D-Wave Quantum Inc. (NYSE : QBTS), fondée en 1999 et basée à Palo Alto (Californie) — siège en cours de transfert vers Boca Raton (Floride) d'ici fin 2026 — est le premier fournisseur commercial d'ordinateurs quantiques au monde. Elle est dirigée par le Dr Alan Baratz (PDG) et John Markovich (Directeur financier).
D-Wave est aujourd'hui présentée comme la seule société quantique « dual-platform », c'est-à-dire offrant à la fois les deux grandes approches du calcul quantique :
Le modèle économique repose sur plusieurs flux : vente de systèmes physiques (sur site), accès cloud via la plateforme Leap™ (disponibilité annoncée de 99,9 %), logiciels et outils open-source (Ocean™ SDK, solveurs hybrides Stride™), et services professionnels (programme D-Wave Launch™). La société revendique plus de 100 organisations clientes dans les secteurs commercial, gouvernemental et de la recherche, dont plus de deux douzaines d'entreprises du Forbes Global 2000.
Sources primaires : communiqués de résultats T1 2026 (trimestre clos le 31/03/2026, publié le 12/05/2026) et de résultats annuels FY2025 (publié le 26/02/2026). Montants en USD. L'exercice fiscal de D-Wave se clôture le 31 décembre.
| Élément | T1 2026 (31/03/2026) | FY2025 | FY2024 |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 2,9 M$ | 24,6 M$ | 8,8 M$ |
| Croissance du CA (a/a) | −81 % | +179 % | — |
| Marge brute GAAP | 63,6 % | 82,6 % | 63,0 % |
| Charges d'exploitation GAAP | 56,5 M$ | 120,7 M$ | 82,8 M$ |
| Bookings (carnet) | 33,4 M$ | 18,7 M$ | 23,9 M$ |
| Perte EBITDA ajusté | −32,8 M$ | −71,8 M$ | −56,0 M$ |
| Résultat net (GAAP) | −18,4 M$ | −355,1 M$† | −143,9 M$ |
† La perte nette GAAP de −355,1 M$ en 2025 (−1,11 $/action) est gonflée par des charges non monétaires : ~270,5 M$ de réévaluation de bons de souscription (« warrants ») et de pertes liées à leur exercice, conséquence directe de la hausse du cours de l'action. La perte nette ajustée (hors warrants) ressort à −84,5 M$, plus représentative de l'activité. Au T1 2026, la perte nette de −18,4 M$ intègre à l'inverse un bénéfice d'impôt de +28,5 M$ lié à l'acquisition de Quantum Circuits (sans lequel la perte serait nettement plus élevée) ; l'EBITDA ajusté de −32,8 M$ reflète mieux la consommation opérationnelle.
| Élément | 31/03/2026 | 31/12/2025 | 31/03/2025 |
|---|---|---|---|
| Trésorerie + placements | 588,4 M$ | 884,5 M$ | 304,3 M$ |
| Dette financière notable | ~0 (faible) | ~0 (faible) | ~0 (faible) |
| Carnet (RPO) | 42,4 M$ | 13,4 M$ | 6,4 M$ |
Le bilan de D-Wave est l'un des plus solides de l'univers quantique coté de petite/moyenne taille. La société disposait d'environ 588,4 M$ de trésorerie et placements au 31/03/2026, pour une dette financière négligeable. La trésorerie a reculé d'environ 296 M$ sur le trimestre (de 884,5 M$ fin 2025), essentiellement à cause de la composante numéraire (~250 M$) de l'acquisition de Quantum Circuits et des coûts associés, et non d'une dérive opérationnelle.
Face à une consommation de cash opérationnelle de l'ordre de 30 à 35 M$ par trimestre (EBITDA ajusté −71,8 M$ en 2025, −32,8 M$ au T1 2026), un coussin de ~588 M$ offre une autonomie de plusieurs années ; de surcroît, D-Wave a démontré sa capacité à lever des fonds opportunément via des programmes ATM lorsque le cours est élevé. Conclusion : le risque de faillite à court et moyen terme est très faible. Le risque financier dominant n'est donc pas la solvabilité mais la dilution : les émissions d'actions (266 → 359 M de titres en 2025) et la composante actions de Quantum Circuits diluent fortement les actionnaires existants.
Côté création de valeur : la dynamique de Bookings est très favorable (33,4 M$ au T1 2026, +1 994 % a/a ; RPO ×6,6 sur un an), portée par les marges brutes élevées du métier annealing (> 80 % en année de vente de système). Mais les revenus restent modestes en valeur absolue (24,6 M$ en 2025) et erratiques (dépendants de ventes de systèmes ponctuelles) au regard d'une capitalisation d'environ 9 Md$ — soit un multiple ventes/valorisation extrême (~365× les ventes 2025). Le titre est très volatil : fourchette 52 semaines de ~12,75 $ à ~46,75 $, cours ~26 $ à la mi-juin 2026. Le consensus d'analystes reste néanmoins « Strong Buy » (objectif moyen ~36,8 $ ; Mizuho 35 $).
~588 M$ de trésorerie + placements, dette négligeable. Autonomie de plusieurs années. Risque de faillite très faible.
Seul acteur annealing + gate-model ; revenus annealing réels aujourd'hui (rare dans le quantique) ; jalon « quantum supremacy » dans Science.
Bookings record 33,4 M$ (+1 994 %), RPO 42,4 M$, contrats FAU (20 M$), Fortune 100 (10 M$), défense (Anduril/Davidson).
~9 Md$ pour 24,6 M$ de CA 2025 (~365× ventes). Multiple hyper-sensible à tout ralentissement ou rotation hors du thème quantique.
CA erratique (−81 % au T1 2026), pertes persistantes ; nombre d'actions passé de 266 à 359 M en 2025 + actions émises pour Quantum Circuits.
« Utilité quantique » visée seulement vers 2032 ; risque d'exécution/intégration ; concurrence (IonQ, Rigetti, IBM, Google) ; controverse sur la suprématie quantique ; titre très volatil.
Note : 6,0 / 10
Sur le critère du risque de faillite, le profil de D-Wave est très favorable : avec ~588 M$ de trésorerie et placements et une dette négligeable, la société dispose d'une autonomie de plusieurs années face à une consommation de cash de l'ordre de 30–35 M$ par trimestre. Le risque de défaut « dur » à l'horizon 2–3 ans est quasi nul, ce qui la distingue favorablement de pairs sous-capitalisés.
Sur le critère de l'appréciation du cours à 2–3 ans, les moteurs sont réels : position unique « dual-platform », revenus annealing déjà commerciaux (chose rare dans le secteur), Bookings en explosion (33,4 M$, +1 994 %), contrats défense/gouvernement (Anduril, Davidson, FAU), jalon scientifique de premier plan et un consensus d'analystes « Strong Buy ».
Ce qui plafonne la note : une valorisation extrême (~9 Md$, ~365× les ventes 2025), un chiffre d'affaires faible et erratique (−81 % au T1 2026), des pertes persistantes, une dilution importante et une feuille de route gate-model dont l'« utilité quantique » n'est visée que vers 2032. À ce multiple, l'essentiel du succès futur est déjà reflété dans le prix, et le titre est extrêmement volatil (12,75 $ – 46,75 $ sur 52 semaines).
En net : un bilan robuste et une position technologique différenciante, mais une valorisation parmi les plus exigeantes du marché et un modèle économique encore largement pré-rentable. D'où une note de 6,0/10 : solvabilité maîtrisée et momentum supérieurs à la moyenne de son univers spéculatif, mais potentiel de hausse « facile » borné par le multiple — à considérer comme une position de croissance spéculative à accumuler de préférence sur repli, avec un horizon de 2 à 3 ans.