D-Wave Quantum Inc. conçoit, fabrique et commercialise des ordinateurs quantiques ainsi que les logiciels et services associés. Fondée en 1999 (Burnaby, Colombie-Britannique), cotée depuis 2022 via un SPAC, la société est le premier fournisseur commercial d'ordinateurs quantiques au monde et se présente aujourd'hui comme la seule à exploiter deux architectures quantiques en parallèle.
Au premier trimestre 2026, D-Wave a reconnu du revenu auprès de plus de 100 clients, dont plus de 50 % d'entreprises commerciales. Sur l'ensemble de 2025, plus de 135 clients, dont plus de 70 entreprises et plus de deux douzaines de sociétés du Forbes Global 2000.
| Date | Événement |
|---|---|
| Janv. 2026 | MAJEURAcquisition de Quantum Circuits, Inc. pour 550 M$ (300 M$ en actions + 250 M$ en numéraire), finalisée en janvier. D-Wave devient la seule société commerciale à opérer une stratégie double plateforme, en ajoutant aux systèmes de recuit une technologie de portes logiques supraconductrices corrigée d'erreurs. Les qubits « dual-rail » combinent la rapidité du supraconducteur avec des fidélités proches des architectures à ions piégés ou atomes neutres. |
| Janv. 2026 | POSITIFVente de système de 20 M$ à Florida Atlantic University — achat et installation d'un Advantage2, avec création d'une « D-Wave Quantum Applications Academy » de formation. Installation attendue avant fin 2026. Il s'agit du contrat unitaire le plus important de l'histoire de la société. |
| Janv. 2026 | POSITIFContrat QCaaS de 10 M$ sur deux ans avec une entreprise du Fortune 100 — l'un des plus gros accords d'entreprise jamais signés dans le secteur quantique. |
| Janv. 2026 | POSITIFCollaboration Anduril / Davidson Technologies pour la défense antimissile américaine. La preuve de concept sur simulations de défense aérienne a montré un temps de résolution au moins 10× plus rapide, une réduction de la menace améliorée de 9 à 12 % et l'interception de 45 à 60 missiles supplémentaires en scénario à grande échelle. Extension prévue vers la logistique contestée, la cyberdéfense et la génération de plans d'action. |
| Janv. – févr. 2026 | NEUTREAnnonce du transfert du siège social vers Boca Raton (Floride), au Boca Raton Innovation Center, avec un centre de R&D américain — mouvement lié au contrat FAU et offrant une redondance bicôtière. Transition prévue d'ici fin 2026. |
| Mai 2026 | MAJEURLettre d'intention signée avec le Département du Commerce pour 100 M$ de financement CHIPS Act, destinée à étendre la fabrication domestique des systèmes de recuit et à portes. Un adossement gouvernemental significatif, même s'il ne s'agit à ce stade que d'une lettre d'intention. |
| Mai 2026 | POSITIFPrises de commandes record au T1 2026 : 33,4 M$, en hausse de 1 994 % sur un an et de 149 % par rapport au T4 2025 (13,4 M$). Le carnet non encore reconnu (RPO) atteint 42,4 M$, +563 % sur un an. |
| Juin 2026 | NEUTREPremier Investor Day au NYSE le 1er juin, thème « The D-Wave Difference » — présentation détaillée de la feuille de route double plateforme, de la traction commerciale et de la stratégie de long terme. |
| Juin 2026 | POSITIFLancement du premier simulateur d'ordinateur quantique à portes pour la programmation « error-aware », permettant aux développeurs de préparer des applications avant la disponibilité du matériel. |
| Juin – juil. 2026 | POSITIFVent porteur réglementaire : décrets présidentiels américains visant à accélérer le développement de l'informatique quantique et à en atténuer les risques de sécurité. Subvention NSF d'environ 1,5 M$ obtenue fin juin. |
| Juil. 2026 | POSITIFD-Wave classée parmi les deux seuls « Leaders » de l'IDC MarketScape: Worldwide Quantum Computing 2026 Vendor Assessment. |
| 27 juil. 2026 | MAJEURAT&T étend son utilisation de la technologie D-Wave à ses opérations réseau. Le pilote avait démontré une réduction du temps de traitement d'une charge d'optimisation réseau d'environ une heure à 15 secondes (240×). AT&T intègre le recuit quantique dans ses outils d'IA agentique et évalue les futurs systèmes à portes pour la sécurité et les communications quantiques. Le titre a bondi d'environ 20 % le jour de l'annonce. |
| 27 juil. 2026 | NEUTRETransfert volontaire de la cotation du NYSE vers le Nasdaq, sous le même symbole QBTS. Cérémonie de cloche d'ouverture le 27 juillet. |
| 3 août 2026 | POSITIFAccord avec Nasdaq Verafin pour évaluer l'usage de l'informatique quantique dans la détection de la criminalité financière — première incursion structurée dans le secteur de la conformité bancaire. |
| 2026 | POSITIFPhase 2 du projet Quantum AI avec Shionogi (pharmacie japonaise) : multiplication par 10 du nombre de molécules candidates pertinentes par rapport à un algorithme classique. Shionogi poursuit vers la phase suivante. Collaboration Postquant Labs sur un testnet blockchain quantique-classique (18 500 utilisateurs, 1 600 nœuds), où le QPU Advantage2 a remporté la majorité des blocs face aux nœuds CPU/GPU. |
| Sujet | Détail |
|---|---|
| Chiffre d'affaires | NÉGATIFLe revenu du T1 2026 s'est effondré de 81 %, à 2,9 M$ contre 15,0 M$ un an plus tôt. La comparaison est faussée par la vente de système de 12,6 M$ comptabilisée au T1 2025, mais elle illustre la volatilité extrême d'un modèle dépendant de quelques contrats unitaires. Sur douze mois glissants, le chiffre d'affaires est de 12,44 M$, en baisse de 41,8 %. Le consensus a été manqué de 30 % au T1. |
| Rentabilité | NÉGATIFLes charges opérationnelles ont bondi de 125 % au T1 2026, à 56,5 M$. La perte d'exploitation atteint 54,7 M$ pour 2,9 M$ de revenus. La perte nette affichée (18,4 M$) est trompeuse : elle bénéficie d'un crédit d'impôt non récurrent de 28,5 M$ lié à l'acquisition. Hors cet effet, la perte avant impôts est de 46,8 M$. La perte d'EBITDA ajusté a été multipliée par plus de cinq, à 32,8 M$. |
| Valorisation | NÉGATIF MAJEUR7,43 Md$ de capitalisation pour 12,44 M$ de revenus sur douze mois, soit un multiple d'environ 600× le chiffre d'affaires. Même sur le carnet de commandes (42,4 M$), le multiple dépasse 175×. C'est la vulnérabilité centrale du dossier : aucune marge d'erreur n'est tolérée. |
| Dilution | NÉGATIFLe nombre d'actions est passé d'une moyenne pondérée de 286,4 millions au T1 2025 à 370,0 millions au 31 mars 2026, soit près de +29 % en un an. La société a levé plus d'un milliard de dollars depuis 2024 via des programmes « at-the-market », des options et des bons. Le paiement en actions de l'acquisition QCI (300 M$) a ajouté à cette dilution. Historiquement, la croissance de D-Wave a été financée par les actionnaires, pas par les clients. |
| Vente d'initié | NÉGATIFLe PDG Alan Baratz a cédé 687 627 actions le 8 juin 2026 pour environ 17,97 M$, une vente qualifiée de planification financière et fiscale — mais discrétionnaire, contrairement aux cessions automatiques de janvier (0,98 M$) et de juillet (52 320 actions), qui couvraient des retenues fiscales sur acquisition de RSU. Il conserve environ 3,2 millions d'actions dont 1,14 million de RSU non acquises. Les initiés dans leur ensemble ont vendu pour environ 28 M$. |
| Thèse vendeuse | NÉGATIFKerrisdale Capital reste short et qualifie le recuit quantique d'« impasse commerciale abandonnée par le reste de l'industrie », jugeant la technologie « essentiellement un artifice marketing » sans plan crédible de transition vers un modèle à portes viable. Le rapport initial date d'avril 2025, donc antérieur à la fenêtre de douze mois ; l'acquisition de Quantum Circuits répond directement au deuxième volet de la critique, mais pas au premier. |
| Contentieux | NÉGATIFRosen Law Firm a annoncé une enquête pour d'éventuelles réclamations en valeurs mobilières, alléguant que D-Wave aurait diffusé des informations commerciales substantiellement trompeuses. Block & Leviton a également sollicité les actionnaires. Au stade d'enquête, sans procédure aboutie connue à ce jour. |
| Volatilité | NÉGATIFFourchette sur 52 semaines : 12,75 $ – 46,75 $, soit un écart de 267 %. Bêta de 2,16. Le titre a gagné 20 % le 27 juillet sur l'annonce AT&T puis perdu 9,6 % le lendemain. Le dossier est piloté par le sentiment sectoriel autant que par ses fondamentaux propres. |
| Concurrence | NÉGATIFIonQ, Rigetti, Quantinuum, IBM, Google et Microsoft investissent massivement sur le modèle à portes, avec plusieurs années d'avance sur D-Wave dans cette architecture. L'acquisition de QCI réduit l'écart mais ne l'annule pas. |
| Échéance | Jalon annoncé |
|---|---|
| Fin 2028 | Système dual-rail d'environ 175 qubits physiques, et conception d'un système à 1 000 qubits physiques. |
| Fin 2030 | Système dual-rail de 1 000 qubits physiques délivrant 10 qubits logiques, et conception d'un système à 10 000 qubits physiques. |
| Fin 2032 | Système supportant 100 qubits logiques — seuil considéré par la société comme celui de l'« utilité quantique » initiale. |
En parallèle, D-Wave poursuit l'enrichissement de la plateforme de recuit : publication de nouveaux protocoles de recuit « multi-couleurs » permettant certaines opérations de type portes au sein d'Advantage2 (arXiv 2603.15534), et extension des solveurs hybrides Stride™ au surrogate modeling pour couvrir la maintenance prédictive, la tarification dynamique, l'optimisation de campagnes publicitaires et la planification du personnel.
| Poste | T1 2026 | T1 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 2 858 | 15 001 | −81 % |
| Coût des ventes | 1 040 | 1 124 | −7 % |
| Marge brute | 1 818 | 13 877 | −87 % |
| Taux de marge brute GAAP | 63,6 % | 92,5 % | −28,9 pts |
| R&D | 25 793 | 10 288 | +151 % |
| Frais généraux et administratifs | 20 275 | 7 957 | +155 % |
| Ventes et marketing | 10 477 | 6 923 | +51 % |
| Total charges opérationnelles | 56 545 | 25 168 | +125 % |
| Résultat d'exploitation | −54 727 | −11 291 | ×4,8 |
| Produits financiers nets | 7 918 | 5 870 | +35 % |
| Résultat avant impôts | −46 809 | −5 421 | ×8,6 |
| Crédit d'impôt (non récurrent, lié à QCI) | +28 452 | — | — |
| Résultat net | −18 357 | −5 421 | ×3,4 |
| Perte par action | −0,05 $ | −0,02 $ | ×2,5 |
| Perte d'EBITDA ajusté | −32 812 | −6 112 | ×5,4 |
Sur l'exercice complet 2025, le chiffre d'affaires s'était établi à 24,59 M$, en hausse de 179 % par rapport aux 8,83 M$ de 2024, avec une perte nette annuelle d'environ 355 M$ (largement alourdie par des éléments non monétaires). La progression de 2025 était donc réelle, mais elle repose sur une base extrêmement basse et sur des ventes de systèmes ponctuelles.
| Poste | 31/03/2026 | 31/12/2025 | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Trésorerie et équivalents | 338 197 | 635 347 | −297 M$ sur le trimestre |
| Titres de placement négociables | 250 198 | 249 134 | Stable |
| Trésorerie + titres | 588 395 | 884 481 | −33,5 % |
| Créances clients nettes | 8 911 | 1 587 | ×5,6 — reflet des grands contrats |
| Immobilisations corporelles nettes | 15 066 | 7 841 | Investissement en cours |
| Immobilisations incorporelles nettes | 215 279 | 915 | Issu de QCI |
| Écarts d'acquisition (goodwill) | 342 588 | — | Issu de QCI |
| Total actif | 1 199 815 | 915 813 | +31 % |
| Emprunts (courant + non courant) | 35 563 | 35 959 | Endettement marginal |
| Produits constatés d'avance | 11 576 | 3 338 | ×3,5 — bon signe commercial |
| Total passif | 75 563 | 63 583 | +19 % |
| Capitaux propres | 1 124 252 | 852 230 | +32 % |
| Déficit cumulé | −1 000 359 | −982 002 | Le milliard de pertes cumulées est franchi |
| Actions en circulation | 370 038 436 | 358 741 605 | +3,1 % en un trimestre |
C'est le point le plus important de l'analyse, et il faut le décomposer soigneusement car la chute de 297 M$ de la trésorerie au T1 2026 est largement non récurrente.
| Flux (T1 2026) | Montant | Nature |
|---|---|---|
| Flux opérationnels | −44 960 | Récurrent — c'est la vraie consommation de trésorerie du métier, contre −19,3 M$ au T1 2025 (×2,3) |
| Acquisition de QCI, net de trésorerie acquise | −250 821 | Exceptionnel — volet numéraire du prix d'achat |
| Investissements corporels et logiciels | −1 244 | Faible intensité capitalistique |
| Flux de financement | −143 | Aucune levée sur le trimestre (vs +146,1 M$ au T1 2025 via ATM) |
| Variation nette de trésorerie | −297 150 | Dont 251 M$ imputables à l'acquisition |
Le risque de faillite à un horizon de 2 à 3 ans est très faible. Les éléments qui le justifient :
La société progresse opérationnellement, mais l'écart entre cette progression et la valorisation reste béant.
CE QUI PROGRESSE VRAIMENT Les indicateurs avancés sont sans ambiguïté : prises de commandes multipliées par 20 sur un an, carnet en hausse de 563 %, produits constatés d'avance ×3,5, créances clients ×5,6. Ces quatre signaux convergent et ils sont difficiles à contester — la demande est réelle et elle accélère. Le mois de janvier 2026 seul a généré plus de 30 M$ de commandes, soit davantage que les exercices 2024 et 2025 réunis. S'y ajoutent des références clients d'une qualité nouvelle (AT&T, une entreprise du Fortune 100, Nasdaq Verafin, Shionogi, Anduril) et un adossement gouvernemental croissant (LOI CHIPS de 100 M$, subvention NSF, décrets présidentiels favorables).
CE QUI NE PROGRESSE PAS Le chiffre d'affaires reconnu recule de 41,8 % sur douze mois glissants. La structure de coûts explose plus vite que les revenus : 56,5 M$ de charges pour 2,9 M$ de recettes, soit un ratio de 19,8 pour 1. La marge brute GAAP a perdu près de 29 points. La perte d'EBITDA ajusté a quintuplé. Et la rentabilité n'est visible dans aucune projection publiée par la société.
LE JUGEMENT À 7,43 Md$ pour 12,44 M$ de revenus, le marché ne valorise pas une entreprise : il valorise une option sur l'émergence d'un marché quantique de masse. Le consensus des 15 analystes suivis (objectif moyen de 37,05 $, soit +85 %, avec Wedbush à 40 $, Evercore ISI à 42 $, Mizuho à 40 $ et Benchmark à 30 $) reflète cet optimisme, mais ces objectifs reposent sur des multiples de revenus futurs largement hypothétiques. Sur 2 à 3 ans, le scénario haussier suppose que la conversion du carnet s'accélère, que le déploiement AT&T fasse école auprès d'autres grands comptes et que le premier système à portes soit livré dans les délais. Le scénario baissier ne suppose rien de plus qu'un retour à la moyenne des multiples sectoriels ou un simple refroidissement du sentiment sur le quantique — le titre a déjà montré qu'il pouvait perdre les deux tiers de sa valeur (46,75 $ → 12,75 $ sur 52 semaines). Le risque n'est pas la survie de l'entreprise, il est celui de la valorisation.
| Critère | Évaluation | Impact |
|---|---|---|
| Solidité du bilan / risque de faillite | Excellente — 553 M$ de trésorerie nette, 3 à 4 ans d'autonomie, aucune dette significative | Très positif |
| Dynamique commerciale | En forte accélération — commandes ×20, carnet +563 %, clients de référence | Positif |
| Positionnement technologique | Unique (double plateforme), reconnu « Leader » IDC, adossement fédéral américain | Positif |
| Chiffre d'affaires reconnu | En recul de 41,8 % sur 12 mois, extrêmement volatil et lumpy | Négatif |
| Trajectoire de rentabilité | Aucune visibilité — charges ×2,25, EBITDA ajusté ×5,4 en dégradation | Négatif |
| Valorisation | ~600× le CA, ~175× le carnet — aucune marge de sécurité | Très négatif |
| Dilution actionnariale | +29 % d'actions en un an, historique de financement par émission | Négatif |
| Gouvernance / signaux d'initiés | Vente discrétionnaire de 18 M$ par le PDG en juin 2026, enquête Rosen Law en cours | Négatif |
La note de 6,0 combine deux jugements distincts que la consigne demande d'agréger :
La moyenne pondérée de ces deux dimensions aboutit à 6,0 — un dossier de qualité supérieure à la moyenne du secteur quantique spéculatif (à comparer aux 4,5 attribués à ARQQ et aux 6,0 attribués à IONQ et INFQ), mais qui ne mérite pas plus tant que le chiffre d'affaires reconnu ne rattrape pas la promesse. Une conversion effective du carnet au second semestre 2026, confirmée par les résultats du 6 août puis du T3, justifierait un relèvement vers 6,5. À l'inverse, un nouveau trimestre de revenus inférieurs à 5 M$ combiné à une nouvelle levée dilutive ramènerait la note vers 5,5.