Rapport CLSK — CleanSpark, Inc.
Date du rapport : 3 juillet 2026 | Bourse : Nasdaq | Devise : USD | Cours récent : ~12,61–13,11 $ (2 juillet 2026) | Capitalisation : ~3,3–3,6 Md$
6,0/10
Note globale : 6,0 / 10 (note précédente : 6,5)
Bilan liquide et pivot IA/HPC prometteur, mais pertes lourdes liées à la baisse du bitcoin, endettement fortement accru (1,8 Md$) et aucun bail IA/HPC encore signé. Risque de faillite faible à 2–3 ans, potentiel haussier conditionné à la signature d'un locataire IA et au cours du bitcoin.
1. Ce que fait l'entreprise
CleanSpark, basée à Henderson (Nevada) et opérant depuis Las Vegas, est l'un des principaux mineurs de bitcoin cotés aux États-Unis, en pleine transformation vers un modèle de développeur de centres de données pour l'IA et le calcul haute performance (AI/HPC). L'entreprise contrôle un portefeuille de plus de 1,8 GW de puissance électrique, de terrains et de data centers répartis aux États-Unis (Géorgie, Texas, Tennessee, Wyoming, Mississippi), alimentés à des prix énergétiques compétitifs.
Son activité principale reste le minage de bitcoin : environ 50 EH/s de hashrate opérationnel avec 224 470 machines déployées et 808 MW utilisés (mai 2026). CleanSpark applique une stratégie de trésorerie « HODL » : elle conserve une grande partie des bitcoins minés (13 470 BTC en mai 2026, ~925 M$ au 31 mars 2026) tout en en vendant une partie chaque mois pour financer ses opérations. En parallèle, elle cherche à commercialiser ses sites (Sandersville en Géorgie, Texas) auprès de locataires IA/HPC de premier plan.
2. Avancées sur les 12 derniers mois
Aspects positifs :
- Exercice 2025 record (clos le 30/09/2025) : chiffre d'affaires de 766,3 M$ (+102 %), bénéfice net de 364,5 M$, EBITDA ajusté de 823,4 M$. Franchissement du cap des 50 EH/s.
- Pivot IA/HPC engagé : les MW sous contrat ont environ doublé sur un an, dont 585 MW approuvés par ERCOT au Texas (300 MW ajoutés à Brazoria en février 2026). À Sandersville (Géorgie), 250 MW sont opérationnels et une parcelle adjacente de 122 acres a été acquise pour une construction greenfield de data center. Négociations avancées avec un locataire de « qualité de crédit élevée » — la presse évoque Meta comme locataire d'ancrage potentiel.
- Financement majeur : émission en février 2026 de 1,15 Md$ d'obligations convertibles à coupon zéro (échéance 15/02/2032), sursouscrite (initialement 1 Md$). Produit utilisé pour racheter ~30,6 M d'actions (~10,9 % du capital, ~460 M$), rembourser la ligne de crédit adossée au bitcoin et financer l'expansion des data centers.
- Production soutenue : 671 BTC minés en mai 2026 (3 110 BTC sur l'année civile 2026), hashrate moyen mensuel +18 % sur un an, avoirs en bitcoin +14 % sur un an.
- Renforcement de l'équipe : recrutement en juin 2026 de Ruben Sahakyan (SVP Finance) pour piloter les marchés de capitaux et le financement des data centers IA. Chardan a relevé son objectif de cours de 15,59 $ à 19 $ (achat) le 8 juin 2026.
Aspects négatifs :
- Pertes massives en FY2026 : pertes nettes de 378,7 M$ (T1, déc. 2025) puis 378,3 M$ (T2, mars 2026), soit ~757 M$ sur six mois, principalement dues aux pertes de juste valeur sur bitcoin (471 M$ sur 6 mois) et sur le collatéral bitcoin (142 M$), le BTC ayant fortement reculé (ventes de mai à ~79 934 $ en moyenne).
- Chiffre d'affaires en baisse : 136,4 M$ au T2 FY2026 (-24,9 % sur un an) ; EBITDA ajusté de -241,2 M$ contre -57,8 M$ un an plus tôt.
- Endettement fortement accru : dette long terme passée de ~645 M$ (30/09/2025) à ~1,79 Md$ (31/03/2026). Capitaux propres divisés par deux : 986 M$ contre 2,18 Md$ six mois plus tôt (déficit accumulé de 913 M$, actions propres pour 608 M$).
- Cours sous pression : l'action est retombée de ~19 $ mi-juin à ~12,6–13 $ début juillet 2026 (-22,7 % sur un mois), et avait chuté de 13,4 % à l'annonce de l'émission convertible.
- Risques émergents signalés : incertitude sur d'éventuels droits de douane accrus sur les machines de minage achetées depuis 2024 ; charges de contentieux fiscal indirect (4,9 M$ sur 6 mois) ; le PDG a lui-même souligné que convertir des fermes de minage en data centers IA multiplie les coûts par plus de 20, d'où un risque d'exécution réel. Aucun bail IA/HPC n'est encore signé à ce jour.
3. Plans à court et moyen terme
- Signer le premier bail IA/HPC à Sandersville (250 MW) avec un locataire de première qualité — catalyseur n°1 attendu ; les loyers de marché comparables se situent dans des rendements de 6–8 % avec des locataires « grade A ».
- Développer le Texas : montée en puissance des 585 MW approuvés ERCOT (campus de Brazoria notamment) et poursuite du développement foncier et énergétique vers une plateforme « multi-gigawatt ».
- Construction greenfield sur la nouvelle parcelle de Sandersville et progression du leasing en Géorgie et au-delà.
- Poursuivre le minage efficace pour financer la transformation, avec arbitrage mensuel entre conservation (HODL) et ventes de BTC.
- Allocation dynamique du capital : rachats d'actions opportunistes (jusqu'à 400 M$ prévus dans le cadre de l'émission convertible), financement des data centers, maintien de la flexibilité financière.
4. Analyse financière
| Indicateur (USD) | FY2025 (clos 30/09/25) | T2 FY2026 (clos 31/03/26) |
| Chiffre d'affaires | 766,3 M$ (annuel, +102 %) | 136,4 M$ (trimestre, -24,9 %) |
| Résultat net | +364,5 M$ | -378,3 M$ (trim.) ; -757 M$ sur 6 mois |
| EBITDA ajusté | +823,4 M$ | -241,2 M$ (trim.) |
| Trésorerie | 43,0 M$ | 260,3 M$ |
| Bitcoin (valeur totale HODL) | ~1,48 Md$ (courant + non courant + collatéral) | 925,2 M$ |
| Dette long terme (nette) | 644,6 M$ | 1 788,2 M$ |
| Passifs courants | 315,8 M$ | 133,1 M$ |
| Capitaux propres | 2 175,1 M$ | 986,2 M$ |
| Fonds de roulement | ~1,0 Md$ | ~1,0 Md$ |
Trésorerie et dettes. La trésorerie a bondi de 43 M$ (sept. 2025) à 260,3 M$ (mars 2026), mais cette hausse provient de l'émission convertible de 1,15 Md$, pas de l'exploitation : l'EBITDA ajusté est très négatif (-536,6 M$ sur 6 mois) et l'entreprise vend chaque mois la quasi-totalité de sa production de BTC (654 vendus sur 671 minés en mai). La dette long terme a presque triplé à 1,79 Md$, mais elle est à coupon zéro et n'arrive à échéance qu'en février 2032, ce qui élimine quasiment toute pression de refinancement à court terme. La dette courante est tombée de 176,6 M$ à 2,5 M$ après remboursement de la ligne adossée au bitcoin.
Risque de faillite : faible à horizon 2–3 ans. Fonds de roulement de 1,0 Md$, passifs courants de seulement 133 M$, 260 M$ de cash, 925 M$ de bitcoin mobilisable et aucune échéance de dette majeure avant 2032. Le principal scénario de stress serait une nouvelle chute prolongée du bitcoin (sous ~60 000 $), qui éroderait à la fois les revenus de minage, la valeur du trésor BTC et la capacité à lever des capitaux.
Progression en valeur : mitigée. La valeur comptable par action a fortement baissé (capitaux propres divisés par deux), et les pertes comptables — bien qu'en grande partie non-cash (juste valeur du BTC, amortissements de 222 M$ sur 6 mois) — traduisent une vraie sensibilité au cours du bitcoin depuis le halving. En revanche, la valeur stratégique du portefeuille de 1,8 GW de puissance augmente dans un marché IA tendu, et le rachat de ~11 % du capital est relutif si le pivot réussit. La création de valeur à 2–3 ans dépend essentiellement de deux variables : la signature d'un ou plusieurs baux IA/HPC de long terme (qui transformerait le profil de revenus) et le cours du bitcoin.
5. Note : 6,0 / 10
Justification. CleanSpark conserve des atouts solides : liquidité abondante (1,0 Md$ de fonds de roulement, 1,2 Md$ cash + BTC), dette à coupon zéro sans échéance avant 2032, 1,8 GW de puissance contractée dans un marché IA demandeur, et négociations avancées avec un locataire de premier plan (Meta évoqué). Le risque de faillite est faible. Mais la note baisse de 6,5 à 6,0 : deux trimestres consécutifs de pertes proches de 380 M$, EBITDA ajusté très négatif, capitaux propres divisés par deux, dette triplée, chiffre d'affaires en recul de 25 %, forte dépendance à un bitcoin en baisse (~80 000 $), et un pivot IA/HPC encore non concrétisé par un contrat signé. La signature d'un bail d'ancrage à Sandersville serait le catalyseur qui justifierait une révision à la hausse ; son absence prolongée ou un BTC durablement faible pèseraient sur le titre.
Sources
Ce rapport est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Les données proviennent de sources publiques citées ci-dessus (dernières données au 3 juillet 2026). Je ne suis pas conseiller financier ; toute décision d'investissement doit être prise après vérification indépendante.