CleanSpark, Inc. (NASDAQ : CLSK), basée à Henderson (Nevada), est une société américaine spécialisée dans le minage de Bitcoin (BTC) et le développement de data centers, dont l'exercice fiscal se clôture le 30 septembre. Elle se présente comme un « développeur de data centers leader du marché » et est aujourd'hui le plus grand mineur de Bitcoin des États-Unis exploité entièrement en propre, ayant été le premier acteur à atteindre une puissance de calcul (« hashrate ») opérationnelle de 50 exahash par seconde (EH/s) avec sa seule infrastructure.
Le modèle de CleanSpark consiste à monétiser une énergie bon marché et fiable en la convertissant en puissance de calcul. La société conçoit, construit et exploite ses propres centres de minage, principalement dans le sud-est des États-Unis (Géorgie, Mississippi, Tennessee, Wyoming) et, de plus en plus, au Texas (réseau ERCOT). Au 31 mai 2026, elle exploitait une flotte d'environ 224 473 machines pour une efficacité de pointe de 16,07 J/Th, et contrôlait un portefeuille de plus de 1,8 GW de puissance, de foncier et de data centers.
CleanSpark applique en outre une stratégie de trésorerie en Bitcoin : elle conserve une partie importante des bitcoins minés (≈ 13 470 BTC au 31 mai 2026, valorisés ≈ 925 M$ au 31 mars), vend le reste sur le marché ou via des stratégies d'options pour financer ses opérations, et utilise une partie de ses BTC comme collatéral. Enfin, la société a entamé une diversification vers le calcul haute performance (HPC) et l'intelligence artificielle (IA), visant à transformer une partie de son portefeuille énergétique en plateforme « multi-gigawatts » au service de clients hyperscale.
Source primaire : Form 10-Q déposé auprès de la SEC et communiqué de résultats du 11 mai 2026 pour le trimestre clos le 31 mars 2026 (T2 de l'exercice fiscal 2026), complétés par la mise à jour opérationnelle de mai 2026 (4 juin 2026). Montants en USD.
| Élément | T2 FY2026 (3 mois, 31/03/2026) | T2 FY2025 (3 mois, 31/03/2025) | 6 mois FY2026 |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires (minage BTC) | 136,4 | 181,7 | 317,6 |
| Coût des revenus (hors D&A) | 81,7 | 85,4 | 177,3 |
| (Perte) sur juste valeur du Bitcoin | −224,1 | −127,7 | −470,9 |
| Dépréciation & amortissement | 115,9 | 78,9 | 222,2 |
| Résultat net | −378,3 | −138,8 | −757,1 |
| BPA (de base) | −1,52 $ | −0,49 $ | −2,86 $ |
| EBITDA ajusté (non-GAAP) | −241,2 | −57,8 | −536,6 |
L'essentiel de la perte du trimestre provient de la réévaluation à la juste valeur du Bitcoin (−224,1 M$ sur le trimestre, −470,9 M$ sur 6 mois) imposée par la norme comptable ASC 350-60, à laquelle s'ajoute une perte de 38,8 M$ sur le collatéral en BTC. Il s'agit en grande partie de pertes non décaissées (« non-cash »), qui se transformeraient en gains si le cours du Bitcoin remontait. La hausse du D&A (115,9 M$ vs 78,9 M$) reflète l'expansion massive de la flotte. À noter : l'EBITDA ajusté n'exclut pas ces effets Bitcoin ; retraité de ceux-ci, le cœur du minage ressort proche de l'équilibre, signe de marges comprimées après le halving.
| Élément | 31/03/2026 | 30/09/2025 |
|---|---|---|
| Trésorerie & équivalents | 260,3 | 43,0 |
| Bitcoin (HODL total, au marché) | 925,2 | 1 484,1 |
| Total actifs courants | 1 099,0 | 1 320,0 |
| Immobilisations (PP&E, net) | 1 333,6 | 1 363,7 |
| Total actif | 2 913,5 | 3 183,6 |
| Passifs courants | 133,1 | 315,8 |
| Dette à long terme (nette) | 1 788,2 | 644,6 |
| Total passif | 1 927,3 | 1 008,5 |
| Capitaux propres | 986,2 | 2 175,1 |
Le HODL total du 31/03/2026 (925,2 M$) se compose de Bitcoin courant (674,4 M$), non-courant (138,8 M$) et de créance sur collatéral (111,9 M$). Fonds de roulement (« working capital ») de ≈ 1,0 Md$.
La liquidité reste confortable : 260,3 M$ de cash (contre seulement 43,0 M$ six mois plus tôt) auxquels s'ajoutent 925,2 M$ de Bitcoin largement liquide, pour un fonds de roulement de ≈ 1,0 Md$. Surtout, la dette est presque entièrement à long terme : la part courante de la dette n'est que de 2,5 M$ et les passifs courants totaux de 133,1 M$, bien couverts par les 1,1 Md$ d'actifs courants. Le risque de défaut à court terme est donc faible.
La contrepartie est un net alourdissement du bilan. La dette à long terme a quasiment triplé en six mois (de 645 M$ à 1,79 Md$, principalement via des obligations convertibles), tandis que les capitaux propres ont plus que divisé par deux (de 2,18 Md$ à 0,99 Md$), sous l'effet conjugué des pertes (déficit accumulé porté à −913 M$) et de rachats d'actions (actions propres de 145 M$ à 608 M$). L'évolution de la trésorerie est ainsi portée par le financement (émission de dette) plutôt que par l'exploitation, le minage générant peu de cash après le halving. CleanSpark consomme du cash opérationnellement lorsque les marges sont faibles et finance sa croissance par la dette et la vente de BTC.
Au global : solvabilité correcte et liquidité suffisante à court terme, sans risque de faillite imminent, mais un levier financier sensiblement plus élevé et une dépendance forte au cours du Bitcoin (qui détermine à la fois les revenus, la valeur de la trésorerie BTC et les pertes comptables). La survie n'est pas l'enjeu central à horizon visible ; la création de valeur dépendra de la remontée des marges de minage, de la monétisation IA / HPC et de la trajectoire du Bitcoin.
≈ 50 EH/s (1ᵉʳ à ce cap en propre), flotte très efficiente (16,07 J/Th), production régulière (~670 BTC/mois).
260 M$ de cash, 925 M$ de Bitcoin, fonds de roulement de ≈ 1,0 Md$. Dette à échéance proche minime (2,5 M$).
Portefeuille de 1,8 GW de puissance, 585 MW ERCOT, discussions avec Meta — un actif rare dans un marché électrique tendu par l'IA.
Perte nette de −378 M$ au T2 (−757 M$ sur 6 mois), EBITDA ajusté négatif. Marges de minage faibles après le halving.
Dette LT ≈ 1,8 Md$ (x3 en 6 mois) ; capitaux propres divisés par 2. Croissance financée par la dette et la vente de BTC.
Revenus, valeur de trésorerie et résultats dictés par le cours du BTC (volatil). Pivot IA / HPC prometteur mais pas encore monétisé.
Note : 6,5 / 10
CleanSpark est un dossier de croissance de qualité dans un secteur très cyclique. Sur le critère du risque de faillite, le profil est rassurant à court terme : 260 M$ de cash, 925 M$ de Bitcoin liquide, ≈ 1,0 Md$ de fonds de roulement et une dette presque exclusivement à long terme (part courante de 2,5 M$ seulement). La survie n'est pas l'enjeu à horizon visible.
Sur le critère de l'appréciation du cours à 2–3 ans, les atouts sont réels : position de leader du minage auto-exploité (≈ 50 EH/s, flotte la plus efficiente), portefeuille de 1,8 GW de puissance qui constitue une option « IA / HPC » crédible (discussions avec Meta, 585 MW ERCOT), trésorerie en Bitcoin offrant un levier direct à une hausse du BTC, et un consensus d'analystes positif (« Strong Buy », objectif moyen ≈ 20 $ contre ≈ 17,6 $).
Ce qui empêche une note plus haute : la société est déficitaire (−378 M$ au T2, −757 M$ sur 6 mois), avec des marges de minage comprimées après le halving ; l'endettement a fortement augmenté (≈ 1,8 Md$, x3 en 6 mois) et les capitaux propres ont été divisés par deux ; le résultat dépend entièrement du cours du Bitcoin (volatil), et le pivot IA / HPC n'est pas encore concrétisé par des contrats signés. Le titre demeure ≈ 25 % sous son plus-haut à 52 semaines (23,61 $).
En net : un leader opérationnel bien doté en liquidité et en actifs énergétiques stratégiques, avec une optionalité IA / HPC potentiellement transformante, mais tempéré par la non-rentabilité actuelle, un levier accru et une exposition totale au Bitcoin. D'où une note de 6,5/10 : un dossier attractif pour une exposition au thème « minage + énergie + IA », à condition d'accepter une forte volatilité et un horizon de 2 à 3 ans.