Sharplink, Inc. (anciennement SharpLink Gaming, renommée en février 2026) est une société basée à Minneapolis, cotée au Nasdaq, qui opère aujourd'hui deux segments : la gestion de trésorerie en Ether (ETH), devenue son cœur d'activité, et le marketing d'affiliation à la performance pour les paris sportifs américains et l'iGaming mondial, son métier historique.
En mai-juin 2025, la société a pivoté vers une stratégie de trésorerie centrée sur Ethereum, financée par un placement privé de 425 M$ mené par Consensys. Joseph Lubin, cofondateur d'Ethereum et PDG de Consensys, est devenu président du conseil d'administration. Sharplink s'est positionnée comme « plateforme de trésorerie Ethereum de qualité institutionnelle » : elle accumule de l'ETH, le met en staking (natif, liquid staking LsETH, weETH, restaking via EigenCloud) et le déploie sur des stratégies de rendement on-chain (réseau Linea de Consensys, fonds Galaxy). Elle cofinance également Ethlabs, un laboratoire de R&D dirigé par d'anciens chercheurs de l'Ethereum Foundation. Au 28 juin 2026, elle détenait 886 725 ETH (632 719 ETH natifs, 181 299 via LsETH, 72 707 via weETH), ce qui en fait le deuxième plus grand trésor ETH coté au monde.
Points positifs :
Points négatifs :
À court terme, la direction poursuit une stratégie de « singles and doubles » sur le rendement : maximiser l'ETH productif (staking, restaking, déploiements Linea), finaliser le fonds de rendement on-chain avec Galaxy Digital, et arbitrer entre achats d'ETH et rachats d'actions tant que le titre traite sous la NAV. La levée de fin juin 2026 (75 M$ à prime) montre la volonté de ne lever du capital que dans des conditions relutives pour l'ETH par action.
À moyen terme, Sharplink veut se transformer d'un simple « coffre à ETH » en une plateforme générant des revenus récurrents de rendement on-chain de qualité institutionnelle, avec Ethlabs comme moteur de R&D et l'objectif de faire croître continuellement l'ETH par action. Le segment marketing d'affiliation est conservé mais n'est plus le moteur stratégique.
| Indicateur | Valeur | Commentaire |
|---|---|---|
| Trésor ETH (28/06/2026) | 886 725 ETH ≈ 1,4 Md$ (à ~1 611 $/ETH) | Actif principal, liquide |
| Total actifs (31/03/2026) | ~1,74 Md$ | En baisse vs fin 2025 (chute de l'ETH) |
| Dette financière | 0 $ | Aucun levier — atout majeur |
| Passifs totaux | ~4,6 M$ | Négligeables |
| Trésorerie (cash) | ~16,9 M$ (vs 28,5 M$ fin 2025) | En baisse ; couvre ~1 an d'opex |
| Revenus T1 2026 | 12,1 M$ (vs 0,7 M$) | Staking + déploiement Linea 200 M$ |
| SG&A T1 2026 | 9,9 M$ (vs 1,1 M$) | Coût de la stratégie treasury |
| Pertes latentes crypto T1 2026 | -506,7 M$ (ETH) ; -191,7 M$ (LsETH) | Non-cash, liées au cours de l'ETH |
| Rachats d'actions | 4,07 M actions (cumul), programme 1,5 Md$ | Relutif sous la NAV |
Évolution de la trésorerie : le cash opérationnel diminue (28,5 → 16,9 M$ en un trimestre selon les données de bilan publiées), mais la société dispose d'un trésor ETH de ~1,4 Md$ immédiatement mobilisable et sans dette. La levée de 75 M$ de fin juin renforce la position. Le vrai « cash burn » opérationnel (SG&A ~10 M$/trimestre, partiellement couvert par ~12 M$ de revenus de staking) est gérable.
Risque de faillite : faible à un horizon de 2-3 ans. Sans dette et avec un actif liquide massif, Sharplink ne peut faire défaut que dans un scénario d'effondrement extrême et durable de l'ETH combiné à une incapacité à vendre ses positions. Le risque principal n'est pas la faillite mais la destruction de valeur par actionnaire : baisse de l'ETH, dilution future, et décote mNAV persistante.
Progression en valeur : la valeur de la société est essentiellement un pari à effet quasi-direct sur l'ETH, bonifié par ~3-4 % de rendement de staking et par les rachats relutifs sous la NAV. En un an, l'ETH par action a doublé — la mécanique de création de valeur fonctionne — mais le cours de l'ETH a effacé ces gains en dollars. Si l'ETH se redresse depuis ses plus bas de 2026, le levier haussier est important (rattrapage de la décote + hausse de l'actif) ; dans le cas contraire, le titre restera sous pression.
Justification : bilan sans dette, trésor ETH liquide considérable, rachats d'actions relutifs, direction crédible (Joseph Lubin/Consensys) et mécanique d'ETH par action croissant — le risque de faillite est faible. Mais le titre est un proxy ETH presque pur à un moment où l'ETH est au plus bas de 2026, la société est opérationnellement déficitaire, l'historique de dilution est lourd et la décote sur NAV signale la défiance du marché envers les treasuries crypto. Note en baisse par rapport au rapport précédent (6,0) principalement à cause de la dégradation du cours de l'ETH et de la baisse du cash opérationnel. Sur 2-3 ans, le potentiel dépend presque entièrement d'un rebond de l'Ether.