Planet Labs PBC est un opérateur américain de constellations de satellites d'observation de la Terre, fondé en 2010 par trois anciens scientifiques de la NASA et coté au NYSE depuis décembre 2021 (introduction par SPAC, dMY Technology IV). C'est une public benefit corporation, statut juridique qui inscrit une mission d'intérêt général dans ses statuts. La société conçoit, fabrique et exploite en interne la plus grande flotte commerciale d'imagerie terrestre au monde, et commercialise l'accès aux données essentiellement sous forme d'abonnements récurrents.
| Constellation | Caractéristiques | Usage principal |
|---|---|---|
| SuperDove / PlanetScope | Résolution ~3,5 m, couverture quotidienne de l'intégralité des terres émergées ; 18 SuperDoves supplémentaires (Flock 4J) expédiés à Vandenberg fin août 2026 | Surveillance du changement à haute cadence : agriculture, forêt, climat, gouvernements civils |
| SkySat | Très haute résolution (~50 cm), imagerie à la demande | Renseignement, sécurité, suivi d'infrastructures |
| Pelican | Nouvelle génération très haute résolution avec liaison descendante directe et traitement embarqué ; Pelican-11 (démonstrateur technique) lancé en juillet 2026, portant à 10 le nombre de Pelicans en orbite | Cœur de l'offre « services satellitaires souverains » vendue aux États (Allemagne, Suède, JSAT/Japon) |
| Tanager (avec Carbon Mapper) | Imagerie hyperspectrale, 426 bandes spectrales, résolution spatiale 30 m ; Tanager-2 expédié fin août 2026 pour la mission SpaceX Transporter-18 — doit doubler la capacité hyperspectrale et diviser par deux les temps de revisite | Détection des émissions de méthane et de CO₂, applications environnementales et réglementaires |
Le modèle a évolué d'une vente de données « en catalogue » vers trois briques de plus en plus intégrées :
Le mix clients est désormais fortement orienté défense : la défense et le renseignement représentent environ 70 % du chiffre d'affaires trimestriel. Les autres verticales sont l'agriculture, la sylviculture, les gouvernements civils, l'énergie, la finance et l'éducation/recherche.
| Date | Événement | Portée |
|---|---|---|
| Sept. 2025 | FINANCEMENT Émission (relevée) de 400 M$ d'obligations convertibles senior à 0,50 %, échéance 2030 | Sécurise la trajectoire d'investissement à coût de portage quasi nul ; contrepartie : dilution potentielle |
| Oct. 2025 | CONTRAT Attribution du contrat Luno B par la NGA (National Geospatial-Intelligence Agency) pour des solutions IA | Ancrage dans le programme d'analytique IA du renseignement géospatial américain |
| Nov. 2025 | CONTRAT Renouvellement à 8 chiffres avec un client international défense & renseignement | Confirme la fidélisation des grands comptes souverains |
| Juil. 2025 → 2026 | CONTRAT MAJEUR Accord de 240 M€ (~280 M$) avec le gouvernement allemand (services satellitaires dédiés, liaison descendante directe Pelican, imagerie SkySat, outils IA) ; reconnaissance du revenu à partir de 2026 | Plus gros contrat de l'histoire de Planet ; pivot vers le réarmement européen |
| Mars 2026 | STRUCTURE Rachat/appel de la totalité des bons de souscription publics (héritage du SPAC) | Simplifie la structure de capital ; a généré 107,8 M$ de produits d'exercice mais aussi une charge comptable non cash de 106,5 M$ au T1 FY2027 |
| Mai 2026 | OPÉRATIONNEL Lancement de 3 Pelicans (mission CAS500-2 / SpaceX, Vandenberg), dont le premier satellite souverain des forces armées suédoises | Première livraison d'un satellite souverain à un État européen |
| Juin 2026 | CONTRAT Extension d'un an de 22 M$ avec la NGA (surveillance maritime, programme MDA) | Visibilité sur le socle de revenus US |
| Juin 2026 | PARTENARIAT Accord de lancement avec Isar Aerospace : un Pelican lancé depuis l'Allemagne sur la fusée Spectrum dès fin 2026 | Premier lancement satellite + fusée entièrement allemands ; argument politique fort pour les appels d'offres européens |
| Juil. 2026 | GOUVERNANCE Wolfgang Schmidt, ancien chef de la Chancellerie allemande, rejoint le conseil consultatif européen | Capital politique en Allemagne |
| Juil. 2026 | OPÉRATIONNEL Lancement réussi de Pelican-11 (démonstrateur technique) — 10 Pelicans en orbite | Validation technologique de la nouvelle génération |
| Juil. 2026 | EXPANSION Ouverture d'un bureau à Londres (à proximité de Westminster/Whitehall), hub IA & analytique et relais auprès de l'OTAN | Positionnement sur le marché britannique et OTAN |
| Août 2026 | CONTRAT Nouveau marché OTA de 8 M$ de la NGA pour déployer le Global Monitoring Service (GMS) | Extension du périmètre avec le client US le plus stratégique |
| Août 2026 | CONTRAT Accord à 7 chiffres (1 an) avec un client gouvernemental européen défense & renseignement (mosaïques haute résolution + services professionnels) | Élargissement du portefeuille européen |
| Août 2026 | CONTRAT Programme national avec la Rwanda Space Agency — première offre nationale de ce type en Afrique | Ouverture d'un marché émergent (gouvernements de taille moyenne) |
| Sept. 2026 | RÉSULTATS T2 FY2027 : CA record de 116,1 M$ (+58 %), EBITDA ajusté +13,9 M$, résultat net non-GAAP positif (+8,3 M$, BPA +0,02 $) ; 4e trimestre consécutif au-dessus de la « Règle des 40 » | Point d'inflexion : première démonstration de levier opérationnel réel |
| Sept. 2026 | GUIDANCE Relèvement de la guidance FY2027 : CA 430–441 M$ (contre 307,7 M$ en FY2026) et EBITDA ajusté +3 à +10 M$ | Croissance attendue de ~+40 % et premier exercice EBITDA-positif |
| Sept. 2026 | CONTRAT Attribution par le ministère fédéral allemand de l'Intérieur (BMI) d'un marché de services satellitaires dédiés — valeur maximale 25 M€ sur 5 ans, options incluses. Premier gouvernement civil au monde à acquérir des services de constellation dédiée | Élargit la clientèle souveraine au-delà de la défense (civil, protection des frontières, gestion de crise) |
| Sept. 2026 | OPÉRATIONNEL Tanager-2 + 18 SuperDoves expédiés à Vandenberg pour la mission SpaceX Transporter-18 (3e lancement de l'année) | Renouvellement de la flotte PlanetScope et doublement de la capacité hyperspectrale |
| 2026 | EXPANSION Montée en puissance de l'usine de Berlin — installation à partir du 1er septembre 2026, production prévue avant fin 2026 | Capacité industrielle en Europe : condition d'accès aux marchés souverains européens |
| Sujet | Description | Gravité |
|---|---|---|
| Effondrement boursier | Le titre est passé de 51,76 $ (plus haut 52 semaines) à 17,07 $ au 21 septembre 2026, soit −67 %. La correction s'est accélérée en juin (guidance FY2027 initiale jugée décevante) puis en juillet après l'IPO de SpaceX, qui a réétalonné à la baisse les multiples de tout le secteur spatial coté | ÉLEVÉE Bêta de 2,11, amplitude 52 semaines de 1 à 4,9 |
| Dilution massive et continue | 363,85 M d'actions en circulation, soit +17 % sur un an. Un programme ATM (Equity Distribution Agreement du 5 juin 2026, avec Goldman Sachs notamment) de 1,5 Md$ reste très largement disponible ; 120 M$ ont été levés au seul T2 FY2027 au prix net moyen de 31,95 $ — soit très au-dessus du cours actuel. À cela s'ajoutent 448,3 M$ de convertibles 2030 et une rémunération en actions élevée | ÉLEVÉE Principal frein à la note |
| Saisonnalité et recul séquentiel | La guidance T3 FY2027 (101–105 M$) implique un recul de ~11 % par rapport aux 116,1 M$ du T2, avec un retour en perte d'EBITDA ajusté (−6 à −1 M$). Les contrats de services satellitaires souverains génèrent une reconnaissance de revenus par jalons, donc irrégulière | MOYENNE Complique la lecture de la trajectoire |
| Carnet de commandes en repli | Backlog de 814,9 M$ au 31 juillet 2026 contre 900,4 M$ à la clôture de l'exercice précédent (31 janvier 2026), soit −9,5 % sur six mois. RPO à 753,1 M$. La direction met en avant une hausse d'~11 % en glissement annuel, mais la consommation du carnet dépasse actuellement les prises de commandes | MOYENNE À surveiller au T3 |
| Pertes GAAP persistantes | Perte nette de 246,9 M$ sur l'exercice FY2026 et de 148,2 M$ sur le seul premier semestre FY2027 (dont 106,5 M$ de charge non cash liée à la réévaluation des bons de souscription). Hors éléments exceptionnels, la perte GAAP du T2 se réduit fortement (−9,4 M$ contre −22,6 M$ un an plus tôt), mais la rentabilité comptable n'est pas atteinte | MOYENNE Non cash pour l'essentiel |
| Hausse des investissements | CapEx FY2027 relevé à 100–115 M$ (contre une enveloppe antérieure plus modeste) pour accélérer les programmes Pelican et Owl et l'outil industriel. Le free cash-flow YTD (+21,3 M$) est déjà nettement inférieur au cash-flow opérationnel (+68,4 M$) | MOYENNE Investissement de croissance assumé |
| Valorisation | 6,21 Md$ de capitalisation pour un CA attendu de ~435 M$ en FY2027, soit ~14 x les ventes — élevé pour une marge brute GAAP de 57 % et une entreprise non rentable en normes comptables | MOYENNE |
| Concurrence | Pression de SpaceX/Starshield (verticalement intégré, coûts de lancement quasi nuls), Vantor/Maxar, BlackSky, ICEYE, Capella, Airbus/Pléiades Neo, et montée des programmes souverains européens et asiatiques qui peuvent internaliser la capacité plutôt que l'acheter | MOYENNE À ÉLEVÉE |
| Risque géopolitique et budgétaire | Avec ~70 % du CA lié à la défense et au renseignement, la société est exposée aux arbitrages budgétaires. Les tensions transatlantiques sont un facteur à double tranchant : elles alimentent la demande européenne souveraine, mais la pression exercée début septembre 2026 par la Maison-Blanche sur les entreprises spatiales américaines pour boycotter le sommet spatial de Paris illustre le risque d'être pris entre deux clients (Washington et les capitales européennes) | MOYENNE Risque structurel nouveau |
| Risque de contentieux actionnarial | La société mentionne explicitement dans ses facteurs de risque être exposée à des litiges actionnariaux ; 7,53 M$ de paiements de règlements de litige ont été décaissés sur le premier semestre FY2027. Après une baisse de 67 % du cours, le risque de securities class action augmente mécaniquement | FAIBLE À MOYENNE |
| Cessions d'initiés | Le 18 septembre 2026, un dépôt signale une réduction de la participation du CEO de plus de 100 000 actions (~2,2 M$). Ces cessions interviennent fréquemment dans le cadre de plans 10b5-1 programmés, mais le signal reste à noter dans un contexte de cours déprimé | FAIBLE Signal, pas preuve |
| Indicateur (M$) | T2 FY2027 | T2 FY2026 | Variation |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 116,052 | 73,386 | +58,1 % |
| Coût des ventes (GAAP) | 50,420 | 31,118 | +62,0 % |
| Marge brute GAAP | 65,632 (57 %) | 42,268 (58 %) | −1 pt |
| Marge brute non-GAAP | 68,316 (59 %) | 44,848 (61 %) | −2 pts |
| R&D (GAAP) | 35,156 | 24,155 | +45,5 % |
| Commercial & marketing (GAAP) | 21,498 | 17,574 | +22,3 % |
| Frais généraux & administratifs (GAAP) | 22,487 | 18,499 | +21,6 % |
| Résultat opérationnel GAAP | −13,509 | −17,960 | Perte réduite de 24,8 % |
| Résultat opérationnel non-GAAP | +4,109 | −3,339 | Passage en positif |
| Résultat net GAAP | −9,353 | −22,592 | Perte réduite de 58,6 % |
| Résultat net non-GAAP | +8,265 | −2,174 | Passage en positif |
| EBITDA ajusté | +13,928 | +6,406 | ×2,2 |
| BPA GAAP | −0,03 $ | −0,07 $ | — |
| BPA non-GAAP dilué | +0,02 $ | −0,01 $ | Premier trimestre positif |
| Nombre moyen d'actions (base GAAP) | 359,594 M | 304,129 M | +18,2 % |
Lecture : le levier opérationnel est réel. Le chiffre d'affaires progresse de 58 % tandis que les charges commerciales et administratives ne croissent que de ~22 % : c'est exactement ce qu'on attend d'une entreprise qui passe le point d'inflexion. La contrepartie est une légère érosion de la marge brute (−1 à −2 points), logique puisque les services satellitaires souverains, plus capitalistiques, portent une marge inférieure à la pure vente de données. Enfin, la R&D accélère de +45,5 % — investissement délibéré dans Pelican et Owl.
| Indicateur (M$) | S1 FY2027 | S1 FY2026 | Variation |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 210,202 | 139,651 | +50,5 % |
| Marge brute non-GAAP | 121,284 (58 %) | 83,698 (60 %) | −2 pts |
| Résultat net GAAP | −148,225 | −35,220 | dont −106,474 non cash (réévaluation des bons de souscription) |
| Résultat net non-GAAP | −0,492 | −11,488 | Quasi à l'équilibre |
| EBITDA ajusté | +12,895 | +7,606 | +69,5 % |
| Cash-flow opérationnel | +68,400 | — | Positif |
| Free cash-flow | +21,297 | +54,290 | −60,8 % (effet CapEx) |
| Free cash-flow ajusté | +28,827 | +54,290 | −46,9 % |
Attention à la perte GAAP de 148,2 M$ : elle est trompeuse. Elle comprend 106,5 M$ de charge purement comptable et sans effet de trésorerie liée à la réévaluation des bons de souscription hérités du SPAC avant leur rachat en mars 2026. Cette ligne disparaît définitivement du compte de résultat : le passif de bons de souscription est passé de 173,3 M$ à zéro au bilan. Hors cet élément et les 5,8 M$ de frais de litige, la perte semestrielle est en réalité de l'ordre de 36 M$ en GAAP et quasi nulle en non-GAAP (−0,5 M$).
| Poste (M$) | 31 juil. 2026 | 31 janv. 2026 | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Trésorerie & équivalents | 415,130 | 229,441 | +80,9 % |
| Placements court terme | 450,288 | 410,649 | +9,7 % |
| Trésorerie totale disponible | 865,418 | 640,090 | +35,2 % (+219 % a/a) |
| Total de l'actif | 1 430,964 | 1 145,686 | +24,9 % |
| Produits constatés d'avance (courants) | 281,215 | 220,572 | +27,5 % — cash encaissé d'avance |
| Produits constatés d'avance (non courants) | 17,364 | 27,522 | −36,9 % |
| Passif sur bons de souscription | 0 | 173,308 | Éliminé (rachat de mars 2026) |
| Obligations convertibles (0,50 %, 2030) | 448,255 | 446,884 | Seule dette financière |
| Obligations locatives (courantes + non courantes) | 50,368 | 15,596 | ×3,2 (usine de Berlin, bureaux) |
| Total du passif | 866,613 | 957,255 | −9,5 % |
| Capitaux propres | 564,351 | 188,431 | ×3,0 |
| Critère | Évaluation | Commentaire |
|---|---|---|
| Croissance du chiffre d'affaires | Très favorable | +25,9 % (FY2026) → +42 % (T1 FY2027) → +58 % (T2 FY2027). Accélération nette et guidance FY2027 à +40 % |
| Qualité du revenu | Favorable | 98 % de l'ACV est récurrente ; RPO de 753,1 M$ dont 46 % reconnus sous 12 mois et 68 % sous 24 mois |
| Marges | Neutre | Marge brute non-GAAP à 59 % mais en légère érosion ; mix services souverains structurellement moins margé |
| Rentabilité | En amélioration nette | Passage en EBITDA ajusté et résultat non-GAAP positifs ; GAAP toujours en perte mais perte trimestrielle divisée par 2,4 |
| Génération de cash | Favorable | CFO +68,4 M$, FCF ajusté +28,8 M$ sur le semestre. Autofinancement atteint |
| Solidité du bilan | Très favorable | +417 M$ de trésorerie nette, passif total en baisse de 9,5 %, capitaux propres triplés |
| Carnet de commandes | Défavorable | 814,9 M$ contre 900,4 M$ six mois plus tôt : consommation supérieure aux prises de commandes |
| Dilution | Très défavorable | +17 % à +18 % d'actions sur un an, ATM de 1,5 Md$ disponible, convertibles 2030 dilutives |
| Valorisation | Défavorable | ~14 x le CA FY2027 attendu ; aucune rentabilité GAAP en vue à court terme |
| Positionnement stratégique | Très favorable | Réarmement européen, souveraineté spatiale, demande d'intelligence géospatiale IA : trois vents porteurs structurels sur 5–10 ans |
| Scénario | Hypothèses | Ordre de grandeur du cours |
|---|---|---|
| Pessimiste | La croissance retombe à ~20 %/an (CA ~625 M$ en FY2029), le multiple se comprime à 6 x les ventes sous l'effet de la banalisation du secteur, et le nombre d'actions atteint 440 M (usage de l'ATM + conversion) | ~8–9 $ (−50 %) |
| Central | Croissance de ~30 %/an (CA ~735 M$ en FY2029), multiple stabilisé à 11 x les ventes, 420 M d'actions | ~19–20 $ (+15 %) |
| Optimiste | La bascule « souveraineté européenne » s'amplifie (croissance ~40 %/an, CA ~850 M$ en FY2029), rentabilité GAAP atteinte, multiple de 16 x, 410 M d'actions | ~33 $ (+95 %) |
À titre de comparaison, le consensus des analystes (11 à 18 analystes selon les sources) est « Achat » avec un objectif moyen à 12 mois de 33,40 $ (soit +96 % par rapport au cours du 21 septembre 2026), avec une dispersion très large : objectif haut de 53 $ (Needham, juin 2026), objectif bas de 3,50 $ (Goldman Sachs, avril 2025, depuis relevé à 25 $ en juillet 2026). Cette dispersion extrême est en elle-même un indicateur de l'incertitude du dossier.
| Composante | Note | Pondération | Justification |
|---|---|---|---|
| Risque de faillite (inverse) | 9,5/10 | 30 % | 865,4 M$ de liquidités, +417 M$ de trésorerie nette, aucune échéance avant 2030, coupon de 0,50 %, cash-flow opérationnel positif |
| Dynamique de croissance | 8,5/10 | 20 % | +58 % au T2, guidance FY2027 relevée à +40 %, pipeline souverain européen en expansion |
| Trajectoire de rentabilité | 7,0/10 | 15 % | EBITDA ajusté et résultat non-GAAP positifs pour la première fois ; GAAP encore en perte, T3 attendu de nouveau négatif |
| Positionnement stratégique | 8,5/10 | 15 % | Réarmement européen, souveraineté spatiale, IA géospatiale ; actifs industriels difficiles à répliquer |
| Dilution et structure de capital | 3,5/10 | 10 % | +17 % d'actions sur un an, ATM de 1,5 Md$ largement disponible, convertibles dilutives, SBC élevée |
| Valorisation | 5,0/10 | 10 % | ~14 x les ventes ; la chute de 67 % depuis le plus haut a toutefois nettement réduit l'excès |
| Moyenne pondérée | 7,6/10, ajustée à 7,0 pour tenir compte de la volatilité extrême (bêta 2,11, amplitude 52 semaines de 1 à 4,9), du repli du carnet de commandes et du risque d'exécution d'un T4 très chargé | ||
Pourquoi 7,0 et pas davantage : le dossier a franchi un cap opérationnel indiscutable au T2 FY2027, mais la thèse d'investissement reste suspendue à trois inconnues. D'abord, la capacité à transformer un trimestre exceptionnel en trajectoire régulière — la guidance T3 en recul séquentiel de 11 % montre que la reconnaissance du revenu par jalons rend la lecture difficile et charge lourdement le T4. Ensuite, la dilution : lever 120 M$ à 31,95 $ était opportun, mais un ATM de 1,5 Md$ reste disponible et son usage à 17 $ détruirait de la valeur pour l'actionnaire existant. Enfin, le carnet de commandes recule de 9,5 % sur six mois, ce qui mérite confirmation au T3 avant d'être considéré comme un simple effet de calendrier.
Pourquoi 7,0 et pas moins : le risque de faillite, critère explicite de la notation, est désormais quasi nul. Planet dispose de 417 M$ de trésorerie nette, d'une seule dette à 0,50 % échéant en 2030, et s'autofinance. Le positionnement est adossé à des tendances structurelles puissantes et peu réversibles : réarmement européen, exigence de souveraineté sur les capacités d'observation, industrialisation de l'IA géospatiale. Les actifs — une flotte de plus de 200 satellites, une capacité de production intégrée, désormais une usine en Allemagne — sont difficiles à répliquer, et le modèle de « service satellitaire souverain » crée des contrats longs et défensifs. Enfin, après une chute de 67 %, le point d'entrée est nettement plus favorable qu'en mai 2026, ce que reflète l'objectif de cours consensuel à +96 %.
Évolution depuis le dernier rapport : aucune donnée financière nouvelle n'est intervenue depuis le 4 septembre. Le contrat BMI allemand (25 M€ max sur 5 ans) est un élément positif mais modeste en valeur, significatif surtout parce qu'il ouvre le segment des gouvernements civils. Le titre a reculé de ~7 % supplémentaires sans catalyseur négatif identifiable, ce qui améliore légèrement le couple rendement/risque mais ne suffit pas à justifier un relèvement de note tant que le T3 n'a pas confirmé la trajectoire. La note reste donc à 7,0.
Points de contrôle à surveiller d'ici le prochain rapport : (1) publication du T3 FY2027 début décembre 2026 — respect de la fourchette 101–105 M$ et, surtout, réaffirmation de la guidance annuelle ; (2) évolution du carnet de commandes (rebond au-dessus de 850 M$ ou poursuite du repli) ; (3) usage de l'ATM aux cours actuels — toute levée sous 20 $ serait un signal négatif ; (4) succès du lancement Transporter-18 et du premier tir Isar Aerospace ; (5) démarrage effectif de la production à Berlin ; (6) nouveaux contrats souverains européens dans le sillage du modèle allemand.