Analyse financière — CleanSpark, Inc. (Nasdaq : CLSK)
Rapport généré le 11 septembre 2026 | Devise : USD | Secteur : Data centers / Minage de bitcoin & infrastructure IA | Siège : Henderson & Las Vegas, Nevada | Cours de référence : ~13,8 $ (11/09/2026, 12,80 $ en clôture le 10/09) | Capitalisation : ~3,3–3,6 Md$ | 256,8 M d'actions en circulation (30/06/2026)
6,5 / 10
Note globale : 6,5 / 10(précédente : 6,5 / 10 le 26/08/2026 — note maintenue) Risque de faillite faible à horizon 2–3 ans : la totalité de la dette (~1,80 Md$) est constituée d'obligations convertibles à coupon zéro, dont aucune n'arrive à échéance avant juin 2030. La dette courante ne représente que 2,4 M$ face à 202,6 M$ de trésorerie et 814,9 M$ de bitcoins, soit un fonds de roulement de 761 M$. La charge d'intérêts trimestrielle n'est que de 2,0 M$. Note maintenue : deux forces qui s'annulent. Côté positif, la transformation en opérateur de data centers IA se concrétise — bail de 6,6 Md$ sur 20 ans signé à Sandersville (Géorgie) avec un locataire technologique investment grade, quote-part en fonds propres déjà financée, équipements longs délais prépayés, et classification conditionnelle ERCOT obtenue le 8 septembre pour 885 MW au Texas. Côté négatif, l'économie du minage s'est effondrée : chiffre d'affaires en recul de 30,5 % sur un an, perte nette de 996,9 M$ sur neuf mois, capitaux propres divisés par près de trois (2,18 Md$ → 0,76 Md$), et un besoin de financement de projet de 1,75 à 2,1 Md$ encore non sécurisé.
Le dossier n'est plus un dossier de minage : c'est un pari sur la capacité à convertir 1,8 GW de puissance sous contrat en baux IA long terme avant que le minage ne détruise trop de valeur comptable.
Ce qui a changé depuis le rapport du 26 août 2026
Classification conditionnelle ERCOT « Batch Zero » obtenue (8 septembre 2026) — événement le plus important de la période. ERCOT a notifié 585 MW en désignation baseload (285 MW à Sealy + 300 MW à Brazoria) et 300 MW en studied load (extension de Brazoria), soit les 885 MW du portefeuille texan. Cette classification fait avancer les deux sites dans le processus d'interconnexion mais n'autorise pas la mise sous tension et reste soumise à l'audit de vérification d'ERCOT.
Point d'exploitation d'août 2026 : 593 BTC produits (19,12 BTC/jour en moyenne, pic à 20,40), 4 903 BTC produits depuis le 1er janvier 2026, hashrate opérationnel maintenu à 50 EH/s (38,3 EH/s en moyenne), 201 269 machines déployées, efficacité de pointe 16,07 J/Th, 808 MW utilisés sur 1,8 GW sous contrat.
Trésorerie bitcoin en repli : 13 931 BTC au 31/07 → 13 703 BTC au 31/08. La société a cédé 821 BTC sur le mois (77 au comptant, 500 sur exercices de calls, 244 dans un basis trade delta-neutre) à un prix moyen de 65 420 $/BTC. Sur ces 13 703 BTC, 3 951 sont nantis ou en créance au titre de transactions dérivées.
Marché : le bitcoin a reculé sous 78 000 $ (77 666 $ le 11/09 en séance, ouverture à 76 536 $, soit −2,2 % sur 24 h), dans un contexte de données d'inflation attendues. Le titre CLSK a rebondi de +9,8 % le 3 septembre dans le sillage du bitcoin (~80 970 $ ce jour-là), puis a reperdu du terrain (−1,45 % le 9/09, −3,6 % le 10/09 à 12,80 $).
Activité d'initiés : cinq déclarations Form 4 déposées les 9 et 10 septembre 2026. La presse spécialisée relève des ventes d'initiés comme facteur d'attention des traders sur la période.
Aucune publication financière nouvelle : les derniers comptes restent ceux du T3 de l'exercice 2026 (clos le 30 juin, publiés le 6 août). L'exercice fiscal de CleanSpark se termine le 30 septembre : les résultats annuels FY2026 seront publiés vers décembre 2026.
1. Ce que fait l'entreprise
CleanSpark, Inc. est une société américaine cotée au Nasdaq qui se présente désormais comme un « market-leading data center developer » — un développeur de data centers — et non plus comme un simple mineur de bitcoin. Elle est dirigée par Matt Schultz, cofondateur en 2014, redevenu PDG et président du conseil en août 2025 après la démission de Zachary Bradford, et par Gary Vecchiarelli, président et directeur financier. Le siège opérationnel est au Nevada (Henderson / Las Vegas).
Le modèle : monétiser de l'électricité bon marché sous forme de calcul
CleanSpark contrôle un portefeuille de plus de 1,8 GW de puissance électrique, de foncier et de data centers aux États-Unis, principalement en Géorgie, dans le Tennessee, le Mississippi, le Wyoming et au Texas. Seuls 808 MW étaient effectivement utilisés en août 2026 : environ 55 % de la capacité sous contrat reste donc à commercialiser, ce qui constitue le cœur de l'optionalité du dossier.
Ligne d'activité
Description
État en septembre 2026
Minage de bitcoin
Exploitation d'un parc de 201 269 machines ASIC, hashrate opérationnel de 50 EH/s, efficacité de pointe 16,07 J/Th. Coût de l'électricité d'environ 0,053 $/kWh, parmi les plus bas du secteur coté.
Seule source de revenus aujourd'hui : 100 % du chiffre d'affaires (138,0 M$ au T3 FY2026)
Location d'infrastructure IA/HPC
Développement de campus de data centers loués à des tiers en triple net. Premier contrat signé : Sandersville (Géorgie), 175 MW de charge IT critique.
0 $ de revenus à ce jour — premières livraisons attendues au T4 2027
Gestion de trésorerie bitcoin
Détention de 13 703 BTC, dont 3 951 nantis/en créance sur dérivés. Vente de calls couverts, basis trades delta-neutres, lignes de crédit adossées au bitcoin.
Source de liquidité complémentaire, mais principal facteur de volatilité du résultat net
Le portefeuille d'actifs
Sandersville (Géorgie) — campus phare, objet du bail de 6,6 Md$ ; 175 MW de charge IT critique à livrer à partir du T4 2027. Construction en cours.
Washington (Géorgie) — 86 MW bruts (64 MW nets) déjà énergisés, avec un potentiel d'extension estimé par KBW à environ 500 MW bruts supplémentaires. Site « énergisé », donc immédiatement commercialisable.
Texas : Sealy et Brazoria — 718 acres, jusqu'à 885 MW de capacité sécurisée et planifiée (271 acres / ~300 MW à Sealy, 447 acres à Brazoria). Sous lettre d'intention et exclusivité au profit du locataire de Sandersville.
Autres sites de minage — Géorgie (Dalton, College Park, Norcross…), Mississippi, Tennessee, Wyoming.
Concurrence / comparables : IREN, Core Scientific, Cipher Digital (CIFR), Riot Platforms, TeraWulf (WULF), Hut 8, Galaxy Digital, Applied Digital (APLD), MARA Holdings, Bitdeer (BTDR). Tous convertissent leur capacité de minage en capacité IA/HPC ; la course porte désormais sur la qualité du crédit des locataires et la rapidité d'accès à la puissance électrique.
2. Avancées sur les 12 derniers mois (septembre 2025 → septembre 2026)
Aspects positifs
Bail de 6,6 Md$ sur 20 ans à Sandersville (14 juillet 2026) — l'événement transformationnel de l'exercice. Bail triple net avec un « high-investment grade global technology company » non nommée, portant sur 175 MW de charge IT critique, avec indexation annuelle du loyer et deux options d'extension de 5 ans portant le contrat potentiel à 11,6 Md$. CleanSpark estime la contribution moyenne au résultat opérationnel net à environ 330 M$ par an. Le titre avait bondi de +8,8 % à l'annonce.
Exclusivité du même locataire sur tout le portefeuille texan : lettre d'intention couvrant les 885 MW de Sealy et Brazoria, soit un potentiel de contrats plusieurs fois supérieur à Sandersville. KBW estime que le marché ne valorise que 16 % (≈ 97 MW nets) de cette opportunité de ~610 MW.
Classification conditionnelle ERCOT obtenue (8 septembre 2026) : 585 MW en baseload et 300 MW en studied load, « comme attendu » selon la direction, malgré le gel décrété par le gouverneur Abbott le 3 août sur tous les projets de data centers en cours d'interconnexion.
Financement en fonds propres de Sandersville déjà bouclé et équipements à long délai d'approvisionnement intégralement commandés et prépayés pour tenir la date de mise en service. La direction indique ne pas prévoir d'émission d'actions ou d'instruments dilutifs pour ce projet.
Levée de 1,15 Md$ d'obligations convertibles à coupon zéro échéance 2032 (novembre 2025, opération relevée depuis 1,0 Md$), soit ~1,13 Md$ nets. Structure très favorable : aucun intérêt à payer, pas d'échéance avant 2030.
Rachats d'actions massifs et relutifs : ~460 M$ utilisés pour racheter 30,6 millions d'actions (~10,9 % du capital) auprès des souscripteurs des convertibles, s'ajoutant aux 145 M$ de décembre 2024. Au 30/06/2026, l'autocontrôle atteint 42,4 millions d'actions pour 608 M$, et les actions en circulation sont tombées de 284,3 M à 256,8 M en neuf mois (−9,7 %).
Excellence opérationnelle maintenue : hashrate opérationnel porté et stabilisé à 50 EH/s, efficacité de pointe de 16,07 J/Th, coût électrique de 0,053 $/kWh (sous l'estimation de 0,055 $ de KBW), marge brute à 38,1 % contre 34,2 % attendus par le même analyste.
Trésorerie renforcée : 42,97 M$ au 30/09/2025 → 202,6 M$ au 30/06/2026 (×4,7), et extinction quasi totale de la dette courante (176,6 M$ → 2,4 M$).
Soutien des analystes : KBW maintient une recommandation Outperform avec un objectif de 25 $ (au 7 août, soit +96 % sur le cours de 12,75 $). Le consensus des objectifs se situe vers 21 $, soit environ 36–40 % au-dessus du cours actuel.
Aspects négatifs et risques émergents
Effondrement de la rentabilité du minage : chiffre d'affaires du T3 FY2026 à 138,0 M$, en recul de 60,6 M$ (−30,5 %) sur un an, alors même que le hashrate a augmenté. Sur neuf mois : 455,6 M$ contre 542,7 M$ (−16,0 %). Le hashprice reste proche de ses plus bas cycliques.
Perte nette de 996,9 M$ sur neuf mois (dont −239,8 M$ au seul T3), contre un bénéfice de 365,4 M$ un an plus tôt. Le déficit cumulé passe de 125,9 M$ à 1 152,8 M$.
Destruction de capitaux propres : 2 175,1 M$ au 30/09/2025 → 761,3 M$ au 30/06/2026, soit −65 % en neuf mois. Une partie vient des rachats d'actions (choix délibéré), mais l'essentiel des pertes latentes sur bitcoin.
Explosion de l'endettement : total des dettes de 1 008,5 M$ à 1 940,9 M$ ; dette long terme de 644,6 M$ à 1 780,0 M$. Le ratio dettes / actifs passe de 32 % à 72 %.
Amortissements écrasants : 111,0 M$ au T3 et 333,2 M$ sur neuf mois, soit 73 % du chiffre d'affaires de la période. Même à hashprice normalisé, le modèle du minage a du mal à couvrir la dépréciation des ASIC.
Volatilité comptable extrême liée au bitcoin : perte de juste valeur de 587,2 M$ sur neuf mois (116,3 M$ au T3) et perte sur collatéral bitcoin de 159,0 M$ (16,5 M$ au T3). L'EBITDA ajusté publié (−113,0 M$ au T3) inclut ces éléments non décaissés ; retraité, KBW calcule un EBITDA d'environ +13,9 M$, très loin des 377,7 M$ du T3 FY2025.
Financement de projet de 1,75–2,1 Md$ non sécurisé — le risque binaire central. CleanSpark vise un loan-to-cost supérieur à 90 % en dette de projet, sans avoir communiqué ni le montant de sa quote-part en fonds propres ni la structure de dette envisagée. La presse spécialisée a relevé que le bail a été signé avant que le financement soit bouclé.
Incertitude réglementaire au Texas : le gouverneur Abbott a ordonné le 3 août 2026 un audit exhaustif de tous les projets de data centers en interconnexion ERCOT — aucun projet ne peut avancer avant la fin de son audit. ERCOT examinerait plus de 474 GW de demandes, soit plus de cinq fois le pic historique du réseau. Les classifications de CleanSpark restent conditionnelles et ne valent pas autorisation de mise sous tension.
Opposition locale aux projets : en août 2026, des dizaines d'habitants du comté d'Austin (Texas) ont manifesté contre le data center projeté à Sealy (eau, bruit, pollution lumineuse, environnement). En Géorgie, des élus ont publiquement dénoncé le bruit des fermes de minage. En mars 2026, CleanSpark a dû fermer un site de 25 MW dans le Tennessee (hérité de l'acquisition de GRIID) en exécution d'un accord transactionnel avec des riverains engagé depuis 2021.
Concentration extrême sur un locataire unique, non identifié publiquement, pour l'intégralité du carnet de commandes IA — et exclusivité consentie à ce même acteur sur le Texas.
Vente de bitcoins à prix dégradé : 821 BTC cédés en août à un prix moyen de 65 420 $, soit nettement sous le cours au comptant du mois — conséquence mécanique des exercices de calls vendus (500 BTC sur 821).
Litiges et charges exceptionnelles : 3,3 M$ de frais de contentieux et transactions sur neuf mois, 6,4 M$ de charges de fiscalité indirecte provisionnées, et 5,4 M$ de dépréciation. À noter également une action collective en valeurs mobilières héritée de 2021 (période décembre 2020 – janvier 2021, rapport Culper Research), qui avait survécu à une requête en irrecevabilité en janvier 2023.
Parcours boursier lourd : plus haut à 23,61 $ et plus bas à 8,00 $ sur 52 semaines ; à ~13,8 $, le titre reste 41 % sous son plus haut annuel.
3. Ce que l'entreprise compte faire à court et moyen terme
La stratégie annoncée tient en une phrase du PDG Matt Schultz : « poursuivre notre évolution stratégique vers une plateforme d'infrastructure numérique diversifiée ». Concrètement, il s'agit de transformer un parc de minage en portefeuille immobilier de data centers loués à des contreparties investment grade, tout en conservant le minage comme utilisateur de dernier recours de la puissance non commercialisée.
Court terme (jusqu'à fin 2027)
Boucler le financement de projet de Sandersville : 1,75 à 2,1 Md$ sur la base d'un coût de 10 à 12 M$ par MW de charge IT critique, avec un objectif de loan-to-cost supérieur à 90 % en dette de projet. La quote-part en fonds propres est déjà financée et la direction exclut toute émission d'actions ou d'instruments assimilés pour ce projet.
Construire et livrer Sandersville : les 175 MW de charge IT critique doivent commencer à être livrés au quatrième trimestre 2027. Tous les équipements à long délai d'approvisionnement ont déjà été commandés et prépayés pour sécuriser ce calendrier.
Faire aboutir le processus texan : satisfaire l'audit ERCOT/PUCT issu de la directive Abbott, convertir les classifications conditionnelles (585 MW baseload + 300 MW studied load) en autorisations fermes d'énergisation, puis transformer la lettre d'intention du locataire en baux signés sur Sealy et Brazoria.
Commercialiser les sites déjà énergisés : KBW relève que l'intérêt des locataires se porte sur les actifs non texans immédiatement disponibles, en particulier Washington (Géorgie), 86 MW bruts énergisés avec un potentiel d'environ 500 MW bruts supplémentaires.
Piloter le minage en mode « gestion de trésorerie » : maintenir 50 EH/s, monétiser la production par ventes au comptant, ventes de calls couverts et basis trades delta-neutres plutôt que par accumulation pure — c'est ainsi que l'exploitation s'autofinance malgré un hashprice déprimé.
Publication des comptes annuels FY2026 attendue vers décembre 2026 (exercice clos le 30 septembre).
Moyen terme (2028–2030)
Basculer le mix de revenus vers le loyer récurrent : à pleine charge, Sandersville seul doit apporter environ 330 M$ de résultat opérationnel net annuel, à comparer à un chiffre d'affaires de minage annualisé d'environ 552 M$ à marge brute d'environ 38 %. Le contrat est indexé et porte sur 20 ans fermes, extensible à 30 ans (11,6 Md$).
Acquérir de nouveaux actifs de puissance : la direction évoque explicitement « l'acquisition d'infrastructures scalables pour renforcer notre portefeuille ».
Gérer le mur d'échéances de 2030–2032 : 650 M$ de convertibles à coupon zéro arrivant à échéance le 15 juin 2030, puis 1,15 Md$ en 2032. Si le cours reste très inférieur aux prix de conversion, ces souches devront être refinancées ou remboursées en numéraire — d'où l'importance de disposer, d'ici là, de flux de loyers contractuels bancables.
4. Analyse des derniers rapports financiers
Source : communiqué et états financiers consolidés condensés du T3 de l'exercice fiscal 2026 (trimestre clos le 30 juin 2026), publiés le 6 août 2026. L'exercice de CleanSpark court du 1er octobre au 30 septembre.
Compte de résultat
En milliers de $
T3 FY2026
T3 FY2025
Variation
9 mois FY2026
9 mois FY2025
Chiffre d'affaires (minage)
138 006
198 644
−30,5 %
455 594
542 662
Coût des revenus (hors D&A)
85 480
90 128
−5,2 %
262 792
245 842
Masse salariale
27 807
16 398
+69,6 %
76 514
52 522
Frais généraux & administratifs
18 298
16 566
+10,5 %
49 845
38 356
Honoraires professionnels
7 108
3 004
+136,6 %
22 166
9 872
Perte (gain) juste valeur bitcoin
116 250
(268 651)
—
587 189
(359 190)
Dotations aux amortissements
111 037
94 880
+17,0 %
333 229
240 010
Résultat opérationnel
(232 399)
246 163
—
(894 632)
318 115
Perte sur collatéral bitcoin
(16 506)
31 354
—
(158 964)
73 847
Charge d'intérêts
(2 040)
(3 454)
−40,9 %
(7 790)
(6 280)
Résultat net
(239 842)
257 390
—
(996 896)
365 389
Résultat par action (base)
(0,89 $)
0,90 $
—
(3,77 $)
1,26 $
EBITDA ajusté (mesure société)
(112 965)
377 701
—
(649 582)
641 560
Lecture critique de l'EBITDA ajusté. CleanSpark précise explicitement que son EBITDA ajusté n'exclut pas les variations de juste valeur du bitcoin ni les pertes sur collatéral. En retirant ces deux éléments purement comptables et non décaissés (116,3 M$ + 16,5 M$ au T3), l'EBITDA « cash » redevient légèrement positif. KBW l'estime à +13,9 M$, contre un consensus qui anticipait une perte de 2,3 M$. Autrement dit : l'exploitation courante ne consomme pas de trésorerie, mais elle n'en dégage quasiment plus non plus, alors qu'elle générait près de 380 M$ d'EBITDA un an plus tôt.
Bilan au 30 juin 2026
En milliers de $
30/06/2026
30/09/2025
Variation
Trésorerie et équivalents
202 601
42 966
+371,5 %
Bitcoin — courant
592 058
966 829
−38,8 %
Créance sur collatéral bitcoin
100 607
294 648
−65,9 %
Bitcoin — non courant
122 235
222 614
−45,1 %
Valeur totale « HODL »
814 900
1 484 091
−45,1 %
Immobilisations nettes
1 335 102
1 363 681
−2,1 %
Total actif
2 702 199
3 183 631
−15,1 %
Passif courant
155 752
315 765
−50,7 %
dont dette à court terme
2 353
176 570
−98,7 %
Dette long terme nette
1 780 011
644 586
+176,1 %
Total passif
1 940 916
1 008 504
+92,5 %
Capitaux propres
761 283
2 175 127
−65,0 %
Déficit cumulé
(1 152 790)
(125 894)
—
Autocontrôle (42,4 M actions)
(608 161)
(145 000)
—
Actions en circulation
256 796 280
284 327 598
−9,7 %
Structure de la dette — le point le plus rassurant du dossier
Souche
Montant
Coupon
Échéance
Commentaire
Convertibles 2030
650 M$
0,00 %
15 juin 2030
Émises en décembre 2024 ; capped call à 24,66 $ (prime de 100 % sur 12,33 $)
Convertibles 2032
1 150 M$
0,00 %
2032
Émises en novembre 2025, opération relevée depuis 1,0 Md$ ; ~1,13 Md$ nets
Dette courante
2,4 M$
—
< 12 mois
Ligne de crédit adossée au bitcoin quasi intégralement remboursée
Conséquence directe : le risque de faillite à 2–3 ans est faible. Il n'y a pas d'intérêts à servir (2,0 M$ de charge d'intérêts au T3, en baisse de 41 % sur un an), pas d'échéance avant juin 2030, pas de covenant de maintenance connu, et 202,6 M$ de trésorerie plus 814,9 M$ de bitcoins face à seulement 155,8 M$ de passif courant — soit une couverture d'environ 6,5 fois. Le fonds de roulement s'élève à 761 M$. Même si le bitcoin baissait encore de 50 %, CleanSpark passerait les trois prochaines années sans mur de dette.
Évolution de la trésorerie
La trésorerie a été multipliée par 4,7 (43,0 M$ → 202,6 M$), mais cette progression est intégralement d'origine financière : elle vient des 1,13 Md$ nets levés en convertibles en novembre 2025, dont ~460 M$ ont été immédiatement réaffectés au rachat d'actions et une partie au remboursement de la ligne de crédit bitcoin.
La trésorerie « bitcoin » fond : la valeur HODL passe de 1 484 M$ à 814,9 M$ (−45 %), sous le double effet de la baisse du cours et des cessions nettes. Sur août seul, les avoirs reculent de 13 931 à 13 703 BTC.
L'exploitation courante est à l'équilibre : au T3, le chiffre d'affaires de 138,0 M$ couvre tout juste les charges décaissées (coût des revenus 85,5 + masse salariale 27,8 − 14,5 de rémunération en actions non décaissée + G&A 18,3 + honoraires 7,1 ≈ 124,2 M$), d'où l'EBITDA cash d'environ +14 M$. Ce n'est pas une hémorragie, mais cela ne finance aucun investissement.
L'investissement à venir est hors de proportion avec les flux internes : 1,75 à 2,1 Md$ pour Sandersville, à comparer à ~56 M$ d'EBITDA cash annualisé. Le projet ne peut se faire qu'avec de la dette de projet externe — d'où le caractère structurant du loan-to-cost > 90 % visé par la direction.
La société progresse-t-elle en valeur ?
En valeur comptable : non, très clairement. Les capitaux propres ont perdu 1,41 Md$ en neuf mois (−65 %), l'actif net par action tombe à environ 2,96 $ (761,3 M$ / 256,8 M actions) contre 7,65 $ neuf mois plus tôt. Le titre se traite donc à environ 4,7 fois son actif net comptable, ce qui n'a de sens que si l'on valorise le carnet de commandes IA et l'optionalité sur la puissance non commercialisée.
En valeur économique : la thèse est plausible mais non encore démontrée. Un actif contractuel de 6,6 Md$ sur 20 ans générant ~330 M$ de résultat opérationnel net annuel avec un locataire investment grade vaut, pour un investisseur en infrastructure, plusieurs milliards de dollars — à comparer à une capitalisation de ~3,3–3,6 Md$ pour l'ensemble de l'entreprise, bitcoins et 1,8 GW inclus. C'est précisément le raisonnement derrière l'objectif de 25 $ de KBW et le consensus autour de 21 $.
Mais trois conditions doivent être réunies, et aucune n'est acquise : (1) boucler 1,8–2,1 Md$ de dette de projet à des conditions non dilutives ; (2) livrer 175 MW dans les délais au T4 2027, dans un marché où les équipements électriques et les raccordements sont rationnés ; (3) obtenir les autorisations fermes au Texas malgré l'audit Abbott et l'opposition locale. Chacune de ces trois conditions constitue un point de rupture potentiel de la thèse.
Risque de faillite
Indicateur
Valeur
Appréciation
Dette courante / trésorerie
2,4 M$ / 202,6 M$
1,2 % — négligeable
Actifs liquides (cash + BTC) / passif courant
1 017,5 M$ / 155,8 M$
6,5× — très confortable
Fonds de roulement
761 M$
Solide
Charge d'intérêts annualisée
~8 M$
Quasi nulle (dette à coupon zéro)
Première échéance de dette
Juin 2030
Au-delà de l'horizon d'analyse
Dettes / actifs
72 %
Élevé et en forte dégradation (32 % il y a 9 mois)
Flux d'exploitation (EBITDA cash)
~+14 M$/trimestre
À l'équilibre, insuffisant pour investir
Résultat net 9 mois
−996,9 M$
Perte massive, majoritairement non décaissée
Conclusion sur la solvabilité : le risque de défaut à horizon 2–3 ans est faible. Le vrai risque n'est pas la faillite mais la dilution : si le financement de projet échoue ou se révèle plus cher que prévu, CleanSpark devra émettre des actions à un cours déprimé, ce qui détruirait précisément la relution obtenue par les 605 M$ de rachats d'actions.
5. Note globale
6,5 / 10
Potentiel de prospérité et de hausse du cours à horizon 2–3 ans Note précédente : 6,5 / 10 (26/08/2026) — maintenue
Critère
Appréciation
Poids dans la note
Solidité financière / risque de faillite
Très favorable — dette à coupon zéro, rien avant 2030, 1,0 Md$ d'actifs liquides
+
Qualité du carnet de commandes
Excellente — 6,6 Md$ contractés sur 20 ans avec un locataire investment grade
++
Optionalité sur la puissance
Forte — 1,8 GW sous contrat, 808 MW seulement utilisés, 885 MW texans classés par ERCOT
+
Discipline capitalistique
Bonne — 605 M$ de rachats, 9,7 % d'actions en moins en 9 mois
+
Rentabilité actuelle
Mauvaise — CA −30,5 %, EBITDA cash à l'équilibre, D&A à 73 % du CA
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Solidité du bilan comptable
Dégradée — capitaux propres −65 %, dettes/actifs à 72 %
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Risque d'exécution et de financement
Élevé — 1,75 à 2,1 Md$ à lever, livraison T4 2027, tenant unique
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Risque réglementaire et social
Réel — audit Abbott au Texas, opposition à Sealy, précédent du Tennessee
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Sensibilité au bitcoin
Très élevée — 13 703 BTC au bilan, 100 % du CA issu du minage
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Valorisation relative
Attractive — ~13,8 $ contre un consensus d'objectifs à ~21 $ et 25 $ chez KBW
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Justification de la note maintenue à 6,5
Pourquoi pas plus haut ? Parce que la totalité de la thèse repose sur des flux qui ne commenceront qu'au quatrième trimestre 2027, et que le chemin pour y arriver passe par une levée de dette de projet de près de 2 Md$ qui n'est pas sécurisée. Entre-temps, l'activité réelle — le minage — voit son chiffre d'affaires reculer de 30 % par an et ne couvre plus ses amortissements. Une société qui perd 997 M$ en neuf mois et dont les capitaux propres fondent de 65 % ne peut pas prétendre au même niveau qu'un dossier déjà rentable.
Pourquoi pas plus bas ? Parce que le risque de faillite est objectivement faible : aucune échéance avant juin 2030, aucun intérêt à payer, et plus d'un milliard de dollars d'actifs liquides. Parce que le bail de Sandersville est signé, avec une contrepartie investment grade, une quote-part en fonds propres déjà financée et les équipements critiques déjà prépayés. Et parce que la classification ERCOT du 8 septembre lève une partie de l'incertitude texane sur 885 MW que le marché ne valorise, selon KBW, qu'à hauteur de 16 %.
Le point de bascule à surveiller est l'annonce du financement de projet de Sandersville. Une dette de projet bouclée à plus de 90 % du coût, sans dilution, justifierait une révision à la hausse vers 7,0–7,5. À l'inverse, un recours au marché actions, un glissement du calendrier de mise en service ou un blocage texan justifierait une révision à la baisse vers 5,5–6,0.
Avertissement. Ce rapport a été produit à partir de documents publics (communiqués de la société, états financiers consolidés condensés du T3 FY2026, notes d'analystes et presse spécialisée) à la date du 11 septembre 2026. Toutes les données chiffrées proviennent des sources listées ci-dessus ; aucune donnée n'a été estimée ou extrapolée sans mention explicite. Les comptes du T3 FY2026 sont non audités et les données d'exploitation mensuelles sont publiées comme non auditées par la société. Ce document constitue une analyse d'information financière et non un conseil en investissement : je ne suis pas conseiller financier et ces éléments ne doivent pas être interprétés comme une recommandation d'achat ou de vente. Les investissements en actions de sociétés exposées au bitcoin comportent un risque de perte en capital élevé.