Natera en position dominante et en forte croissance au T2 2026. L'acquisition de Personalis est une réponse défensive autant qu'offensive.
SEGMENTLe segment héréditaire (Ambry) ne croît que de +5 % a/a, et la marge brute Data & Applications recule (70,2 % contre 72,7 % un an plus tôt), signe d'un mix ou d'une tarification moins favorable sur cette activité clé.
EXÉCUTION Risque d'intégration : Tempus digère simultanément Ambry, Paige AI, Deep 6 AI et bientôt Personalis. Les charges d'amortissement d'incorporels liés aux acquisitions atteignent déjà 33,5 M$ sur le semestre.
3. Stratégie à court et moyen terme
Court terme (fin 2026 – 2027)
Atteindre un flux de trésorerie disponible positif d'ici la fin de l'année 2026 — objectif explicite de la direction, rendu crédible par l'économie d'intérêts de 30 M$/an issue du refinancement.
Livrer la prévision 2026 : 1,595–1,605 Md$ de CA (≈ +25 %) et ~65 M$ d'EBITDA ajusté, soit une amélioration de ~72 M$ par rapport à 2025. Cette prévision n'inclut aucun apport de Personalis.
Clôturer l'acquisition de Personalis (fin T4 2026 / début 2027) et intégrer NeXT Personal à la plateforme diagnostique.
Basculer le portefeuille ADN tumeurs solides vers la tarification ADLT à partir de 2027 : c'est le catalyseur le plus mécanique et le plus prévisible du dossier (≈ +200 $ de prix moyen par test, ≈ +85 M$ de revenus annuels, à volume constant et sans coût additionnel significatif).
Moyen terme (2027 – 2029)
Monter en puissance sur la MRD, marché structurellement en croissance (surveillance de récidive), en s'appuyant sur l'infrastructure commerciale Tempus combinée à la sensibilité technique de Personalis. La progression de 6 500 à 9 000 tests en un trimestre valide la traction commerciale.
Industrialiser les modèles de fondation en oncologie vendus aux laboratoires pharmaceutiques (AstraZeneca est le premier client livré). C'est le pari central : transformer la base de données en produit logiciel à marge élevée plutôt qu'en simple licence de données.
Élargir l'apport combiné xT CDx + xF à ≈ 400 M$ de revenus supplémentaires à horizon 2028 selon les projections de la direction.
Densifier l'ancrage dans les réseaux hospitaliers (modèle USC/Keck : intégration de la plateforme au flux de travail clinique, qui sécurise à la fois le volume de tests et l'alimentation en données).
Lecture stratégique. La cohérence du plan est réelle : chaque brique (volume de tests → données → modèles IA → licences pharma) alimente la suivante. Le point d'interrogation n'est pas la stratégie mais le rythme : Tempus finance une expansion agressive avec une trésorerie d'exploitation encore négative et une dilution actionnariale élevée.
4. Analyse financière : progression de la valeur et risque de faillite
4.1 Compte de résultat
En milliers USD
T2 2026
T2 2025
S1 2026
S1 2025
Chiffre d'affaires total
382 486
314 635
730 602
570 372
dont Diagnostics
289 333
241 843
550 431
435 647
dont Data & Applications
93 153
72 792
180 171
134 725
Marge brute
246 498 (64,4 %)
195 039 (62,0 %)
468 539 (64,1 %)
350 242 (61,4 %)
Résultat d'exploitation
−75 913
−61 774
−160 624
−130 463
Charges d'intérêts
−10 283
−21 579
−24 624
−39 582
Perte sur extinction de dette
−11 643
—
−11 643
—
Autres produits, nets (dont plus-values latentes)
+102 757
+41 729
+75 048
+14 274
Résultat net
+5 642
−42 843
−120 277
−110 880
Résultat net non-GAAP
−7 726
−37 327
−30 338
−78 888
EBITDA ajusté
+8 044
−5 580
+5 211
−21 754
Point de vigilance central sur le « premier bénéfice ». Le résultat net GAAP de +5,6 M$ au T2 2026 intègre
98,5 M$ de plus-values latentes sur titres de participation cotés (poste « Other income »), un élément non
récurrent, non monétaire et volatil. Retraité de ces effets de juste valeur, le résultat non-GAAP reste une perte de
7,7 M$, et la perte d'exploitation s'établit à −75,9 M$. Le franchissement du seuil de rentabilité est donc comptable
et symbolique avant d'être opérationnel. La véritable amélioration structurelle est ailleurs : la perte d'exploitation
non-GAAP s'est réduite de −17,0 M$ à −2,7 M$ en un an (−84 %), et l'EBITDA ajusté est devenu positif. C'est ce qu'il faut
suivre.
La consommation de trésorerie s'est aggravée, pas améliorée. Le flux d'exploitation est passé de −61,5 M$ (S1 2025)
à −80,8 M$ (S1 2026), soit une dégradation de 31 %, alors même que le chiffre d'affaires progressait de 28 %. Deux causes
principales : la hausse des créances clients (−50,6 M$ d'effet BFR, le délai d'encaissement des remboursements payeurs reste
un point faible du modèle) et la baisse du produit constaté d'avance (−12,5 M$, contre +36,8 M$ un an plus tôt — le S1 2025
avait bénéficié d'un encaissement anticipé exceptionnel lié à SB Tempus). L'objectif d'un flux de trésorerie disponible
positif d'ici fin 2026 suppose donc un renversement franc au second semestre : c'est le principal élément d'exécution à
surveiller sur les résultats du T3 (attendus fin octobre 2026).
4.3 Structure d'endettement
Poste
30 juin 2026
31 déc. 2025
Échéance / coupon
Obligations convertibles senior, nettes
1 172,8 M$
728,1 M$
Dont 460 M$ à 0,0 % échéance 2032
Billet à ordre convertible
187,9 M$
208,7 M$
Réduction par conversion (−20,7 M$)
Dette à terme, nette
0
202,8 M$
Intégralement remboursée
Ligne de crédit revolving
0
100,0 M$
Intégralement remboursée
Dette financière totale
≈ 1 360,7 M$
≈ 1 239,6 M$
—
Total passif
1 921,0 M$
1 783,5 M$
—
Capitaux propres
444,9 M$
491,3 M$
En érosion
Déficit cumulé
−2 516,1 M$
−2 395,9 M$
—
Total bilan
2 365,9 M$
2 274,8 M$
Dont 782,6 M$ de goodwill + incorporels (33 %)
La restructuration de la dette est l'événement financier le plus important de l'année. Tempus a remplacé de la dette
bancaire onéreuse (dette à terme + revolving, ~308 M$) par des obligations convertibles à coupon zéro échéance 2032.
Conséquences : (1) la charge d'intérêts trimestrielle est passée de 21,6 M$ à 10,3 M$ ; (2) il n'existe plus d'échéance de
remboursement significative avant 2030-2032 ; (3) le cash décaissé en intérêts sur le semestre est tombé de 24,0 M$ à 12,3 M$.
Le prix payé : une perte comptable de 11,6 M$ sur extinction de dette (non récurrente), 31,2 M$ d'achat de « capped calls » pour
limiter la dilution, et une dilution potentielle future si les obligations sont converties.
4.4 Risque de faillite
Le risque de défaillance à horizon 2–3 ans est faible. Les éléments objectifs :
820,7 M$ de liquidités face à une consommation de trésorerie disponible d'environ 100 M$ par semestre : soit une autonomie de plus de 4 ans au rythme actuel, sans aucun refinancement ni amélioration opérationnelle.
Aucune échéance de dette avant 2030-2032, et un coupon de 0 % sur la tranche la plus importante. Le service de la dette est donc quasi nul en trésorerie.
Fonds de roulement positif de 899,4 M$, ratio de liquidité générale ≈ 3,3×.
EBITDA ajusté devenu positif et guidé à ~65 M$ pour 2026.
La dette étant majoritairement convertible, une hausse durable du cours l'éteint par conversion plutôt que par remboursement en numéraire.
Les réserves à porter au débit :
Capitaux propres réduits à 444,9 M$ face à 1 921,0 M$ de passifs, avec 782,6 M$ d'actifs incorporels et de goodwill — un test de dépréciation défavorable sur les acquisitions passées effacerait une part substantielle des fonds propres.
Le déficit cumulé atteint 2,52 Md$ et continue de se creuser.
Un jugement défavorable dans l'affaire GIPA (dommages statutaires) constituerait un choc non provisionné et non modélisable à ce stade.
4.5 Progression de la valeur — synthèse
Critère
Évaluation
Commentaire
Croissance du chiffre d'affaires
Forte
+22 % a/a au T2, +25 % guidé pour 2026, volumes oncologiques en accélération (+31 %)
Amélioration de la marge brute
Réelle
62,0 % → 64,4 % en un an ; effet de levier des données
Rentabilité opérationnelle
Encore négative
−75,9 M$ en GAAP ; mais perte non-GAAP réduite de 84 %
Génération de trésorerie
Négative et en dégradation
−80,8 M$ au S1 ; objectif FCF positif fin 2026 à valider
Solidité du bilan
Nettement améliorée
Dette refinancée à 0 %, aucune échéance proche, 820,7 M$ de liquidités
Dilution
Élevée
SBC à 15 % du CA ; Personalis payé en actions ; convertibles
≈ 7,3× le CA 2026 ; objectif consensuel 67,47 $ vs cours 64,80 $ (+4 %)
Risque juridique
Significatif
Action GIPA visant le cœur du modèle de monétisation des données
5. Note globale
6,5 / 10
Potentiel de prospérité et de progression boursière à 2–3 ans Précédente note (19 août 2026) : 6,0
Justification de la note
Ce qui pousse la note vers le haut (+) :
Le risque de faillite est devenu faible et objectivement mesurable : 820,7 M$ de liquidités, aucune échéance avant 2030-2032, coupon 0 % sur la dette principale, plus de 4 ans d'autonomie au rythme de consommation actuel.
La trajectoire opérationnelle s'améliore de manière vérifiable : marge brute +240 points de base en un an, perte d'exploitation non-GAAP réduite de 84 %, EBITDA ajusté positif pour la première fois.
Deux catalyseurs de revenus sont contractuels ou réglementaires plutôt qu'hypothétiques : la migration ADLT (approbation FDA déjà obtenue, ≈ +85 M$ en 2027) et le carnet de commandes Data & Applications (~200 M$ signés au seul T2).
La position concurrentielle est difficile à répliquer : combinaison données cliniques + diagnostics + logiciel + IA intégrée aux flux de travail hospitaliers.
Ce qui plafonne la note (−) :
Le titre a déjà absorbé une grande partie de la bonne nouvelle : +70 % en un mois, et le cours (64,80 $) dépasse désormais l'objectif consensuel des analystes (67,47 $ ne laisse que ~4 %). Une part du mouvement était exogène (résultats Merck/Moderna).
La trésorerie d'exploitation se dégrade encore (−80,8 M$ au S1 2026 contre −61,5 M$ au S1 2025), ce qui rend l'objectif de FCF positif fin 2026 exigeant.
La dilution est structurelle : 15 % du chiffre d'affaires en rémunération en actions, plus l'émission à venir pour Personalis, plus les convertibles.
L'action collective GIPA sur les données génétiques vise directement le mécanisme de monétisation qui fait la valeur du dossier — c'est un risque binaire non quantifiable aujourd'hui.
Intérêt vendeur à ~20 %, volatilité extrême (40,77 $ – 104,32 $ sur 12 mois), et rentabilité GAAP encore dépendante d'éléments de juste valeur non récurrents.
Interprétation de la note 6,5. Le dossier a changé de nature en 2026 : il ne s'agit plus principalement d'un pari sur
la survie financière (ce risque a été largement traité par le refinancement), mais d'un pari sur la valorisation et sur
l'exécution du basculement vers un flux de trésorerie positif. À 2–3 ans, le scénario central reste favorable si les catalyseurs
ADLT et MRD se matérialisent ; mais le point d'entrée actuel, après un rallye de +70 %, offre une marge de sécurité réduite. Une
note supérieure à 7 supposerait au minimum : un flux de trésorerie d'exploitation positif confirmé, la clôture effective de
Personalis, et une clarification du risque juridique GIPA.
Éléments à surveiller en priorité
Résultats du T3 2026 (fin octobre) : inflexion du flux de trésorerie d'exploitation et évolution des créances clients.
Clôture de l'acquisition Personalis (fin T4 2026 / début 2027) : vote des actionnaires, autorisations réglementaires, et proportion finale actions/numéraire retenue.
Mise en œuvre effective de la tarification ADLT au 1er trimestre 2027 et confirmation du gain de ~200 $ par test.
Avancement de l'affaire Farrier v. Tempus AI (GIPA) devant le Northern District of Illinois.
Volumes MRD trimestriels face à la dynamique concurrentielle de Natera.
Avertissement. Ce rapport est un document d'information et d'aide à la décision. Il ne constitue pas un conseil
en investissement, une recommandation d'achat ou de vente, ni une sollicitation. Je ne suis pas conseiller financier.
Toutes les données chiffrées proviennent des communiqués financiers officiels de Tempus AI (T2 2026, 8-K et 10-Q déposés
auprès de la SEC) et des sources publiques citées ci-dessus ; aucune donnée n'a été inventée ou extrapolée sans mention
explicite. Les projections de revenus liées à l'ADLT (+85 M$ en 2027, ~400 M$ en 2028) et à l'EBITDA ajusté sont des
estimations communiquées par la direction de l'entreprise, non des faits constatés. Le cours et la capitalisation mentionnés
sont ceux de la clôture du 4 septembre 2026 (64,80 $) sauf mention contraire. Les décisions d'investissement relèvent de la
seule responsabilité du lecteur, qui doit mener ses propres vérifications.