Développeur, propriétaire et exploitant de data centers HPC / IA à l'échelle industrielle — Rapport d'analyse détaillé
Rapport généré le 27 octobre 2026 — Devise : USD — Derniers comptes publiés : T2 2026 (clos le 30/06/2026, publiés le 04/08/2026) — Dernière donnée de marché : clôture du 26 octobre 2026 (7,71 $) ; 8,36 $ en séance le 27/10 à 10h46 (heure de New York) — Prochaine publication : 2 novembre 2026 (T3 2026, date confirmée par la société le 20/10)
6.0
/ 10
NOTE GLOBALE : 6,0 / 10(en baisse vs 7,0 au 07/10/2026)
Les trois semaines écoulées ont dégradé la thèse sur le plan financier, sans remettre en cause les contrats. Le 13 octobre, Cipher a révélé dans une présentation investisseurs que le budget de Barber Lake passe de 2,16 Md$ à 2,94–2,97 Md$ (+36 à 38 %), en raison de modifications de conception demandées par le locataire et de surcoûts de construction, et qu'elle doit y injecter ~750 M$ de fonds propres de projet (plus du double de l'engagement initial, selon Wells Fargo). Pour les financer, elle a placé 850 M$ d'obligations convertibles à coupon zéro échéance 2032 (prix de conversion ~15,31 $) et échangé 165,9 M$ de convertibles 2030 contre ~40,7 M d'actions nouvelles (~9,8 % du capital). Deux semaines plus tôt, le message était que la franchise de dépassement serait absorbée par le bilan existant : la crédibilité des budgets est entamée.
Le marché a sanctionné lourdement : le titre est passé de 15,50 $ (06/10) à 7,71 $ (26/10), soit −50 %, et se traite à ~74 % sous son plus haut de 30,14 $, dans un repli sectoriel (hausse des taux, doutes sur la rentabilité des laboratoires d'IA, craintes de data centers « échoués »). Morgan Stanley (51,50 $) et Cantor (19 $) ont réduit leurs objectifs tout en restant à l'achat ; Wells Fargo maintient Overweight à 25 $ mais estime que le rendement de la première année à Barber Lake tombe à ~10,5 % (contre 13,5–14 %).
En sens inverse : la convertible ne coûte aucun intérêt en numéraire, renforce la liquidité d'environ 745 M$ nets du capped call, et repousse le risque de financement ; les baux (AWS, Fluidstack/Google, laboratoire d'IA 2036-2046) restent intacts. Le risque de faillite à 2-3 ans reste faible à modéré, mais l'actionnaire supporte désormais davantage de dilution et une rentabilité de projet plus faible. Deux tests immédiats : les résultats du T3 le 2 novembre et le verdict ERCOT de décembre.
7,71 $
Cours (clôture 26/10/2026)
−50 %
Variation depuis le 06/10 (15,50 $)
~3,2 Md$
Capitalisation (415 M actions)
7,46 – 30,14 $
Range 52 semaines
~455,7 M
Actions pro forma (après échange de +40,7 M)
850 M$
Convertible 0 % 2032 (option +150 M$)
15,31 $
Prix de conversion (+35 %)
2,94–2,97 Md$
Budget Barber Lake révisé (vs 2,16 Md$)
24,8 M$
CA T2 2026 (−43 % a/a)
−30,0 M$
EBITDA ajusté T2 2026
831,8 M$
Trésorerie non restreinte (30/06)
~6,7 Md$
Dette en principal pro forma (estimation)
562,1 M$
Capitaux propres (30/06)
> 9 Md$
Carnet Barber Lake sur 20 ans
29,36 $
Objectif consensus (22 analystes)
3,21
Bêta
Le fait marquant depuis le dernier rapport : le 13 octobre 2026, Cipher a annoncé (8-K) une offre privée de 850 M$ d'obligations convertibles senior non garanties à 0,00 %, échéance 1er novembre 2032, assortie d'une option de 150 M$ supplémentaires, et l'échange concomitant d'une partie de ses convertibles 1,75 % 2030. L'opération a été tarifée le 14 octobre et réglée le 16 : taux de conversion de 65,3211 actions pour 1 000 $ (≈ 15,31 $, prime de 35 % sur le cours de référence de 11,34 $), capped call plafonné à 28,35 $ (coût ~89,7 M$), produit net ~835,1 M$ avant frais. Le produit doit financer « l'investissement additionnel en fonds propres dans le projet Barber Lake », le déploiement HPC du pipeline proche et l'extension des sites. La présentation qui accompagnait l'opération a révélé la révision du budget de Barber Lake à 2,94–2,97 Md$ (+36 %). Le titre a perdu 12,8 % le 13 octobre, puis encore ~12 % le 14.
Lecture : (1) le financement par convertible à coupon zéro, avec une prime de 35 %, est moins coûteux qu'une augmentation de capital au cours de 11 $, et n'ajoute aucune charge d'intérêts en numéraire ; les porteurs disposent toutefois d'une option de remboursement anticipé au 1er novembre 2030. (2) Le vendeur à découvert Jim Chanos a souligné sur X que ces financements ne sont « certainement pas à coût zéro » : la dilution se matérialise immédiatement via les ~40,7 M d'actions d'échange et potentiellement via ~55,5 M d'actions si les 850 M$ sont convertis (notre calcul : 850 M$ × 65,3211 / 1 000). (3) Selon Wells Fargo, le capex brut par MW IT de Barber Lake passe de ~10,4 M$ à ~14,2 M$, et la valeur actualisée du bail ramenée par action baisse d'environ 5 $ à 4 $.
1. Description de l'entreprise
Cipher Digital Inc. (NASDAQ : CIFR), basée à New York et fondée en 2021, développe, détient et exploite des data centers à l'échelle industrielle aux États-Unis. La société s'appelait Cipher Mining Inc. jusqu'au 20 février 2026, date à laquelle le conseil d'administration a approuvé un amendement des statuts, déposé le jour même auprès du Secrétaire d'État du Delaware (formulaire 8-K) ; le symbole boursier CIFR et le numéro CUSIP sont restés inchangés. Le PDG est Tyler Page, le directeur financier Greg Mumford. L'effectif est remarquablement réduit : 66 salariés.
Ce changement de nom entérine une bascule complète du modèle économique. Cipher n'est plus « un mineur de bitcoin qui fait un peu d'IA » : c'est un développeur-bailleur d'infrastructure IA qui construit des campus de data centers en propre puis les loue à des hyperscalers sous des baux de colocation de 10 à 15 ans, tout en mettant en extinction son activité de minage. Le modèle se rapproche d'une foncière spécialisée — revenus locatifs contractuels, financés par de la dette de projet adossée et amortissable — plutôt que d'une société minière aux revenus indexés sur le cours du bitcoin.
Les deux activités aujourd'hui
Activité
Contenu
Statut
Bailleur d'infrastructure HPC / IA
Développement, construction et location de campus de data centers à des hyperscalers sous baux long terme (10-15 ans). Chaîne de valeur intégrée en interne : origination électrique, acquisition foncière, ingénierie, achats, construction, exploitation.
Activité cœur — premiers loyers encaissés depuis août 2026
Minage de Bitcoin
Activité résiduelle sur un site unique (Odessa, Texas), en décroissance volontaire. Le CA minier est passé de 43,6 M$ (T2 2025) à 34,8 M$ (T1 2026) puis 24,8 M$ (T2 2026). Le stock de bitcoins au bilan est tombé de 125,4 M$ (31/12/2025) à 37,8 M$ (30/06/2026), les « miners held for sale » ont été intégralement cédés (94,9 M$ → 0) et les participations dans les JV minières soldées (29,4 M$ → 0, cession de 40 M$ à Canaan Inc.).
En extinction — aucun capex additionnel prévu
Les baux signés — carnet contractualisé porté par l'extension de Barber Lake
Campus
Locataire
Durée
Capacité
Statut au 27/10/2026
Black Pearl (TX)
Hyperscaler investment grade (identifié comme Amazon Web Services)
15 ans
~300 MW brut — ~5,5 Md$ de revenus contractés sur la durée initiale
Capacité initiale livrée début août, deux mois en avance à la demande du locataire ; loyer en cours. Reste de la phase I en fit-out MEP, phase II en fondations, charpente et électricité souterraine.
Barber Lake (TX)
Fluidstack, obligations rehaussées à hauteur de 1,4 Md$ par Google (Anthropic est utilisateur final sur le site)
20 ans depuis le 25/09/2026 (10 ans Fluidstack + 10 ans engagés par un « leading AI lab »)
~244 MW brut à l'origine (168 MW IT critiques en phase I), étendu de 39 MW en phase II — ~3,8 Md$ (période Fluidstack) + ~5,2 Md$ (période AI lab) = plus de 9 Md$ de revenus contractés selon la société
Locataire en beneficial use (occupation partielle). Livraison des salles par phases du T4 2026 au T1 2027, loyer démarrant à chaque livraison ; premier loyer attendu au T4 2026. Cipher supporte les premiers 359,3 M$ de dépassement de budget. Budget révisé le 13/10 à 2,94–2,97 Md$ (+36–38 %) ; ~750 M$ de fonds propres de projet à apporter par Cipher. Selon TIKR, les livraisons de halls glissent vers le T1 2027, le premier loyer restant attendu au T4 2026.
Stingray (Andrews, TX)
Amazon Web Services (identifié via dépôt SEC)
Long terme
~70 MW (phase I) ; 100 MW en base-load conditionnel ERCOT, + 200 MW en phase II sous étude
Terrassement, nivellement, préparation des plateformes et électricité souterraine en cours, dans les délais. Développement intégralement financé jusqu'à l'achèvement substantiel par l'émission obligataire de 810 M$ de juin.
Contrepartie de la structure Google / Fluidstack : en échange de son rehaussement de crédit de 1,4 Md$ (qui a rendu possible le financement de projet), Google a reçu des bons de souscription portant sur environ 24 millions d'actions Cipher, soit une participation potentielle d'environ 5,4 % du capital pro forma. C'est le mécanisme à l'origine de la ligne « warrant liability » de 632,1 M$ au passif du bilan et de la charge non-cash de 150,5 M$ qui a plombé le résultat du T2.
Portefeuille de sites et statut réseau (ventilation publiée le 16 septembre 2026)
Site
Capacité
Statut ERCOT / opérationnel
Barber Lake + Black Pearl + Odessa
807 MW
Opérationnels
Reveille + Ulysses
270 MW
Autorisés à se raccorder au réseau
Colchis (ouest du Texas, ~620 acres)
1 000 MW
Charge de base conditionnelle (Batch Zero). Accord de raccordement direct 1 GW signé avec American Electric Power ; mise sous tension visée en 2028.
Stingray (phase I)
100 MW
Charge de base conditionnelle (Batch Zero)
Apollo (près de San Antonio, ~288 acres)
900 MW
Charge sous étude conditionnelle
Mikeska
500 MW
Charge sous étude conditionnelle
McLennan
500 MW
Charge sous étude conditionnelle
Stingray phase II
200 MW
Charge sous étude conditionnelle
Total classé Batch Zero
3 200 MW
dont 1,1 GW en base-load conditionnel et 2,1 GW sous étude — désignations définitives en décembre 2026
Note sur le carnet total : notre précédent rapport retenait ~11,4 Md$ de revenus contractualisés sur les trois baux. Le communiqué du 25 septembre chiffre désormais la période Fluidstack de Barber Lake à ~3,8 Md$ et y ajoute ~5,2 Md$. La société n'a toujours pas publié de nouveau total consolidé (attendu avec le T3 le 2 novembre) ; en additionnant simplement les 5,2 Md$ aux ~11,4 Md$ précédents, on obtient un ordre de grandeur d'environ 16-17 Md$ — calcul indicatif de notre part, à confirmer lors de la publication du T3.
Le portefeuille total communiqué au T2 s'élève à ~5,3 GW sur 11 sites, dont ~907 MW contractualisés ou opérationnels via les trois baux. Il reste donc ~4,4 GW non contractualisés : c'est à la fois le principal gisement de valeur non reflété dans les comptes actuels et la principale source d'incertitude. À cela s'ajoute le projet Colchis, détenu via une entité conjointe dans laquelle Cipher apporte la majorité du financement et détiendrait environ 95 % des fonds propres selon les termes attendus de bail et de développement.
2. Avancées et événements des 12 derniers mois
Les développements positifs
Septembre 2025 — Premier bail IA (Fluidstack / Google) : bail de 10 ans sur Barber Lake, ~3,0 Md$ de revenus minimum contractés, avec un rehaussement de crédit de 1,4 Md$ de Google. Acte fondateur du changement de modèle : il a permis de lever de la dette de projet sur la base d'un flux locatif de qualité crédit élevée.
Fin 2025 — Deuxième bail, avec AWS sur Black Pearl : 15 ans, ~300 MW bruts, environ 5,5 Md$ de revenus contractés. Cipher passe d'un locataire jeune et rehaussé par un tiers à un hyperscaler noté investment grade en direct — amélioration considérable de la qualité du carnet.
20 février 2026 — Changement de dénomination en Cipher Digital Inc. et pivot officiellement assumé vers les data centers HPC (8-K du 20/02, communiqué du 24/02 avec 600 MW de capacité HPC contractée).
Février 2026 — Recentrage du bilan : cession de 40 M$ de JV minières non stratégiques à Canaan Inc. et levée de 3,73 Md$ d'obligations à haut rendement pour financer Barber Lake et Black Pearl.
5 mai 2026 (T1) — Troisième bail signé avec un hyperscaler investment grade (Stingray, AWS) et mise en place d'une facilité de crédit renouvelable de 200 M$ (option d'extension de 50 M$) auprès d'un syndicat bancaire international.
8-9 juin 2026 — Émission de 810 M$ de senior secured notes par Stingray Compute LLC (échéance 2031), finançant intégralement le développement de Stingray jusqu'à l'achèvement substantiel et remboursant à Cipher 56,7 M$ de dépenses de projet déjà engagées. La répétabilité du montage (un site = un bail = une dette de projet dédiée) est démontrée pour la troisième fois.
16 juin 2026 — Recrutement de Bill Blevins comme Head of Grid Strategies, ancien directeur de la coordination réseau d'ERCOT. Signal fort alors que l'accès au réseau texan devient le goulet d'étranglement du secteur.
Début août 2026 — Première livraison de capacité HPC, deux mois en avance : avenant au bail de Black Pearl à la demande du locataire, capacité livrée et loyer commencé. Premier revenu de data center de l'histoire de la société et preuve d'exécution.
4 août 2026 — Option sur le site Apollo (jusqu'à 900 MW, ~288 acres, à moins de 25 miles de San Antonio), soumis comme charge étudiée dans le Batch Zero.
14 août 2026 — Désamorçage partiel du risque réglementaire : le gouverneur Abbott a annoncé qu'Amazon, Lancium et Cipher Digital s'engageaient à respecter ses standards pour les data centers (paiement de ses propres coûts de raccordement, effacement en cas d'urgence réseau au titre du Senate Bill 6, publication et audit de la consommation d'eau, usage d'eau saumâtre non potable traitée pour le refroidissement, études de bruit, investissement dans les infrastructures publiques locales). Être nommément cité comme opérateur conforme est un avantage concurrentiel face aux centaines de projets soumis à l'audit.
3 septembre 2026 — Lancement des pipelines latéraux gaz : construction engagée sur plusieurs sites pour acheminer du gaz naturel et permettre une production électrique sur site (bring-your-own-generation) de jusqu'à 2,5 GW, disponibilité visée avant fin 2027. Tyler Page indique vouloir également demander le raccordement de cette production au réseau. Dans un ERCOT saturé et sous audit, produire sa propre électricité est la façon la plus rapide de convertir du foncier en capacité louable. Le titre a bondi de +14,4 % ce jour-là.
14 septembre 2026 — Engagement communautaire de 10 M$ : Cipher Digital, Fluidstack et Anthropic se sont engagés à financer la réparation et l'extension du réseau d'eau de Colorado City (Texas), via une fondation nouvellement créée, après les pénuries de l'été. Le communiqué précise que le data center de Barber Lake ne prélève aucune eau sur le réseau de la ville. Dans un contexte où l'usage de l'eau est l'un des trois axes de l'audit texan, c'est un investissement direct dans la licence sociale d'exploiter.
15-16 septembre 2026 — Classification « Batch Zero » d'ERCOT (l'événement majeur du trimestre) : 3,2 GW classés, dont 1,1 GW en charge de base conditionnelle (Colchis 1 GW, Stingray 100 MW) et 2,1 GW en charge sous étude (Apollo 900 MW, Mikeska 500 MW, McLennan 500 MW, Stingray II 200 MW). Le statut de charge de base est important parce que l'étude de réseau d'ERCOT considère dès lors cette capacité comme établie. Le titre a gagné plus de 15 % le 16 septembre.
16-18 septembre 2026 — Vague de couverture favorable :Wells Fargo initie à Overweight, objectif 25 $, estimant que les accords AWS et Fluidstack/Google valent à eux seuls environ 10 $ par action en valeur actuelle nette et qualifiant Cipher de dossier « high-risk / high-reward ». Morgan Stanley relève son objectif de 43,50 $ à 54 $ (Overweight) en intégrant explicitement Colchis, Mikeska, Apollo et Stingray phase II dans son modèle, avec des hypothèses pondérées par probabilité.
25 septembre 2026 — Barber Lake passe à 20 ans (l'événement majeur depuis le dernier rapport) : avenant avec Fluidstack et engagement ferme d'un laboratoire d'IA de premier plan pour une seconde période de 10 ans, soit ~5,2 Md$ de revenus contractés supplémentaires ; le carnet du site passe de ~3,8 Md$ à plus de 9 Md$. Livraisons par phases du T4 2026 au T1 2027, premier loyer au T4 2026. C'est la première fois qu'un second locataire s'engage sur un site déjà loué, ce qui valide la valeur résiduelle des actifs au-delà du premier bail — un argument clé pour une foncière (risque de relocation réduit). Le titre a pourtant clôturé en baisse ce jour-là (17,73 $ selon Mugglehead) et a encore reculé de ~3 % le 30 septembre, le marché s'inquiétant de l'intensité capitalistique et du mécanisme de dépassement de coûts.
Fin septembre 2026 — Initiation de JonesTrading à Buy, objectif 35 $. Le consensus StockAnalysis.com passe à 22 analystes, recommandation moyenne « Strong Buy », objectif moyen 30,93 $ (soit environ +100 % sur le cours du 6 octobre).
6 octobre 2026 — KBW Virtual AI Summit : le CFO Greg Mumford confirme que la capacité initiale de Black Pearl a été livrée plusieurs mois en avance, que la société a identifié un nombre « à deux chiffres » d'actifs énergétiques supplémentaires, que l'opportunité behind-the-meter représente 2,5 GW avec de premières contributions possibles d'ici fin 2027, et que Ulysses, Reveille et Odessa font l'objet de discussions avec des locataires pour 2027. Il souligne que « la puissance rare est la contrainte et la demande ne change pas », que le vivier de locataires s'élargit (hyperscalers mais aussi concepteurs de puces bien notés) et que les standards de marché évoluent vers des baux de 20 ans triple net (contre 10 ans en modified gross auparavant) — favorable à la valeur des futurs contrats. Les coûts d'émission obligataire de Cipher se sont resserrés au fil des opérations : 7,13 % (Cipher Compute), 6,13 % (Black Pearl), 6,00 % (Stingray).
30 septembre 2026 — Acquisition d'actions par le PDG (Form 4) : Tyler Page a reçu 473 266 actions par conversion de RSU et de PSU (dont 254 756 actions de performance), portant sa détention directe à 9,44 M d'actions (+400 000 indirectes). Aucune vente n'apparaît dans ce dépôt — signal neutre à légèrement positif, mais aussi source de dilution.
13–16 octobre 2026 — Financement de Barber Lake sécurisé à coût d'intérêt nul : 850 M$ de convertibles 0 % 2032, prime de conversion de 35 % et capped call jusqu'à 28,35 $ qui limite la dilution économique entre 15,31 $ et 28,35 $. Environ 745 M$ nets du capped call viennent renforcer la liquidité, et l'option de 150 M$ peut porter l'opération à 1 Md$. L'échange de 165,9 M$ de convertibles 2030 (1,75 %) contre ~40,7 M d'actions réduit la dette et les intérêts correspondants.
15 octobre 2026 — Wells Fargo maintient Overweight, objectif 25 $ (≈ +146 % sur la clôture de 10,18 $ du 14/10), en attribuant ~10 $/action aux baux signés et ~15 $/action au pipeline.
Analystes toujours positifs malgré les baisses d'objectifs : Morgan Stanley reste Overweight (objectif réduit de 54 $ à 51,50 $ le 9 octobre, dans le cadre d'une révision de l'ensemble des anciens mineurs devenus bailleurs IA) ; Cantor Fitzgerald reste à l'achat (28 $ → 19 $, 16 octobre). Le consensus StockAnalysis (22 analystes) reste « Strong Buy » avec un objectif moyen de 29,36 $, près de quatre fois le cours du 26 octobre.
20 octobre 2026 — Date de publication du T3 confirmée au 2 novembre : premier trimestre intégrant le loyer de Black Pearl.
26–27 octobre 2026 — Premier rebond : +3 % le 26 octobre (8,17 $ en matinée) avec le secteur, après que le PDG de TeraWulf a contesté les craintes de data centers « échoués » ; +8,4 % à 8,36 $ en séance le 27 octobre.
Environnement bitcoin stable (au 6 octobre) : le bitcoin se maintenait autour de 85 500 $ le 6 octobre, proche de ses plus hauts de huit mois atteints fin septembre, ce qui soutient l'activité minière résiduelle d'Odessa et la valeur du stock de bitcoins au bilan.
Les développements négatifs, risques et controverses
Dépassement de budget à Barber Lake (25 septembre) : l'avenant prévoit que Cipher prend à sa charge les premiers 359,3 M$ de coûts excédant le budget initial ; au-delà, le locataire rembourse 50 % des surcoûts sous forme de loyer additionnel étalé sur 20 ans. Le montant n'est pas qualifié d'estimation de surcoût effectif dans le communiqué, mais il s'agit d'une enveloppe significative : environ 43 % de la trésorerie libre au 30 juin. Selon 24/7 Wall St., ces sommes seraient financées par le bilan existant, sans nouvelle dette ni émission d'actions.
Repli marqué du titre malgré les bonnes nouvelles : de 18,90 $ (21/09) à 15,50 $ (06/10), soit ~−18 %, avec des baisses de 4 % le 5 octobre aux côtés d'Applied Digital et d'IREN (rotation sectorielle sur les opérateurs HPC issus du minage). Le titre est à ~−48 % de son plus haut de 52 semaines (30,14 $).
Durcissement des conditions de financement (6 octobre) : selon le CFO, le financement est devenu « materially more difficult » avec la hausse des taux (le 10 ans américain a pris ~80 pb entre la fin du T2 et la fin du T3) et l'élargissement des spreads. Pour un modèle « un bail = une dette de projet », c'est un vent contraire direct sur la rentabilité des futurs projets.
Risque de report des nouveaux baux : Mumford juge possible que la surveillance réglementaire au Texas conduise à retarder des annonces de baux jusqu'après les élections de mi-mandat — le flux de nouvelles positives pourrait donc se tarir au T4.
T2 2026 très en dessous du consensus (4 août) : CA de 24,84 M$ contre ~32,5 M$ attendus, perte de 0,65 $ par action contre 0,23 $ attendue, perte nette GAAP de 267,53 M$ contre 45,78 M$ un an plus tôt. Ces chiffres sont mécaniquement mauvais — l'ancienne activité s'éteint avant que la nouvelle ne produise — mais la sanction boursière a été sévère (−30 % dans les semaines suivantes).
Les classements ERCOT ne sont pas un feu vert : ils sont conditionnels, ne fixent aucune date de mise sous tension et n'autorisent pas le raccordement. Les désignations définitives ne seront connues qu'en décembre 2026, après l'audit ordonné par le gouverneur. Une révision défavorable sur Apollo, Mikeska ou McLennan effacerait une part significative de ce que Morgan Stanley vient d'intégrer à son objectif de 54 $.
Deux initiations prudentes qui contredisent la hausse : le 18 septembre, Freedom Capital initie à Hold avec un objectif de 22 $, saluant la conversion du carnet contractualisé à partir de 2027 mais pointant l'incertitude sur les segments neocloud et colocation. Le 21 septembre, Rothschild & Co Redburn initie à Neutral avec un objectif de 18 $ — en dessous du cours de clôture du jour — tout en reconnaissant que le récit sur l'infrastructure d'IA générative reste solidement haussier. La dispersion des objectifs (18 $ à 54 $, soit un facteur 3) mesure l'ampleur de l'incertitude.
Valorisation — situation inversée depuis le 22 septembre : Wells Fargo chiffrait à ~10 $/action la VAN des contrats AWS et Fluidstack/Google avant l'extension de Barber Lake. À 15,50 $, la part du cours reposant sur du pipeline non contractualisé a donc nettement diminué, alors même que le carnet a progressé de ~5,2 Md$. Le risque de valorisation s'est réduit ; le risque d'exécution et de financement, lui, demeure.
Endettement extrême : ~6,0 Md$ de principal au 30 juin (environ 6,7 Md$ pro forma après la convertible de 850 M$ et l'échange de 165,9 M$ de convertibles 2030 — notre estimation) (dont 1,47 Md$ d'obligations convertibles non garanties, source de dilution potentielle) pour 562,1 M$ de capitaux propres, soit un ratio dette/fonds propres supérieur à 10x. Le levier est justifié par la nature adossée des projets, mais laisse une marge d'erreur très faible.
Dilution en cours : le nombre d'actions en circulation est passé de 404,96 M (31/12/2025) à 414,25 M (30/06/2026) puis 415,03 M (octobre 2026), avant prise en compte des ~473 000 actions livrées au PDG le 30 septembre, auxquelles s'ajoutent les ~24 M de bons Google et les obligations convertibles.
Charge de rémunération en forte hausse : compensation et avantages ont atteint 42,4 M$ au T2 2026 contre 15,7 M$ un an plus tôt (dont 30,5 M$ de rémunération en actions), soit 1,7 fois le chiffre d'affaires du trimestre pour 66 salariés.
Volatilité extrême : bêta de 3,20, range 52 semaines de 11,72 $ à 30,14 $, plusieurs séances à ±15 % en septembre. Le titre est revenu à environ −48 % de son sommet.
13 octobre 2026 — Dérapage de 36–38 % du budget de Barber Lake (fait majeur depuis le dernier rapport) : le coût estimé passe de 2,16 Md$ à 2,94–2,97 Md$, sous l'effet de modifications de conception demandées par Fluidstack et de coûts de construction supplémentaires. Selon Wells Fargo, Cipher doit apporter ~750 M$ de fonds propres de projet, plus du double de son engagement initial ; sa charge nette serait d'environ 2,7 Md$ après refacturation au locataire, et le rendement cash de la première année tombe à ~10,5 % contre 13,5–14 %. La direction estime sa charge nette au titre des dépassements à environ 375–400 M$.
Crédibilité de la communication financière : fin septembre, la presse rapportait que la franchise de dépassement serait financée sur le bilan existant, sans nouvelle dette ni émission d'actions ; trois semaines plus tard, la société émettait 850 M$ de convertibles et ~40,7 M d'actions nouvelles. Ce revirement pèse sur la confiance accordée aux budgets de Black Pearl phase II, Stingray et des futurs campus.
Dilution : les ~40,7 M d'actions d'échange portent le capital d'environ 415 M à ~455,7 M d'actions (+9,8 %), auxquelles pourraient s'ajouter ~55,5 M d'actions issues de la nouvelle convertible (~65 M si l'option de 150 M$ est exercée), les ~24 M de bons Google et les convertibles restantes. Selon TIKR, le nombre d'actions dilué a progressé de 75 % en quatre ans.
Effondrement du cours : −6 % le 8 octobre (hausse des rendements obligataires, recul du bitcoin, article du Financial Times sur le chiffre d'affaires d'OpenAI), −12,8 % le 13 octobre, ~−12 % le 14, ~−10,6 % le 16 au règlement des titres ; −26,4 % sur la seule période du 8 au 15 octobre selon Trefis (pire performance que Applied Digital, Core Scientific et Riot). Le titre a touché un plus bas de 52 semaines à 7,46 $ et a perdu ~50 % depuis le 6 octobre.
Baisses d'objectifs : Morgan Stanley 54 $ → 51,50 $ (9 octobre), Cantor Fitzgerald 28 $ → 19 $ (16 octobre). Le consensus moyen passe de 30,93 $ à 29,36 $.
Liquidité sous surveillance : Simply Wall St estime la trésorerie disponible à moins d'un an de consommation au rythme actuel (estimation tierce, avant prise en compte complète du produit de la convertible). Le free cash-flow du T2 ressort à environ −654 M$ selon les agrégateurs de données.
Pression sectorielle : les anciens mineurs devenus bailleurs IA (IREN, TeraWulf, Applied Digital) sont tous en repli marqué depuis l'été ; le marché ne récompense plus les annonces de mégawatts ou de baux et se concentre sur le financement, le calendrier de livraison et la dilution.
Revers réglementaire sur le crypto (15 septembre) : le Sénat américain n'est pas parvenu à faire avancer le projet de loi-cadre sur les actifs numériques, pesant sur l'ensemble des valeurs liées au crypto — un rappel que CIFR reste corrélé à ce complexe malgré son pivot.
Concentration du risque de contrepartie et géographique : la quasi-totalité du carnet repose sur AWS et sur Fluidstack (rehaussé par Google), et la totalité des sites est au Texas, sur un réseau unique soumis à un régulateur unique. L'exposition politique à une seule juridiction est le talon d'Achille du modèle.
Trésorerie d'exploitation et free cash-flow nettement négatifs, avec plus de 410 M$ de dépenses d'investissement sur la période récente — normal en phase de construction, mais sans marge pour un retard de livraison.
Aucun contentieux significatif identifié à la date du rapport (recherche publique et dépôts SEC). Cette absence résulte des recherches effectuées et ne constitue pas une garantie.
3. Ce que l'entreprise compte faire à court et moyen terme
Note importante : Cipher ne publie aucune guidance financière chiffrée. Les éléments ci-dessous sont des jalons et des intentions exprimés par la direction dans ses communiqués et sa conférence de résultats, non des engagements contractuels.
Court terme (T4 2026 – T1 2027)
T4 2026 – T1 2027 — Livraison par phases des salles de Barber Lake, loyer démarrant à chaque livraison ; premier loyer attendu au T4 2026. Le projet est désormais financé par la convertible d'octobre (apport de ~750 M$ de fonds propres de projet), sur la base d'un budget révisé de 2,94–2,97 Md$. Tout nouveau dérapage serait très mal accueilli.
2 novembre 2026 — Publication des résultats du T3 2026. Premier trimestre incluant un mois plein de loyer Black Pearl. Les points d'attention seront la trajectoire de l'EBITDA ajusté (−30,0 M$ au T2), la première décomposition du chiffre d'affaires entre minage et location, le niveau de trésorerie au 30 septembre, l'éventuel exercice de l'option de 150 M$, un carnet consolidé actualisé et des précisions sur les budgets des autres campus.
Décembre 2026 — Désignations ERCOT définitives. ERCOT vise l'achèvement de l'audit ordonné par le gouverneur pour le 10 décembre 2026. C'est le catalyseur binaire le plus important des douze prochains mois : il conditionne la conversion des 2,1 GW « sous étude » (Apollo, Mikeska, McLennan, Stingray II) en capacité commercialisable.
Janvier 2027 — Achèvement attendu de la phase II de Barber Lake (+39 MW).
Poursuite des levées de dette de projet sur le modèle éprouvé « un site = un bail = une émission dédiée », au fur et à mesure de la signature de nouveaux baux — dans un contexte que le CFO qualifie de « nettement plus difficile ». La direction évoquait le recyclage du capital (refinancements, cessions d'actifs) plutôt que la dilution ; l'opération d'octobre montre que les marchés de convertibles et l'échange en actions font aussi partie de la boîte à outils.
Commercialisation d'Ulysses, Reveille et Odessa pour 2027 : discussions en cours avec des locataires (KBW, 6 octobre), avec un possible report des annonces après les élections de mi-mandat au Texas.
Moyen terme (2027 – 2028)
Avant fin 2027 — Mise à disposition de la génération sur site. Les pipelines latéraux doivent permettre d'alimenter jusqu'à 2,5 GW de production électrique en bring-your-own-generation, en partenariat avec des producteurs d'électricité. Objectif : accroître la capacité HPC louable sans attendre la file d'interconnexion, puis demander le raccordement de cette production au réseau.
2028 — Mise sous tension visée de Colchis (1 GW, ouest du Texas), sur la base d'un accord de raccordement direct pleinement exécuté avec American Electric Power, qui construira l'installation d'interconnexion double.
Commercialisation du pipeline non contractualisé (~4,4 GW) : signature de nouveaux baux avec des hyperscalers, en s'appuyant sur les deux références AWS et Google/Fluidstack. Chaque nouveau bail déclenche un financement de projet dédié et un incrément de NOI récurrent.
Extinction progressive du minage : aucun capex additionnel n'est prévu sur Odessa ; l'activité continue de décroître et le site sera à terme reconverti ou cédé.
Montée en puissance vers le régime de croisière des ~793 M$ de résultat opérationnel net annuel contractualisé sur la fenêtre octobre 2026 – septembre 2036, à comparer aux ~6,0 Md$ de dette à servir.
4. Analyse financière, création de valeur et risque de faillite
Compte de résultat — T2 2026 (source : communiqué officiel du 4 août 2026)
En milliers de USD
T2 2026
T2 2025
S1 2026
S1 2025
Chiffre d'affaires (minage de bitcoin)
24 837
43 565
59 675
92 524
Coût des ventes
(15 046)
(15 330)
(32 751)
(30 224)
Rémunérations et avantages
(42 359)
(15 659)
(77 362)
(29 962)
Frais généraux et administratifs
(16 479)
(9 078)
(28 220)
(18 029)
Dotations aux amortissements
(19 365)
(44 086)
(38 379)
(87 553)
Pertes réalisées sur cessions de bitcoin
(23 509)
(3 639)
(47 732)
8 557
Résultat opérationnel
(78 536)
(45 243)
(193 105)
(83 331)
Produits financiers
35 861
296
67 451
486
Charges d'intérêts
(66 736)
(1 137)
(125 894)
(1 914)
Variation de juste valeur des bons (non-cash)
(150 510)
—
(106 900)
—
Résultat net
(267 529)
(45 781)
(381 845)
(84 756)
Résultat par action (de base et dilué)
(0,65 $)
(0,12 $)
(0,94 $)
(0,23 $)
EBITDA ajusté
(29 986)
32 335
(78 208)
39 839
Lecture : la perte nette de 267,5 M$ du T2 est composée à 56 % d'une charge non-cash (150,5 M$ de réévaluation des bons de souscription Google, qui augmente mécaniquement quand le cours monte). Retraitée de cet élément et des éléments financiers, la perte opérationnelle « cœur » ressort à un EBITDA ajusté de −30,0 M$. C'est le chiffre à suivre : il doit redevenir positif à mesure que les loyers entrent en régime, d'abord au T3, pleinement à partir du T4 2026.
Le point noir structurel du compte de résultat est le coût du capital : 66,7 M$ de charges d'intérêts sur un seul trimestre contre 1,1 M$ un an plus tôt, partiellement compensés par 35,9 M$ de produits financiers sur la trésorerie restreinte non encore décaissée. Ce coussin de produits financiers disparaîtra au fur et à mesure que la trésorerie restreinte sera consommée par la construction — la charge d'intérêts nette va donc s'aggraver avant que les loyers ne la compensent. La séquence 2027 est le vrai test.
Bilan au 30 juin 2026
En milliers de USD
30/06/2026
31/12/2025
Variation
Trésorerie et équivalents (non restreints)
831 829
628 263
+32 %
Trésorerie restreinte (courante)
3 188 452
1 761 292
+81 %
Trésorerie restreinte (non courante)
539 506
275 076
+96 %
Total trésorerie restreinte
3 727 958
2 036 368
+83 %
Bitcoin au bilan
37 802
125 400
−70 %
Immobilisations corporelles nettes
2 132 585
633 417
×3,4
Total actif
7 501 454
4 291 908
+75 %
Dettes fournisseurs
289 091
40 064
×7,2
Charges à payer et autres passifs courants
356 746
90 086
×4,0
Passif sur bons de souscription (warrant liability)
632 060
525 160
+20 %
Emprunts court terme
94 484
37 793
×2,5
Emprunts long terme (nets)
5 446 866
2 711 648
×2,0
Total passif
6 913 718
3 456 054
×2,0
Déficit cumulé
(1 385 501)
(1 003 656)
−38 %
Capitaux propres
562 057
805 535
−30 %
Analyse de la trésorerie et de son évolution
Ce qui protège
831,8 M$ de liquidité totalement libre, en hausse de 32 % sur six mois — plus de 27 trimestres de couverture du « cash burn » d'EBITDA ajusté du T2 (30,0 M$) toutes choses égales par ailleurs.
3,73 Md$ de trésorerie restreinte déjà levée et affectée à la construction des trois campus. Les trois projets sont donc financés jusqu'à l'achèvement substantiel — le risque n'est plus le financement mais l'exécution.
Facilité renouvelable de 200 M$ (+50 M$ d'option) non tirée à disposition.
Dette majoritairement de projet, adossée à des baux dont les contreparties sont investment grade, avec des échéances longues (Stingray 2031) — pas de mur de remboursement à court terme.
Convertible d'octobre : ~835 M$ de produit net (~745 M$ après le capped call), sans intérêts en numéraire, échéance 2032 (option de remboursement des porteurs en novembre 2030), qui finance l'apport en fonds propres à Barber Lake.
Le revenu locatif est contractuel et indépendant du cours du bitcoin : ~793 M$ de NOI annuel sur dix ans.
Ce qui fragilise
Ratio dette / capitaux propres supérieur à 10x : 6,0 Md$ contre 562 M$. Toute dépréciation d'actif significative effacerait les fonds propres.
EBITDA ajusté négatif (−78,2 M$ sur le S1) : les loyers ne couvrent pas encore la structure de coûts.
Charges d'intérêts nettes appelées à se dégrader à mesure que la trésorerie restreinte (génératrice de 35,9 M$ de produits au T2) est consommée par les chantiers.
Dettes fournisseurs multipliées par 7,2 (289 M$) et charges à payer par 4,0 (357 M$) : le besoin en fonds de roulement de construction est massif et immédiat.
Matelas bitcoin quasi épuisé (37,8 M$) : la soupape de liquidité historique a été largement consommée.
Passif sur bons de 632 M$ au 30/06 (qui devrait baisser mécaniquement avec le cours) et un stock de convertibles augmenté de 850 M$ (moins 165,9 M$ échangés), porteur de dilution.
Dérapage de Barber Lake de ~800 M$ brut : la promesse de ne pas recourir à de nouveaux financements n'a pas tenu ; la direction avait pourtant indiqué au T2 ne pas anticiper de besoin de fonds propres additionnels.
Mon avis sur la progression en valeur
Le dossier est en train de basculer, mais la bascule n'est pas encore lisible dans les comptes. Le T2 2026 est le point bas mécanique du cycle : le minage s'éteint (−43 % a/a), les loyers n'ont pas commencé, et la dette de construction coûte déjà plein pot. Ce qui a changé depuis le rapport du 4 septembre n'est pas financier mais réglementaire et stratégique, et c'est précisément ce qui manquait.
La classification Batch Zero du 16 septembre est la première validation par un tiers indépendant que le pipeline de Cipher n'est pas une collection d'options foncières spéculatives. Obtenir 1 GW en charge de base conditionnelle pour Colchis — adossé à un accord de raccordement direct signé avec American Electric Power — fait passer ce site du statut de « projet 2028 » à celui d'« actif en cours de qualification ». C'est cette information que Morgan Stanley a monétisée en portant son objectif de 43,50 $ à 54 $. Le mécanisme de création de valeur est désormais clair et répétable : foncier + accès électrique qualifié → bail hyperscaler → dette de projet dédiée → NOI récurrent, un cycle déjà exécuté trois fois.
Mais trois réserves empêchent de relever la note. D'abord, le mot « conditionnel » : ERCOT ne délivre ni date de mise sous tension ni autorisation de raccordement avant décembre 2026, et l'audit du gouverneur peut encore reclasser des projets. Ensuite, le cours a déjà absorbé une bonne partie de la bonne nouvelle : à 18,90 $, avec ~10 $/action de VAN attribuable aux contrats signés selon Wells Fargo, l'investisseur paie aujourd'hui environ la moitié du titre pour du pipeline non encore contractualisé. Enfin, la dispersion des objectifs d'analystes — de 18 $ chez Rothschild à 54 $ chez Morgan Stanley — traduit une incertitude de valorisation d'un facteur trois, ce qui est le symptôme d'un dossier où les hypothèses, et non les faits, font le prix.
Mise à jour au 7 octobre : l'extension de Barber Lake à 20 ans est l'élément de création de valeur le plus tangible depuis la signature des baux initiaux : elle double plus que le carnet du site (>9 Md$) et démontre qu'un second locataire de premier plan est prêt à s'engager sur une infrastructure déjà construite, ce qui réduit fortement le risque de valeur résiduelle à l'issue du premier bail. La contrepartie est la franchise de 359,3 M$ de dépassement de coûts à la charge de Cipher : si elle est consommée en totalité, elle réduirait la trésorerie libre de plus de 40 % alors que l'EBITDA ajusté est encore négatif. Le marché a retenu ce second point et le contexte de taux, faisant reculer le titre de ~18 %. Notre lecture est que le rapport rendement/risque s'est amélioré (carnet plus gros, cours plus bas) mais que la marge de sécurité de liquidité s'est réduite — ce qui laisse la note inchangée.
Mise à jour au 27 octobre : la révision du budget de Barber Lake change l'équation de valeur. À coût d'investissement +36 % pour un loyer de la période Fluidstack largement inchangé (le locataire ne rembourse que 50 % des surcoûts au-delà de 359,3 M$), la rentabilité du premier campus se dégrade (rendement cash ~10,5 % selon Wells Fargo) et la création de valeur par action diminue, d'autant que la dilution augmente. La seconde décennie engagée par le laboratoire d'IA reste un atout, mais elle ne commence qu'en 2036. À 7,71 $, la capitalisation (~3,2 Md$, ~3,5 Md$ pro forma) est inférieure à ce que Wells Fargo attribue aux seuls baux signés (~10 $/action) : le marché ne valorise plus du tout le pipeline, voire applique une décote aux contrats existants. Le potentiel de rebond est donc important si l'exécution suit, mais la confiance dans les budgets et le financement doit être reconstruite — d'où la baisse de la note.
Conclusion sur la valeur : le potentiel d'appréciation à 2-3 ans est réel et adossé à des contrats vérifiables, mais il est conditionné à trois exécutions successives : livrer les campus dans les délais, franchir le verdict ERCOT de décembre, et signer de nouveaux baux sur les 4,4 GW restants. Chacune de ces étapes est probable individuellement ; leur produit ne l'est pas autant.
Risque de faillite à 2-3 ans : faible à modéré
Facteur
Évaluation
Commentaire
Liquidité immédiate
Correcte, sous surveillance
831,8 M$ non restreints au 30/06 + 200 M$ de facilité non tirée + ~745 M$ nets levés en octobre, mais ~750 M$ de fonds propres à apporter à Barber Lake. Simply Wall St estime la trésorerie à moins d'un an de consommation. Trésorerie au 30/09 à vérifier le 2 novembre.
Financement des projets en cours
Sécurisé, après rallonge
3,73 Md$ de trésorerie restreinte au 30/06 + la convertible d'octobre pour couvrir le surcoût de Barber Lake. La preuve est faite que les budgets peuvent déraper fortement.
Mur d'échéances
Éloigné
Dette long terme majoritairement 2031+, structurée par projet ; nouvelle convertible à échéance 2032, option de remboursement des porteurs au 1er novembre 2030.
Qualité des contreparties locatives
Élevée
AWS en direct ; Fluidstack rehaussé à 1,4 Md$ par Google ; un laboratoire d'IA de premier plan engagé pour 2036-2046 sur Barber Lake.
Rentabilité opérationnelle
Négative
EBITDA ajusté −30,0 M$ au T2, −78,2 M$ au S1. Doit s'inverser en 2027.
Levier
Extrême
~6,7 Md$ de dette en principal pro forma (estimation) pour 562 M$ de fonds propres au 30/06. Dette totale égale à ~137 % de la capitalisation au 15/10 selon Trefis, davantage depuis.
Dépendance réglementaire
Élevée
100 % des sites au Texas, sous un régulateur unique dont le verdict tombe en décembre 2026.
Dépendance au bitcoin
En forte baisse
Activité résiduelle sur un seul site ; 37,8 M$ de bitcoins au bilan seulement.
La probabilité de défaut à 2-3 ans reste faible à modérée (relevée par rapport au 7 octobre) : l'entreprise n'est pas exposée à un risque de refinancement à court terme, ses chantiers sont préfinancés, et ses revenus futurs sont contractés avec des contreparties de premier rang. Le scénario de stress réaliste n'est pas la faillite mais une destruction de valeur actionnariale : si les livraisons dérapent et que les loyers arrivent plus tard que le service de la dette ne l'exige, la société devrait lever des fonds propres en position de faiblesse — avec désormais ~456 M d'actions pro forma, une nouvelle émission serait très dilutive. L'épisode d'octobre montre que ce scénario n'est pas théorique : la société a déjà dû recourir à une convertible et à un échange en actions pour couvrir un dépassement.
5. Note globale
6.0
/ 10
6,0 / 10 — en baisse d'un point par rapport au rapport du 7 octobre 2026 (7,0). Ce qui soutient : carnet contractuel intact et de grande qualité (AWS, Fluidstack rehaussé par Google, laboratoire d'IA sur 2036-2046, >9 Md$ à Barber Lake) ; financement du surcoût obtenu sans intérêts en numéraire ; Black Pearl livré en avance et premier loyer de Barber Lake attendu au T4 ; consensus Strong Buy (22 analystes, objectif moyen 29,36 $) ; valorisation inférieure à la valeur estimée des seuls baux signés. Ce qui pèse : dérapage de 36–38 % du budget de Barber Lake et baisse de la rentabilité du projet ; ~750 M$ de fonds propres de projet à apporter ; dilution immédiate de ~10 % et potentielle supplémentaire via la convertible ; revirement par rapport au message de financement « sur bilan » ; dette pro forma ~6,7 Md$ pour 562 M$ de fonds propres ; EBITDA ajusté encore négatif ; ERCOT conditionnel jusqu'en décembre ; titre −50 % en trois semaines. En synthèse : le risque de faillite reste contenu à 2-3 ans, mais la société a montré que ses budgets et ses engagements de financement pouvaient glisser fortement. Le potentiel de hausse est élevé depuis 7,71 $, à condition que le T3 (2 novembre) rassure sur la trésorerie et les coûts, et que l'audit ERCOT de décembre valide le pipeline. Un 6,0 traduit un dossier spéculatif à fort levier, dans la moyenne du portefeuille, avec une asymétrie intéressante mais une confiance à reconstruire.
Ce qui ferait monter la note
Décembre 2026 : confirmation définitive par ERCOT des statuts de Colchis et, surtout, promotion d'Apollo / Mikeska / McLennan de « sous étude » à « charge de base ».
T3 / T4 2026 : retour de l'EBITDA ajusté en territoire positif, avec une décomposition du CA montrant le loyer dépasser le minage.
2 novembre : trésorerie au 30/09 solide, confirmation du budget révisé de Barber Lake sans nouveau dérapage, et budgets des autres campus confirmés.
Signature d'un quatrième bail avec un hyperscaler sur une partie des 4,4 GW non contractualisés, accompagné de son financement de projet dédié.
Concrétisation des 2,5 GW de génération sur site avec un partenaire producteur identifié et un calendrier ferme.
Ce qui ferait baisser la note
Verdict défavorable de l'audit texan en décembre : reclassement ou blocage d'un ou plusieurs sites majeurs.
Retard de livraison sur Barber Lake (T4 2026 – T1 2027) ou Black Pearl phase II : les loyers décalent, le service de la dette non.
Nouveau dérapage de budget sur Barber Lake, Black Pearl phase II ou Stingray, après celui de +36 % révélé le 13 octobre.
Nouvelle émission d'actions ou de convertibles à court terme pour combler un besoin de trésorerie — après l'opération d'octobre, une seconde levée confirmerait une dépendance aux marchés de capitaux.
Dégradation du crédit d'un locataire ou renégociation d'un bail.
Retournement du cycle de dépenses d'investissement en IA, qui comprimerait la demande de colocation et les loyers de marché.
Sources
SEC EDGAR — Cipher Digital Inc., formulaire 8-K, communiqué « Cipher Digital Announces Pricing of Private Offering of $850.0 Million of 0.00% Convertible Senior Notes due 2032 and Concurrent Exchange of Convertible Senior Notes due 2030 », 14 octobre 2026 : https://www.sec.gov/Archives/edgar/data/0001819989/000119312526421035/d77312dex991.htm
StockAnalysis.com — Cours, capitalisation, range 52 semaines, bêta, consensus (22 analystes, objectif 29,36 $), date de résultats et fil d'actualités CIFR (données au 27 octobre 2026) : https://stockanalysis.com/stocks/cifr/
Baxtel — Fiche technique du site « Cipher Digital: Colchis, West Texas Data Center » (620 acres, accord de raccordement direct 1 GW avec American Electric Power, mise sous tension visée en 2028, ~95 % des fonds propres pour Cipher) : https://baxtel.com/data-center/cipher-digital-colchis-west-texas