NASDAQ : DGXX · Cboe Canada : DGX · Infrastructure IA / Data centers / Énergie
Rapport du 6 septembre 2026 — Dernier exercice publié : T2 2026 (clos le 30/06/2026), publié le 14/08/2026. Cours de référence : 3,70 $ (4 septembre 2026).
6.5
Note / 10
Profil : croissance spéculative à bilan solide. Le risque de faillite à 2–3 ans est faible : la société n'a aucune dette long terme, dispose d'environ 150 M$ de trésorerie et de 265 M$ de fonds propres. Le potentiel d'appréciation est réel mais entièrement conditionné à l'exécution : 1,1 Md$ de revenus contractés avec Cerebras sur 10 ans, mais un chiffre d'affaires qui n'est encore que de 6,6 M$ par trimestre, un cash-flow libre à −130 M$ sur 12 mois, une dilution de +92 % du nombre d'actions en un an, et un financement bancaire de la phase Alabama toujours non finalisé. Note inchangée par rapport au rapport du 22/08/2026.
6,6 M$
CA T2 2026 (−18 % a/a)
−14,4 M$
Résultat net T2 2026
+3,3 M$
EBITDA ajusté T2 2026
~150 M$
Trésorerie (14/08/2026)
0 $
Dette financière
1,1 Md$
Revenus contractés (10 ans)
378 M$
Capitalisation boursière
−92,5 %
Dilution (actions, 1 an)
1. Ce que fait l'entreprise
Digi Power X Inc. est un opérateur d'infrastructures de calcul pour l'intelligence artificielle, issu de la transformation de Digihost Technology, un mineur de bitcoin coté au Nasdaq et à la Cboe Canada. La société, dirigée par Michel Amar (président-directeur général) et Alec Amar (cofondateur et président), est domiciliée à Toronto avec des bureaux à Miami. Elle est de très petite taille en effectif : 17 salariés selon les données consolidées par S&P Global Market Intelligence.
Le modèle repose sur une intégration verticale « énergie → data center → calcul », organisée en trois segments de revenus :
Colocation et minage résiduel (3,6 M$ au T2 2026) : hébergement de matériel de calcul pour des tiers, plus les dernières activités de minage de cryptomonnaies héritées de Digihost, en cours d'extinction.
Vente d'énergie (1,9 M$ au T2 2026) : revente sur le réseau de l'électricité produite ou réservée par les actifs énergétiques du groupe, notamment dans l'État de New York.
GPU-as-a-Service, plateforme « NeoCloudz » (1,1 M$ au T2 2026) : location de serveurs GPU NVIDIA en bare-metal (accès matériel dédié, sans couche de virtualisation), sur des cartes B200 et B300. C'est le premier revenu de calcul IA jamais généré par la société, issu d'environ cinq semaines d'exploitation.
Le portefeuille d'actifs physiques, revendiqué à environ 400 MW de puissance sécurisée, se répartit sur quatre implantations :
Site
Nature
Capacité
Calendrier annoncé
Columbiana, Alabama
Data center IA Tier III construit sur mesure (site vaisseau amiral)
40 MW de charge IT
Phase 1 (15 MW) en décembre 2026 ; Phase 2 (25 MW) en mars 2027
New York (North Tonawanda / amont de l'État)
Actifs énergétiques et de minage à convertir en data centers IA
n.c.
Transition visée à partir des T3–T4 2027
Caroline du Nord
~40 acres adjacents à un grand poste de commutation électrique — campus IA futur
~75 MW en 2029 + 75 MW en 2030 (plan)
Phase de planification
Virginie-Occidentale
Lettre d'intention sur un actif de production électrique
1,3 GW (opportunité)
Simple évaluation, aucun engagement ferme
La société détient également environ 48 % de US Data Centers Inc. (USDC), une filiale développant une plateforme de data centers IA modulaires, qui a levé des capitaux extérieurs sur une valorisation pré-money de 125 M$ au T2 2026.
À retenir : DGXX n'est plus une société de minage mais n'est pas encore une société d'infrastructure IA à l'échelle. Elle est dans le creux de la vague de sa transformation : les revenus hérités déclinent plus vite que les revenus IA ne montent. L'essentiel de la valeur repose sur des actifs en construction et un contrat qui n'a pas encore commencé à générer de chiffre d'affaires.
2. Avancées et événements des 12 derniers mois
Éléments positifs
Contrat de colocation IA de 1,1 Md$ avec Cerebras Systems (mai 2026). Un accord-cadre de services sur 10 ans portant sur les 40 MW du campus de Columbiana, avec une option d'extension pouvant porter la valeur potentielle totale du contrat à environ 2,5 Md$. Cerebras, concepteur de puces IA, est un contrepartie technologique crédible. C'est de très loin l'événement structurant de l'exercice.
Premier chiffre d'affaires IA au T2 2026. Environ 1,1 M$ de location GPU bare-metal générés en cinq semaines seulement, sur un investissement de ~30 M$ pour 0,6 MW de capacité déployée. La direction met en avant un taux de disponibilité de 100 % depuis mai 2026 sur l'infrastructure B300.
EBITDA ajusté positif. +3,3 M$ au T2 2026 contre +0,1 M$ un an plus tôt — première démonstration que la base opérationnelle peut couvrir ses coûts directs.
Bilan renforcé et désendettement total. La trésorerie est passée de 1,7 M$ (mi-2025) à 78,5 M$ (clôture de l'exercice 2025), puis 125 M$ (mars 2026), 142,4 M$ (30/06/2026) et environ 150 M$ au 14 août 2026, sans aucune dette long terme. La transition vers l'IA a été financée intégralement en fonds propres.
Sécurisation de systèmes NVIDIA Vera Rubin (juin 2026), la génération suivante de plateformes IA, destinée à renforcer NeoCloudz.
Équipements longs délais sécurisés. Selon la mise à jour opérationnelle du 7 juillet 2026, l'ensemble des équipements à long délai d'approvisionnement de la Phase 1 — appareillage électrique et cellules de commutation compris — est acquis, ce qui réduit le principal risque de calendrier.
Achats d'initiés en août 2026. Le PDG Michel Amar a acheté 20 000 actions à 3,60 $ le 19 août, et le président Alec Amar 10 000 actions à 3,86 $ le 20 août, sur le marché. Signal de confiance de la direction après la chute du titre.
Levée de fonds à la filiale USDC sur une valorisation pré-money de 125 M$, offrant une exposition additionnelle à la plateforme modulaire.
Consensus d'analystes favorable : recommandation « Achat », objectif de cours moyen de 8,50 $ (2 analystes suivis), soit environ +130 % par rapport au cours du 4 septembre 2026. Alliance Global Partners avait initié la couverture à l'achat avec un objectif de 3,50 $ (objectif désormais dépassé par le cours historique).
Éléments négatifs, risques et controverses
Action collective (class action) pour nuisances sonores à North Tonawanda (État de New York), déposée en avril 2026. Une plainte a été introduite devant le tribunal fédéral du district ouest de New York au nom de riverains (Sharon Demers, Karen Hance, Mark Polito et autres) concernant le site du 1070 Erie Avenue. Elle allègue une exposition continue à un bruit industriel et à des vibrations basse fréquence provenant des ventilateurs de refroidissement. Le litige n'est pas résolu et pèse sur la réputation locale — un point d'attention réel alors que la société prévoit de convertir ces mêmes sites new-yorkais en data centers IA à partir de 2027.
Dilution massive des actionnaires. Le nombre d'actions en circulation est passé à 102,06 millions, en hausse de +92,5 % sur un an et de +22,6 % sur le seul trimestre. La solidité du bilan a un prix : elle a été payée par les actionnaires existants. Le rendement de rachat est de −92,5 %.
Financement de l'Alabama non finalisé. La direction indique être « en discussions avancées » avec des prêteurs et a mandaté Goldman Sachs pour syndiquer la dette. Aucun accord n'est signé à ce jour. La société précise elle-même dans ses avertissements que le déploiement de la Phase 2 est conditionné à l'obtention d'un financement adéquat, sans garantie qu'il soit obtenu aux conditions envisagées ni qu'il le soit.
Chiffre d'affaires en recul, pas en croissance. 6,63 M$ au T2 2026 contre 8,11 M$ au T2 2025 (−18 %). Sur 12 mois glissants : 31,40 M$ contre 32,20 M$. L'exercice 2025 avait déjà reculé de 8 % à 34,2 M$.
Perte nette qui s'aggrave. −14,36 M$ au T2 2026 contre −10,39 M$ au T2 2025 (+38 %). L'EBITDA ajusté positif de 3,3 M$ n'est atteint qu'après retraitement de 5,8 M$ de rémunération en actions, 2,8 M$ de réévaluation de cryptoactifs et 5,0 M$ de perte de juste valeur sur bons de souscription — soit 13,6 M$ d'ajustements pour un résultat net de −14,4 M$.
Marge brute quasi nulle : 2,53 % sur 12 mois glissants (794 515 $ de marge brute pour 31,40 M$ de revenus). Le socle opérationnel actuel ne dégage pratiquement aucune marge.
Performance boursière dégradée. Le titre a perdu environ 45 % sur 90 jours à la mi-août 2026 et cotait 3,70 $ le 4 septembre, sous ses moyennes mobiles à 50 jours (4,07 $) et 200 jours (3,92 $). La progression sur 52 semaines reste positive (+66,7 %), mais la tendance récente est nettement baissière. Le bêta à 5 ans est de 6,19 — une volatilité six fois supérieure au marché.
Vente à découvert en hausse : 5,38 millions de titres vendus à découvert (5,27 % du capital, 5,74 % du flottant), en progression par rapport aux 5,04 millions du mois précédent.
Critiques publiques sur la crédibilité du récit. Des commentateurs financiers indépendants ont publiquement qualifié la communication de la société de valorisation de la promesse plutôt que de l'exécution. Ces critiques ne sont pas des rapports de recherche audités et ne constituent pas une allégation prouvée, mais elles reflètent un scepticisme de marché à ne pas ignorer.
Litige avec H.C. Wainwright ayant donné lieu à un accord transactionnel (840 000 $ plus bons de souscription) — dossier antérieur, désormais réglé, mais indicatif d'un historique contentieux.
Piotroski F-Score de 2 sur 9, indiquant une qualité fondamentale faible sur les critères de rentabilité, d'endettement/liquidité et d'efficacité opérationnelle.
La tension centrale du dossier : la société annonce 1,1 Md$ de revenus contractés et un objectif de 250–300 M$ de rythme annualisé pour le T3 2027, alors qu'elle réalise aujourd'hui 26 M$ de rythme annualisé avec une marge brute de 2,5 %. L'écart doit être comblé par des investissements financés à crédit — un crédit qui n'est pas encore obtenu. Comme le résume le président Alec Amar lui-même : « dans ce métier, on vous évalue sur ce que vous avez livré, pas sur ce que vous avez annoncé ».
3. Ce que l'entreprise compte faire à court et moyen terme
Court terme (T3 2026 – T1 2027)
Livrer la Phase 1 de Columbiana en décembre 2026 (15 MW de charge IT). C'est le jalon décisif : il déclenche le démarrage du contrat Cerebras et établit le premier historique d'exploitation crédible pour les prêteurs de projet et les clients hyperscale.
Finaliser le financement par dette du data center Alabama, avec Goldman Sachs comme arrangeur de la syndication.
Livrer la Phase 2 (25 MW) en mars 2027, sous réserve expresse de l'obtention de ce financement.
Croissance séquentielle du chiffre d'affaires : la direction attend un T3 2026 « significativement supérieur » au T2 2026, la montée en puissance devant devenir « de plus en plus visible » au second semestre 2026.
Ouverture d'un bureau en Silicon Valley au T3 2026 pour héberger l'équipe d'ingénierie dédiée à l'activité GPU-as-a-Service (MLOps, kernels IA, réseau GPU), sous la direction du CTO Jagan Jeyapaul.
Moyen terme (2027 – 2030)
Objectif de 250 à 300 M$ de revenus annualisés d'ici le T3 2027, décomposé en : ~140 M$ de rythme annualisé contracté (sur la base des contrats et déploiements planifiés), plus le complément issu de ~40 MW de capacité de colocation additionnelle et ~10 MW de capacité GPU bare-metal supplémentaire. La société qualifie explicitement cet objectif de cible et non de guidance formelle.
Extension de la plateforme NeoCloudz d'environ 10 MW en 2027, en s'appuyant sur la performance de la première tranche de 0,6 MW et sur les systèmes NVIDIA Vera Rubin sécurisés.
Conversion des sites de l'État de New York en data centers IA à partir des T3–T4 2027. La société indique avoir reçu des assurances sur le statut de droits acquis de ses opérations existantes.
Développement du campus de Caroline du Nord : ~75 MW en 2029, puis ~75 MW supplémentaires en 2030.
Évaluation de l'opportunité de 1,3 GW en Virginie-Occidentale, au stade de la lettre d'intention, sans structure d'investissement arrêtée.
Activation éventuelle de l'option Cerebras, qui porterait la valeur potentielle du contrat de 1,1 Md$ à environ 2,5 Md$.
Lecture : le plan est cohérent et séquencé, mais chaque étape dépend de la précédente et l'ensemble dépend d'un accès au capital. La feuille de route 2029–2030 (Caroline du Nord, Virginie-Occidentale) est trop lointaine et trop peu engagée pour peser dans une valorisation à 2–3 ans ; elle relève de l'option gratuite.
4. Analyse financière : progression de la valeur et risque de faillite
Compte de résultat
Indicateur
T2 2026
T2 2025
12 mois glissants
Exercice 2025
Chiffre d'affaires
6,63 M$
8,11 M$
31,40 M$
34,2 M$
Résultat net
−14,36 M$
−10,39 M$
−36,03 M$
−28,4 M$
EBITDA ajusté
+3,3 M$
+0,1 M$
n.c.
n.c.
EBITDA (comptable)
−10,2 M$
n.c.
−22,74 M$
n.c.
Résultat par action (base)
−0,17 $
−0,28 $
−0,56 $
n.c.
Marge brute
n.c.
n.c.
2,53 %
n.c.
Marge nette
−216 %
−128 %
−114,8 %
n.c.
La lecture est sans ambiguïté : l'activité rétrécit en chiffre d'affaires et se détériore en résultat net, tandis que l'EBITDA ajusté s'améliore. Ce dernier n'est toutefois positif que grâce à 13,6 M$ de retraitements non-cash — dont 5,8 M$ de rémunération en actions, qui est une charge réelle pour les actionnaires puisqu'elle les dilue. Le seul point d'inflexion authentique est le 1,1 M$ de revenu GPU : rapporté à 30 M$ investis sur cinq semaines, il correspond à une densité de revenu élevée si le taux d'utilisation se maintient.
Bilan et trésorerie
Poste (au 30/06/2026 sauf mention)
Montant
Trésorerie et équivalents
142,4 M$ (≈150 M$ au 14/08/2026)
Dette financière totale
0 $
Trésorerie nette
128,1 M$ (1,26 $/action)
Immobilisations corporelles nettes + actifs long terme
127,5 M$
Total de l'actif
279,6 M$
Capitaux propres
265,0 M$ (2,67 $/action)
Fonds de roulement
131,8 M$
Ratio de liquidité générale (current ratio)
11,25
Ratio de liquidité réduite (quick ratio)
10,10
Score Altman Z
9,54 (zone de sécurité)
Score Piotroski F
2 / 9 (qualité faible)
Évolution de la trésorerie — le point critique
Date
Trésorerie
Commentaire
Mi-2025
1,7 M$
Société de minage sous-capitalisée
31/03/2026 (clôture exercice 2025)
78,5 M$
Après levées en fonds propres
T1 2026 (mai 2026)
≈125 M$
45 M$ déjà déployés en Alabama
03/07/2026
≈155 M$
≈95 M$ déployés en Alabama depuis le début de l'année
30/06/2026
142,4 M$
Chiffre comptable audité du bilan trimestriel
14/08/2026
≈150 M$
≈110 M$ d'investissements et acomptes sur équipements depuis janvier
Consommation de trésorerie sur 12 mois glissants : flux de trésorerie d'exploitation de −17,84 M$, investissements de −112,05 M$, soit un cash-flow libre de −129,89 M$ (−1,27 $ par action). La trésorerie ne s'est maintenue et n'a progressé que parce que la société a émis massivement des actions. Sans nouvelle levée ni dette de projet, les ~150 M$ actuels couvrent environ 12 à 14 mois au rythme de dépenses de 2026 — ce qui recouvre précisément la période de livraison de la Phase 1 mais laisse peu de marge pour la Phase 2.
Valorisation
Multiple
Valeur
Lecture
Capitalisation boursière
377,6 M$
Micro-capitalisation
Valeur d'entreprise
249,5 M$
Trésorerie nette de 128 M$ déduite
P/S (12 mois)
12,09
Élevé pour une activité à 2,5 % de marge brute
P/S prospectif
4,15
Raisonnable si les objectifs 2027 se réalisent
VE / CA
8,01
—
P/B
1,39
Le marché ne paie que 1,4× les fonds propres — plancher de valorisation relativement protecteur
ROE / ROIC
−24,7 % / −31,8 %
Destruction de valeur en l'état actuel
Objectif de cours consensus
8,50 $
2 analystes seulement — échantillon très étroit
Avis : la société progresse-t-elle en valeur ?
En valeur intrinsèque comptable : oui, nettement. En douze mois, la société est passée de 1,7 M$ de trésorerie et d'un modèle de minage en déclin à 265 M$ de fonds propres, zéro dette, 400 MW de puissance sécurisée et un contrat client de 1,1 Md$. C'est une transformation de bilan réussie et rare pour une société de cette taille.
En valeur par action : beaucoup moins. La quasi-totalité de cette progression a été financée par émission d'actions. Le nombre de titres a presque doublé en un an. La valeur comptable par action ressort à 2,67 $ pour un cours de 3,70 $ : le marché ne valorise l'ensemble des actifs opérationnels, des contrats et de la trajectoire IA qu'à environ 1,03 $ par action au-delà des fonds propres. C'est soit une opportunité si l'exécution suit, soit un jugement de marché lucide sur la probabilité d'exécution.
Risque de faillite
Risque de faillite à 2–3 ans : faible. Les arguments sont solides et convergents : aucune dette financière, donc aucun risque de défaut de paiement ni de covenant ; 150 M$ de trésorerie contre une capitalisation de 378 M$ ; un ratio de liquidité générale de 11,25 ; un score Altman Z de 9,54, très au-dessus du seuil de détresse (1,8) ; et 127,5 M$ d'actifs corporels tangibles. Même dans un scénario où le contrat Cerebras échouerait, la société disposerait d'actifs énergétiques et fonciers valorisables.
Le vrai risque n'est pas la faillite mais la dilution. Le scénario défavorable réaliste n'est pas la liquidation : c'est un retard de la Phase 1, un financement bancaire qui ne se conclut pas ou se conclut à des conditions dures, et une nouvelle levée de fonds propres à un cours déprimé. Après +92 % de dilution en un an, une répétition de ce schéma détruirait la valeur par action même si l'entreprise, elle, continuait de croître. Deuxième risque : une concentration client extrême — l'essentiel de la thèse repose sur un seul contrat, avec une seule contrepartie, Cerebras. Troisième risque : le cycle de l'infrastructure IA lui-même, où DGXX affronte des concurrents (IREN, Applied Digital, Cipher, Core Scientific, CoreWeave, Nebius) infiniment mieux capitalisés.
5. Note globale
6.5
Note / 10
Note maintenue à 6,5 / 10 (identique au rapport du 22/08/2026).
Ce qui soutient la note
Aucune dette : risque de défaut quasi nul à l'horizon 2–3 ans
~150 M$ de trésorerie pour 378 M$ de capitalisation
Contrat Cerebras de 1,1 Md$ sur 10 ans, extensible à 2,5 Md$
Premier revenu IA réel, avec 100 % de disponibilité depuis mai 2026
Équipements longs délais de la Phase 1 sécurisés
EBITDA ajusté positif pour la première fois
Achats d'initiés du PDG et du président en août 2026
P/B de 1,39 : plancher de valorisation relativement protecteur
Altman Z de 9,54, fonds de roulement de 132 M$
Ce qui plafonne la note
Dilution de +92,5 % du nombre d'actions en un an
Cash-flow libre de −130 M$ sur 12 mois
Chiffre d'affaires en recul (−18 % au T2 en glissement annuel)
Marge brute de 2,53 % sur l'activité actuelle
Financement de l'Alabama non conclu ; Phase 2 explicitement conditionnée
Concentration extrême sur un client unique (Cerebras)
Action collective en cours pour nuisances sonores dans l'État de New York
Bêta de 6,19 ; titre en baisse d'environ 45 % sur 90 jours à la mi-août
Piotroski F-Score de 2/9 ; 17 salariés pour un plan à 400 MW
Objectif 2027 présenté comme une cible, non comme une guidance
Justification de la note
La note de 6,5 correspond à un dossier dont le risque de survie est faible mais dont le potentiel d'appréciation est binaire. Une note supérieure à 7 exigerait au minimum la signature du financement Alabama et la confirmation du calendrier de décembre 2026 ; une note inférieure à 6 supposerait une détérioration du bilan ou un signal négatif sur le contrat Cerebras — ni l'un ni l'autre n'est observé aujourd'hui.
Sur un horizon de 2 à 3 ans, trois scénarios se dessinent :
Scénario favorable (probabilité modérée) : Phase 1 livrée en décembre 2026, financement bancaire obtenu, Phase 2 en mars 2027, rythme annualisé approchant 250 M$ fin 2027. Dans ce cas, un multiple P/S prospectif de 4 sur 250 M$ de revenus justifierait une capitalisation de l'ordre du milliard de dollars — un potentiel très significatif depuis 378 M$, compatible avec l'objectif consensus de 8,50 $.
Scénario médian (le plus probable) : retard de un à deux trimestres sur les phases, financement obtenu mais dilutif ou coûteux, objectif 2027 atteint avec un an de décalage. Progression du cours modérée, ponctuée d'une forte volatilité.
Scénario défavorable : financement non obtenu, Phase 2 reportée sine die, nouvelle levée en fonds propres à un cours bas. Le titre resterait ancré autour de sa valeur comptable (2,67 $/action, elle-même diluée), sans faillite mais avec une valeur par action durablement érodée.
Point de suivi prioritaire pour le prochain rapport : l'annonce du bouclage (ou de l'échec) du financement par dette de Columbiana syndiqué par Goldman Sachs, et la publication des résultats du T3 2026 — que la direction annonce en hausse « significative ». Ces deux éléments détermineront directement la révision de la note.
Avertissement : ce document est une synthèse d'informations publiques à visée d'aide à la décision. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d'achat ou de vente. Aucune donnée n'a été inventée : tous les chiffres proviennent des sources listées ci-dessous. L'auteur de ce rapport n'est pas conseiller financier agréé. Digi Power X précise elle-même que la négociation de ses titres doit être considérée comme hautement spéculative.
Simply Wall St (via Webull) — Digi Power X (DGXX) Stock Slides As AI Buildout Hinges On Funding, 16/08/2026 (analyse haussière et baissière) : https://www.webull.com/news/15410137789539328