Société à mission (Public Benefit Corp.) — plus grande flotte de satellites d'imagerie au monde. Données quotidiennes de la Terre + analytique IA, modèle d'abonnement (99 % de revenus récurrents).
Planet Labs PBC, fondée en 2010 par trois anciens scientifiques de la NASA et basée à San Francisco, conçoit, construit et opère la plus grande flotte de satellites d'observation de la Terre au monde (environ 200 satellites). Elle photographie quotidiennement l'intégralité des terres émergées et vend ces données et leurs analyses sous forme d'abonnements récurrents (99 % de l'ACV) à des gouvernements (défense, renseignement, agences civiles) et à des entreprises (agriculture, forêt, finance, assurance).
PlanetScope (~3 m, scan quotidien global) · SkySat (haute résolution ~50 cm, tasking) · Pelican (nouvelle génération haute résolution, 9 en orbite ; Gen-2 visant une résolution de classe 30 cm) · Tanager (hyperspectral, détection de gaz — méthane/CO₂, avec Carbon Mapper et le JPL).
Planet Insights Platform (ex-Sentinel Hub), Planetary Variables (humidité des sols, biomasse), SuperRes (super-résolution IA portant PlanetScope à une qualité visuelle de classe 2 m) et une application IA en bêta privée permettant d'interroger l'archive mondiale en langage naturel (LLM).
Vente de données en abonnement + « satellite services » : capacité dédiée voire satellites souverains pour États (Allemagne ~240 M€, Suède, JSAT au Japon). Le contrat allemand commence à générer des revenus depuis janvier 2026 et monte en puissance.
OTAN, gouvernement allemand, forces armées suédoises, NGA et US Navy (États-Unis), gouvernements grec, tchèque et écossais, Japon (SKY Perfect JSAT), John Deere, Bezos Earth Fund, Watch Duty (incendies).
• Accélération de la croissance : +42 % au T1 FY27 (vs +26 % en FY26)
• Backlog 906 M$ (+72 %) et RPO 816 M$ (+81 %) → excellente visibilité
• Trésorerie 731 M$ (+223 % sur un an), trésorerie nette positive
• FY26 : premier exercice rentable en EBITDA ajusté (+15,5 M$), FCF +53 M$
• Vent porteur durable : budgets défense européens (Allemagne, Suède, OTAN, Grèce) et américains (NGA, Navy, MDA)
• Exécution démontrée : satellite souverain suédois lancé en 4 mois
• Différenciation IA (SuperRes, application IA, archive unique de 15 ans)
• Programme ATM 1,5 Md$ : dilution potentielle significative, pression durable sur le titre
• Marge brute non-GAAP guidée en baisse pour FY27 (52–54 % vs 56–59 %) — mix « satellite services » moins margé
• Toujours en perte GAAP ; EBITDA ajusté T1 repassé légèrement négatif
• FCF T1 négatif (-2,5 M$) avec capex en forte hausse (80–95 M$ prévus en FY27)
• Litiges en cours (class action Delaware, différend d'acquisition)
• Valorisation encore exigeante (~23× le CA FY27e) et titre extrêmement volatil (5,87 $ – 51,76 $ sur 12 mois)
• Concentration croissante sur les budgets gouvernementaux (risque politique/budgétaire)
Guidance officielle : CA de 102 à 107 M$ (nouvelle accélération séquentielle, portée par la montée en charge du contrat allemand), marge brute non-GAAP de 52 à 55 %, EBITDA ajusté de 0 à +5 M$ (retour au positif attendu) et capex de 21 à 27 M$. Lancement imminent du Pelican-11, premier Pelican Gen-2 (démonstrateur visant une imagerie de classe 30 cm), déjà expédié à Vandenberg pour la mission SpaceX Transporter-17.
Pour l'exercice FY2027 (clos janv. 2027) : CA de 425 à 441 M$ (+41 % au point médian), marge brute non-GAAP 52–54 %, EBITDA ajusté positif de 0 à 10 M$, capex 80–95 M$. La stratégie s'articule autour de : (1) l'expansion de la capacité industrielle de production de satellites — objet du programme ATM de 1,5 Md$ — pour répondre à la demande de constellations souveraines (Allemagne, Suède, JSAT : 10 Pelican) ; (2) le déploiement des Pelican Gen-2 (résolution 30 cm) pour concurrencer frontalement Maxar/BlackSky sur la très haute résolution ; (3) la plateforme IA (application en langage naturel, SuperRes, Planetary Variables) pour monter en gamme dans la chaîne de valeur ; (4) le nouveau Tanager SWIR avec Carbon Mapper/JPL (détection de gaz, surveillance des combustibles d'incendie).
| Indicateur (M$) | T1 FY27 | T1 FY26 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 94,2 | 66,3 | +42 % |
| Marge brute GAAP | 54 % | 55 % | -1 pt |
| Marge brute non-GAAP | 56 % | 59 % | -3 pts |
| Perte opérationnelle | -34,9 | -22,8 | Creusée (investissements) |
| Réévaluation warrants (non-cash) | -106,5 | +10,4 | Exceptionnel — éteint désormais |
| Perte nette GAAP | -138,9 | -12,6 | Gonflée par les warrants |
| Perte nette non-GAAP | -8,8 | -9,3 | En légère amélioration |
| EBITDA ajusté | -1,0 | +1,2 | Léger passage en négatif |
| Cash-flow opérationnel | +15,4 | +17,3 | Positif |
| Free cash-flow | -2,5 | +8,0 | Capex doublés (17,3 M$) |
| Indicateur (M$) | FY2026 | Commentaire |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 307,7 | +26 % — record historique |
| EBITDA ajusté | +15,5 | 1er exercice rentable en EBITDA ajusté |
| Cash-flow opérationnel | +134 | Solide |
| Free cash-flow | +53 | Positif sur l'exercice |
| Backlog fin d'exercice | 900 | +79 % |
La trésorerie (+ placements) est passée de 640 M$ (31/01/2026) à 730,8 M$ (30/04/2026), soit +91 M$ en un trimestre : +15,4 M$ de cash-flow opérationnel, +107,8 M$ d'exercices de warrants, -17,9 M$ de capex, -17,3 M$ de retenues fiscales sur actions. Le passif « warrants » de 173,3 M$ a été intégralement éliminé du bilan (converti en capitaux propres). À cela s'ajoutera le produit du programme ATM de 1,5 Md$ au fil des émissions. La société dispose de plusieurs années d'autonomie même en cas de creux d'activité, et son passif porte un coupon de seulement 0,50 % à échéance 2030.
La valeur intrinsèque de Planet progresse nettement : croissance qui accélère (+26 % → +42 %), backlog record offrant ~2 ans de visibilité, bilan « forteresse » (trésorerie nette +283 M$ avant ATM) et bascule structurelle vers les contrats souverains de défense européens, segment en expansion durable. La perte GAAP du T1 (-138,9 M$) est un artefact comptable lié aux warrants, désormais éteint : la perte économique réelle (non-GAAP) n'est que de -8,8 M$ pour 94 M$ de revenus. Le risque de faillite à un horizon de 2–3 ans est très faible (trésorerie > dette, coupon 0,50 %, FCF proche de l'équilibre, clients étatiques payant d'avance). Le principal risque pour l'actionnaire n'est pas la solvabilité mais la dilution (ATM 1,5 Md$, soit jusqu'à ~10–15 % de la capitalisation) et la compression des marges pendant la phase d'investissement industriel. Après la correction de ~40 %, la valorisation (~23× le CA FY27e) reste élevée mais mieux alignée sur la croissance ; le consensus analystes demeure à l'achat (objectifs ~34–38 $ contre ~27 $ actuellement).
Ce qui soutient la note (facteurs haussiers) : croissance en accélération (+42 % au T1 FY27, guidance FY27 +41 %), backlog record de 906 M$ couvrant ~2 ans de croissance, 99 % de revenus récurrents, bilan parmi les plus solides du secteur spatial (731 M$ de cash, trésorerie nette positive, dette convertible à 0,50 % échéance 2030), premier exercice rentable en EBITDA ajusté, positionnement unique sur le réarmement européen (Allemagne 240 M€, Suède, OTAN) et l'IA géospatiale. La correction de ~40 % du titre depuis fin mai offre un point d'entrée nettement plus raisonnable qu'au pic.
Ce qui plafonne la note : le programme ATM de 1,5 Md$ crée un plafond de dilution qui pèsera sur le cours tant qu'il ne sera pas absorbé ; les marges sont guidées en baisse pour FY27 (mix satellite services) ; la société reste déficitaire en GAAP avec un FCF redevenu légèrement négatif en phase de capex intensif ; la valorisation (~23× le CA) exige une exécution sans faute ; litiges en cours (class action Delaware) ; volatilité extrême du titre (×8,8 entre plus bas et plus haut sur 12 mois).