Rapport d'analyse — HIVE Digital Technologies Ltd. (NASDAQ : HIVE / TSX : HIVE)
Date du rapport : 12 août 2026 · Devise : USD · Cours de clôture au 11 août 2026 : 2,65 $ (+1,92 %) · Plage 52 semaines : 1,73 $ – 7,84 $ · Actions en circulation : 267,4 M · Capitalisation : 708 M$ · Bêta : 3,70 · Prochains résultats (T1 FY2027) : 18 août 2026
6,0/10
Note globale : 6,0 / 10 — en baisse par rapport au rapport précédent (6,5 le 28/07/2026). Risque de faillite à 2–3 ans : faible — les 245 M$ de dette levés en 2026 sont des obligations échangeables à coupon 0 % et échéance juillet 2031 : aucune charge d'intérêts en trésorerie, aucun mur de refinancement avant 5 ans. Mais le potentiel de hausse s'est nettement dégradé depuis juillet : le Bitcoin est retombé autour de 64 000 $ (−26,7 % depuis le début 2026) et le hashprice à ~31,7 $/PH/s/jour, soit au niveau ou sous le seuil de rentabilité de nombreux mineurs. Le segment minage, qui représente encore 93 % du chiffre d'affaires, devrait donc rester en perte d'EBITDA au trimestre de juin. La bascule vers l'IA est réelle et désormais contractualisée (>100 M$ d'ARR HPC signé), mais elle exige un capital massif — jusqu'à 3,5 Md CAD pour la seule gigafactory de Toronto — face à une capitalisation de 708 M$. Le risque n'est pas la faillite : c'est la dilution.
1. Ce que fait l'entreprise
Fondée en 2017, immatriculée au Canada et pilotée depuis San Antonio (Texas) et Vancouver, HIVE Digital Technologies Ltd. (ex-HIVE Blockchain, renommée en juillet 2023) fut l'une des premières sociétés cotées à miner des actifs numériques exclusivement à partir d'énergie verte. Elle se décrit aujourd'hui comme un opérateur de centres de données à « double moteur » (twin-turbo) :
Minage de Bitcoin (Tier-I) — 278,3 M$, soit 93 % du chiffre d'affaires FY2026. Puissance installée de 25,1 EH/s au 31 mars 2026 (contre 6,5 EH/s un an plus tôt, ×3,9), efficacité de parc d'environ 16,5 J/TH. Capacité électrique opérationnelle globale de 440 MW répartie entre le Canada, la Suède et le Paraguay, intégralement en énergie renouvelable. 2 885 BTC minés sur l'exercice FY2026, contre 1 414 en FY2025 (+104 %), alors que la difficulté moyenne du réseau ne progressait « que » de 42 % (95,7 T → 135,8 T).
Calcul haute performance et cloud GPU (Tier-III) via BUZZ HPC — 19,5 M$, soit 7 % du chiffre d'affaires FY2026, mais l'essentiel de la thèse d'investissement. Filiale à 100 %, BUZZ HPC loue des clusters GPU NVIDIA (H200, B200, GB200/GB300 Grace Blackwell) en cloud souverain, bare-metal, Kubernetes et Slurm, principalement pour le marché canadien de l'« IA souveraine ». Revenus HPC en hausse de 94 % sur l'exercice, marge brute d'environ 40 %. Objectif : passer d'environ 5 500 GPU sous gestion au printemps 2026 à ~11 000 d'ici fin 2026.
Implantations principales :
Site
Pays
Capacité
Usage / statut
Yguazú
Paraguay
200 MW
Minage BTC, ~12,15 EH/s — plus grand site hors États-Unis
Valenzuela
Paraguay
100 MW (phase 3)
Minage BTC, livré le 10 nov. 2025, 2 semaines en avance
Grand Falls (N.-B.)
Canada
70 MW
Projet « AI factory » souveraine de l'Est canadien
GTA Gigafactory
Canada
320 MW
Annoncé le 18 mai 2026, cible 2e semestre 2027
Aéroport de Toronto
Canada
7 MW
Tier-III HPC
Boden
Suède
32 MW
Loué depuis 2018, acquisition approuvée le 18 juin 2026
Merritt (C.-B.) / Winnipeg
Canada
—
Clusters GPU hébergés chez Bell AI Fabric
Direction : Frank Holmes (co-fondateur, président exécutif), Aydin Kilic (président & CEO), Darcy Daubaras (CFO), Craig Tavares (président & COO de BUZZ HPC). Cotations : Nasdaq (HIVE), TSX senior board depuis le 19 mai 2026, Bourse de Colombie (HIVECO), Francfort (YO0.F, cotation involontaire). Effectif déclaré : 29 salariés directs (structure très légère, l'essentiel des opérations étant sous-traité ou porté par les filiales).
Nature du dossier : HIVE n'est plus un pur mineur de Bitcoin ni encore un opérateur d'IA à l'échelle. C'est un convertisseur d'électrons verts en calcul en pleine mutation, dont la valorisation dépend presque entièrement de sa capacité à financer et livrer son pipeline de centres de données IA (Toronto, Boden, Grand Falls) avant que la compression des marges du minage n'érode définitivement sa capacité d'autofinancement.
2. Avancées sur les 12 derniers mois (août 2025 – août 2026)
Éléments positifs
Achèvement de l'expansion paraguayenne de 300 MW (juin – novembre 2025). Trois phases livrées en six mois : Yguazú phase 1 (juin 2025), phase 2 (début septembre 2025), Valenzuela phase 3 (10 novembre 2025, deux semaines en avance). Le hashrate installé est passé de 6,5 à 25,1 EH/s en un exercice, avec construction et mise en service de deux grandes sous-stations.
Exercice FY2026 record (clos le 31 mars 2026) : chiffre d'affaires de 297,8 M$ (+158 %), marge brute opérationnelle de 107,9 M$ (36 %, contre 22 % un an plus tôt, soit +14 points), EBITDA ajusté de 72,9 M$ et trésorerie d'exploitation multipliée par 3,5 à 62,3 M$. ROIC annuel déclaré de 13,3 %.
Contrat souverain de 220 M$ avec Bell Canada et Cohere (18 juin 2026). Contrat de cloud GPU de trois ans, 2 304 GPU NVIDIA Grace Blackwell (systèmes GB200 NVL72, réseau Quantum InfiniBand, refroidissement liquide), déployés au site de Bell à Merritt (Colombie-Britannique). C'est de très loin le contrat le plus important de l'histoire de la société : il doit ajouter ~70 M$ d'ARR aux 35 M$ existants, pour un ARR HPC contracté dépassant les 100 M$. Mise en service annoncée pour fin 2026 – début 2027. Contrepartie de premier plan : Cohere a levé ~1,6 Md$ auprès d'AMD Ventures, Salesforce, Oracle, Cisco et PSP Investments.
Cluster B200 avec Bell opérationnel (mai 2026). Premier cluster de 504 GPU NVIDIA B200 refroidis par liquide, au tarif contractuel de 2,90 $/GPU-heure, soit 32 % au-dessus du tarif de planification de 2,20 $. L'ARR HPC est passé de ~20 M$ à ~35 M$.
Projet de gigafactory IA de 320 MW dans le Grand Toronto (18 mai 2026). Acquisition d'un terrain contigu de 25 acres pour 58 M CAD dans le corridor Toronto–Waterloo. Capacité prévue de plus de 100 000 GPU, refroidissement liquide en boucle fermée sans consommation d'eau, PUE cible < 1,3, électricité ontarienne à plus de 90 % renouvelable. À un tarif de colocation Tier-III de ~150 $/kW/mois sur 15 ans, les 200 MW de charge informatique représenteraient ~360 M$ d'ARR à pleine exploitation. La direction affirme disposer d'une allocation complète de 320 MW auprès des régulateurs provinciaux.
245 M$ levés en obligations échangeables à coupon 0 % sur un seul trimestre. 115 M$ le 21 avril 2026 (prix d'échange ~2,57 $, capped call à 4,92 $) puis 130 M$ le 30 juin 2026 (prix d'échange ~4,83 $, soit 27,5 % de prime sur le cours de 3,79 $ du 25 juin ; capped call à 8,5275 $, coût 15,7 M$). Produit net cumulé d'environ 234 M$. Échéance juillet 2031, sans intérêt et sans accrétion. La demande institutionnelle a permis d'exercer intégralement les options de sur-allocation à deux reprises.
LOI de colocation HPC à Boden, Suède (25 juin 2026). Lettre d'intention avec un client technologique suédois souverain de qualité investment grade pour un bail pouvant aller jusqu'à 10 ans sur le site de 32 MW, rétrofitté pour accueillir jusqu'à 10 000 GPU GB300. Le même mois, HIVE a obtenu du conseil municipal de Boden l'approbation du rachat du site (« Big Boden ») à Bodens Utvecklings AB, après huit ans de location.
Passage au TSX senior board (19 mai 2026) depuis le TSX Venture, ce qui élargit l'accès institutionnel et l'éligibilité aux indices.
Validation académique de l'infrastructure paraguayenne. Une étude de l'Université Columbia, dont les travaux ont été retenus pour NeurIPS, a mesuré des performances d'entraînement sur les GPU de HIVE au Paraguay équivalentes à celles de puces NVIDIA H100, validant le modèle d'infrastructure distribuée. HIVE est par ailleurs classée en tête de ses pairs sur le ratio BTC produit par EH/s et son cloud a obtenu les meilleures vitesses de téléchargement dans le classement SemiAnalysis ClusterMAX 2.0.
Couverture d'analystes favorable. Consensus « Strong Buy » sur 8 analystes avec un objectif moyen de 7,06 $ (+166 % sur le cours actuel). Chardan Capital a initié la couverture fin juillet 2026 avec un objectif de 7,50 $.
Éléments négatifs et risques
Effondrement de l'économie du minage depuis l'automne 2025. Le Bitcoin est passé de son record d'octobre 2025 à environ 64 000 $ le 10 août 2026, soit −26,7 % depuis le début de l'année civile. Le hashprice USD est tombé à 31,73 $/PH/s/jour, un niveau que les analyses sectorielles décrivent comme « au seuil de rentabilité ou en dessous pour de nombreux mineurs » selon le coût opératoire et le modèle de machine. La difficulté du réseau était de 127,48 T le 8 août ; le hashrate moyen du réseau a reculé de 12 à 23 % depuis les pics d'octobre, signe que des capacités s'arrêtent.
EBITDA ajusté déjà négatif au T4 FY2026 : −9,0 M$, contre +44,6 M$ au T1 du même exercice. Le chiffre d'affaires du minage a chuté de 23,9 % en séquentiel (67,2 M$) sur un prix moyen du BTC de 76 476 $ — or le trimestre en cours se déroule à un prix nettement inférieur. Le trimestre clos le 30 juin 2026, publié le 18 août, devrait donc être plus mauvais encore.
Perte nette GAAP de 148,4 M$ sur FY2026 (dont 83,3 M$ sur le seul T4), soit un BPA de −0,66 $. La société précise que ~221,3 M$ sont non monétaires (170,4 M$ d'amortissements, 50,9 M$ d'ajustements divers), mais l'amortissement d'un parc d'ASIC est une charge économiquement réelle : il faudra remplacer ces machines.
Trésorerie extrêmement mince au bilan de clôture. Au 31 mars 2026 : 23,1 M$ de liquidités, 10,8 M$ d'actifs numériques (dont seulement 150 BTC) et 9,7 M$ de placements, soit ~43,6 M$ d'actifs liquides pour une société qui a dépensé plusieurs centaines de millions en capex. HIVE a vendu 331 BTC pour financer l'exercice : contrairement à MARA, CLSK ou IREN, elle ne dispose d'aucun matelas de trésorerie en bitcoins. La reconstitution passe intégralement par les 234 M$ de produit net des obligations, largement pré-affectés.
Besoin de financement hors de proportion avec la taille de la société. La gigafactory de Toronto représente à elle seule un investissement annoncé d'environ 3,5 Md CAD, soit près de cinq fois la capitalisation boursière actuelle. Chaque cluster GPU coûte ~170 M$ selon la direction, avec un acompte typique de 20 %. Le CEO évoque un financement « comme les autres grands projets de centres de données, potentiellement par obligations corporate ou baux avec des hyperscalers » — c'est-à-dire que le financement n'est pas sécurisé.
Dilution structurelle. Les obligations d'avril 2026 sont échangeables à ~2,57 $ par action ; le titre cote 2,65 $, donc dans la monnaie. À 267,4 M d'actions, la conversion des 115 M$ d'avril représenterait ~44,8 M d'actions supplémentaires (+17 %), et celle des 130 M$ de juin ~26,9 M d'actions (+10 %). S'y ajoutent ~3 M de bons de souscription, 2,6 M d'options et 15,1 M de RSU, ainsi qu'un programme ATM actif adossé au prospectus préalable d'octobre 2025. Les capped calls atténuent mais n'éliminent pas la dilution.
Le titre a perdu environ deux tiers de sa valeur en un an (7,84 $ de plus haut à 2,65 $), avec un bêta de 3,70. Keefe Bruyette a abaissé son objectif de 5,00 $ à 4,50 $ le 27 juillet 2026 en maintenant une opinion neutre (Market Perform) — la voix discordante face au consensus optimiste.
Le contrat Cohere n'est pas encore générateur de revenus. Il ne le sera qu'à partir de « fin 2026 – début 2027 », et il n'est ni annulé ni décaissé : HIVE finance l'achat des GPU Grace Blackwell avec le produit des obligations d'avril. Toute concentration sur un client unique (Cohere via Bell) crée par ailleurs un risque de contrepartie significatif.
LOI suédoise non contraignante. Les conditions financières n'ont pas été divulguées et l'accord définitif n'est pas signé. Le risque d'exécution (calendrier de construction, dépassements de capex, prix de l'électricité, retrait du partenaire) reste entier.
Ralentissement du rythme de communication. Le dernier communiqué figurant sur la page « News » de la société date du 30 juin 2026 : six semaines sans annonce, alors que HIVE publiait auparavant des rapports de production mensuels. Les données de production de juillet 2026 ne sont pas publiquement disponibles à la date du présent rapport.
Vente d'initié. Susan McGee, administratrice, a cédé 208 300 actions fin juin 2026.
Frais généraux en forte hausse : 31,4 M$ sur FY2026 contre 16,6 M$ en FY2025 (+89 %), une progression qui pèse d'autant plus que la marge du minage se comprime.
Risque pays au Paraguay. L'ANDE, l'opérateur public monopolistique, a relevé ses tarifs industriels depuis les niveaux historiques de ~0,03 $/kWh sous la pression de l'afflux de mineurs. L'électricité représentant 80 à 90 % du coût de production, toute hausse tarifaire ou décision réglementaire affecte directement 300 des 440 MW de HIVE.
3. Ce que compte faire l'entreprise à court et moyen terme
Court terme (6 à 12 mois — jusqu'à mi-2027)
Publication des résultats du T1 FY2027 le 18 août 2026. C'est le prochain catalyseur immédiat : il donnera la mesure réelle de la compression des marges du minage à un Bitcoin sous 70 000 $.
Aucun capex alloué au minage de Bitcoin. La direction l'a explicitement confirmé lors de la conférence du 2 juin 2026 : la priorité est « d'optimiser l'infrastructure existante pour traverser la volatilité et maximiser les flux de trésorerie ». Le hashrate devrait donc rester autour de 25 EH/s, sans nouvelle expansion — position défensive assumée.
Doubler le parc GPU de ~5 500 à ~11 000 unités d'ici fin 2026, ce qui doit générer « plus de 200 M$ d'ARR de cloud IA » selon le CEO.
Mise en service du cluster GB200 pour Cohere à Merritt entre fin 2026 et début 2027, ajoutant ~70 M$ d'ARR.
Conversion de la LOI de Boden en accord définitif et rétrofit du site de 32 MW pour accueillir jusqu'à 10 000 GB300.
Énergisation d'environ 400 MW de capacité Tier-III au Canada sur 18 mois (Grand Falls 70 MW, Toronto Airport 7 MW, premières tranches de la GTA).
Extension de l'emprise foncière au Paraguay autour de la sous-station de Yguazú, avec l'ambition évoquée de porter la capacité vers un gigawatt et un intérêt exprimé par d'autres grands acteurs de centres de données.
Moyen terme (2027 – 2028)
Objectif affiché de 660 M$ d'ARR d'ici fin 2028, ancré par la gigafactory de 320 MW du Grand Toronto (mise en service ciblée au 2e semestre 2027), dont ~360 M$ proviendraient des 200 MW de charge informatique en colocation.
Structuration du financement de la gigafactory : obligations corporate, financement de projet ou baux longue durée avec des hyperscalers. C'est l'inconnue centrale du dossier.
Positionnement sur l'« IA souveraine » canadienne : alignement explicite sur la stratégie fédérale de souveraineté technologique — connectivité canadienne (Bell), calcul canadien (BUZZ), modèles canadiens (Cohere), serveurs canadiens (Hypertec). 800+ emplois de construction annoncés pour la GTA.
Point de vigilance sur le plan : l'écart entre l'ambition (660 M$ d'ARR, 3,5 Md CAD de capex) et les moyens actuels (708 M$ de capitalisation, 23 M$ de trésorerie au 31 mars, 234 M$ levés depuis) est considérable. Le plan n'est crédible que si HIVE parvient à faire financer la gigafactory hors bilan ou par un preneur ferme de type hyperscaler. À défaut, le projet sera étalé, redimensionné, ou financé par émission d'actions à un cours déprimé.
4. Analyse des derniers rapports financiers
Compte de résultat — exercice clos le 31 mars 2026 (FY2026)
Indicateur (M$)
FY2026
FY2025
Variation
Chiffre d'affaires total
297,8
115,3
+158,3 %
— dont minage de Bitcoin
278,3
105,3
+164 %
— dont HPC / BUZZ
19,5
10,0
+94 %
Marge brute opérationnelle
107,9 (36 %)
25,1 (22 %)
+329 %
Frais généraux (G&A)
31,4
16,6
+89 %
EBITDA ajusté
72,9 (24 % du CA)
n.c.
Positif
Résultat net GAAP
−148,4
−3,0
Dégradation
Trésorerie d'exploitation
62,3
~17,8
×3,5
BTC minés
2 885
1 414
+104 %
Prix moyen du BTC réalisé
98 040 $
75 881 $
+29 %
Le point d'inflexion : le quatrième trimestre
Indicateur (M$)
T4 FY2026 (janv.–mars 2026)
T3 FY2026
T1 FY2026 (avr.–juin 2025)
Chiffre d'affaires
71,8
~93
45,6
— dont minage
67,2
88,3
40,8
— dont HPC
4,6
~4,7
4,8
Marge brute opérationnelle
17,5 (24 %)
n.c.
34,7 %
EBITDA ajusté
−9,0
n.c.
+44,6
Résultat net GAAP
−83,3
n.c.
+35,0
BTC produits
876
~880
406
Prix moyen du BTC
76 476 $
~98 000 $
n.c.
Difficulté moyenne du réseau
140,7 T
111,2 T
n.c.
La lecture est sans ambiguïté : à hashrate constant et record (876 BTC produits, autant qu'au trimestre précédent), la seule chute du prix du Bitcoin a fait basculer l'EBITDA ajusté de +44,6 M$ à −9,0 M$ en trois trimestres. HIVE opère avec un levier opérationnel positif quand le hashprice monte et symétriquement destructeur quand il baisse. Le prix moyen du BTC au trimestre clos le 30 juin 2026 est très probablement inférieur aux 76 476 $ du T4 : le résultat du 18 août devrait donc être encore dégradé.
Bilan, trésorerie et endettement
Poste
Au 31 mars 2026
Après opérations post-clôture
Trésorerie
23,1 M$
+234 M$ nets levés (avril + juin), −15,7 M$ de capped call, moins les acomptes GPU
Actifs numériques
10,8 M$ (150 BTC)
Position quasi nulle — 331 BTC vendus sur l'exercice
Structure de la dette — l'élément protecteur du dossier
Émission
Montant
Coupon
Échéance
Prix d'échange
Plafond capped call
Notes échangeables (21 avril 2026)
115 M$
0 %
2031
~2,57 $
4,92 $
Notes échangeables (30 juin 2026)
130 M$
0 %
1er juillet 2031
~4,83 $
8,5275 $
Total 2026
245 M$
0 %
2031
—
—
Mon avis : progression en valeur et risque de faillite
Risque de faillite à 2–3 ans : faible. C'est le point le plus rassurant du dossier, et il tient presque entièrement à la structure de la dette. Les 245 M$ levés en 2026 portent un coupon de 0 %, ne s'accroissent pas et n'arrivent à échéance qu'en juillet 2031. HIVE n'a donc aucune charge d'intérêts en trésorerie et aucun mur de refinancement avant cinq ans — une situation radicalement plus confortable que celle de mineurs endettés à taux fixe élevé. À cela s'ajoute une trésorerie renflouée à environ 230–250 M$ après les levées, l'absence totale de capex engagé sur le minage, et des actifs corporels réels (440 MW de capacité énergisée, deux sous-stations, un terrain de 25 acres dans le corridor Toronto–Waterloo, un site de 32 MW en Suède) qui offriraient une valeur de récupération substantielle. Même en scénario de minage durablement non rentable, HIVE peut arrêter des machines, réduire ses coûts et tenir plusieurs années.
Progression en valeur : la thèse haussière existe mais elle est désormais entièrement conditionnelle. Le raisonnement favorable est simple : si BUZZ HPC passe de 19,5 M$ de revenus réalisés en FY2026 à un ARR contracté supérieur à 100 M$ dès 2027, avec des marges brutes de ~40 % et des contrats pluriannuels adossés à des contreparties solides (Bell, Cohere, un client souverain suédois investment grade), alors une capitalisation de 708 M$ est objectivement basse — le consensus d'analystes à 7,06 $ implique 166 % de hausse. Le contrat Cohere est réel, signé et chiffré : ce n'est pas une lettre d'intention.
Mais trois obstacles pèsent lourd. Premièrement, le pont à traverser : 93 % du chiffre d'affaires vient d'une activité aujourd'hui au seuil de rentabilité, et les revenus IA ne se matérialiseront pas avant fin 2026 – début 2027. Il y a donc trois à quatre trimestres de résultats probablement médiocres à absorber. Deuxièmement, la dilution : avec un titre à 2,65 $ pour un prix d'échange de 2,57 $ sur la première tranche d'obligations, plus un ATM actif et 20,7 M d'instruments dilutifs classiques, la base d'actions peut croître de 25 à 30 % sans nouvelle émission. Troisièmement, le financement de la gigafactory : 3,5 Md CAD sont annoncés sans solution identifiée. Un projet cinq fois supérieur à la capitalisation de son promoteur n'est finançable qu'avec un partenaire ancre ; s'il n'arrive pas, le pilier central du plan à 660 M$ d'ARR s'effondre.
Comparaison sectorielle. Face à IREN (7,0), CIFR (7,0) ou APLD (7,0), HIVE reste en retrait : ces sociétés ont soit sécurisé des contrats hyperscalers de plusieurs milliards, soit une capacité d'autofinancement supérieure. Face à MARA (5,5) ou BTBT (5,5), HIVE dispose en revanche d'un avantage clair : une dette à coût nul et un carnet HPC contractualisé. Sa position relative est celle d'un dossier de milieu de peloton avec une option de revalorisation forte mais non financée.
5. Note globale : 6,0 / 10
6,0/10
Potentiel réel mais entièrement suspendu à l'exécution du virage IA et au financement de la gigafactory. Risque de faillite faible grâce à une dette à coupon 0 % échéance 2031 ; risque de dilution élevé ; visibilité opérationnelle dégradée par la chute du hashprice.
Critère
Note
Commentaire
Solidité du bilan / risque de faillite
7,5
245 M$ à coupon 0 % échéance 2031, aucun mur de dette, ~230–250 M$ de liquidités post-levées, actifs corporels réels
Rentabilité actuelle
3,5
EBITDA ajusté à −9 M$ au T4, perte nette GAAP de 148,4 M$, T1 FY2027 probablement plus faible encore
Croissance et carnet de commandes
7,5
CA +158 %, ARR HPC contracté > 100 M$, contrat Cohere/Bell de 220 M$ signé
Qualité des actifs et positionnement
7,0
440 MW énergisés en énergie verte, 100 % renouvelable, meilleur ratio BTC/EH-s du secteur, cloud noté au sommet par SemiAnalysis
Risque de dilution
3,5
Obligations dans la monnaie à 2,57 $, ATM actif, 20,7 M d'instruments dilutifs, 3,5 Md CAD de capex non financés
Exposition au cycle Bitcoin
4,0
93 % du CA exposé à un hashprice au seuil de rentabilité ; seulement 150 BTC en trésorerie
Direction et gouvernance
6,5
Exécution opérationnelle démontrée (300 MW en 6 mois, en avance) mais communication très promotionnelle et vente d'initié récente
Note pondérée
6,0
—
Évolution de la note
Date
Note
Élément déterminant
10 juillet 2026
6,5
Annonces de la gigafactory GTA et du contrat Cohere
28 juillet 2026
6,5
245 M$ levés à coupon 0 %, ARR HPC > 100 M$
12 août 2026
6,0
BTC à ~64 000 $ et hashprice à 31,7 $/PH/s/j au seuil de rentabilité ; obligations désormais dans la monnaie ; six semaines sans communiqué
Ce qui ferait monter la note
Un T1 FY2027 (18 août) moins dégradé qu'attendu, ou un EBITDA ajusté redevenu positif
La signature d'un accord définitif à Boden avec des conditions financières chiffrées
Un partenaire ancre ou un financement de projet identifié pour la gigafactory de Toronto
La mise en service anticipée du cluster GB200 pour Cohere et la matérialisation des ~70 M$ d'ARR
Une remontée durable du Bitcoin au-dessus de 90 000 $
Ce qui ferait baisser la note
Un Bitcoin durablement sous 55 000 $, rendant une partie du parc structurellement déficitaire
Une émission d'actions significative via l'ATM à un cours déprimé
Un retard, un redimensionnement ou un abandon du projet GTA
La caducité de la LOI suédoise ou un décalage de la mise en service du cluster Cohere
Une hausse tarifaire de l'ANDE au Paraguay affectant les 300 MW du pays
Ce rapport a été produit à partir de sources publiques et de documents officiels déposés auprès de la SEC et de SEDAR+. Toutes les données financières sont exprimées en dollars américains, conformément aux publications de la société. Aucune donnée n'a été inventée ou extrapolée : lorsqu'une information n'était pas disponible publiquement (notamment la production de bitcoins de juillet 2026 et les résultats du trimestre clos le 30 juin 2026, attendus le 18 août 2026), cela est explicitement indiqué. Ce document constitue une analyse informative et non un conseil en investissement. Je ne suis pas conseiller financier ; les décisions d'investissement relèvent de votre seule appréciation et il est recommandé de consulter un professionnel agréé. Les actions de sociétés exposées au minage de crypto-actifs présentent une volatilité extrême (bêta de 3,70 pour HIVE) et un risque de perte en capital total.