Analyse financière — BlackSky Technology Inc. (NYSE : BKSY)
Rapport généré le 26 août 2026 | Devise : USD | Secteur : Imagerie satellitaire / Renseignement spatial & IA | Cours de référence : 25,21 $ (clôture du 25/08/2026) | Capitalisation : ~1,03 Md$ | 40,9 M d'actions en circulation
6,5 / 10
Note globale : 6,5 / 10(précédente : 6,5 / 10 le 11/08/2026 — note maintenue) Risque de faillite faible à horizon 2–3 ans : 244,1 M$ de trésorerie, trésorerie restreinte et placements court terme au 30/06/2026 contre 210,8 M$ de dette totale, soit une position de trésorerie nette positive (~+33 M$), et un EBITDA ajusté redevenu positif (+4,7 M$ au T2 2026, marge 14,2 %). Potentiel d'appréciation : modéré à bon. Le carnet de commandes de 378,1 M$ (soit ~3,5x le CA des 12 derniers mois) et une croissance de +50 % en glissement annuel au T2 valident enfin la thèse Gen-3. La note reste bridée par : une perte nette persistante (−50,5 M$ au S1 2026), un flux de trésorerie opérationnel négatif (−5,9 M$ au S1) combiné à 50–60 M$ de capex annuel, une dilution continue (ATM de 250 M$ ouvert, +14 % d'actions en 6 mois), une guidance annuelle qui exige un second semestre de 76 à 96 M$ de CA contre 54 M$ au premier, et une valorisation encore élevée (~7,4x le CA 2026 attendu). Le titre a corrigé de ~52 % depuis son pic de mai 2026 (52,88 $), ce qui a assaini une partie de l'excès de valorisation.
1. Ce que fait l'entreprise
BlackSky Technology Inc. (siège : Herndon, Virginie ; fondée en 2013 ; cotée au NYSE depuis 2021 via SPAC Osprey Technology Acquisition Corp. ; 321 salariés) est un opérateur américain de renseignement spatial temps réel. L'entreprise possède et exploite sa propre constellation de satellites d'observation de la Terre en orbite basse (LEO) et vend non pas des images brutes, mais un service d'imagerie et d'analyse à haute fréquence de revisite.
Les trois lignes de revenus
Segment
Description
CA T2 2026
Part
Space-based intelligence & AI services
Abonnements récurrents à l'imagerie et aux analyses (offres « Assured » — capacité garantie — et « On-Demand »), via la plateforme logicielle BlackSky Spectra®
24,5 M$
73,6 %
Mission solutions
Vente de satellites souverains clé en main (« sovereign mission solutions ») à des États, avec exploitation en orbite et services associés
5,1 M$
15,3 %
Advanced technology programs
Programmes de R&D financés (cloud, hébergement, développement de composants, intégration client)
3,7 M$
11,1 %
Total
33,3 M$
100 %
La technologie
Constellation Gen-2 : satellites d'imagerie à ~1 m de résolution, en service depuis plusieurs années, cœur historique du contrat EOCL (Electro-Optical Commercial Layer) avec le NRO.
Constellation Gen-3 : nouvelle génération à 35 cm de résolution, avec imagerie infrarouge (imagerie de nuit) et liaisons intersatellites. 4 satellites Gen-3 opérationnels à ce jour ; l'entreprise vise 8 en orbite d'ici fin 2026 et 12 à 15 à terme pour une revisite horaire.
AROS : programme de cartographie numérique large-champ (broad area collection), financé par le NRO, visant un satellite multispectral prêt au vol en 2028 pour concurrencer les fournisseurs actuels d'imagerie de fondation.
Spectra® : plateforme logicielle SaaS de tasking, de traitement et d'analyse assistée par IA — c'est l'élément qui transforme un opérateur de satellites en fournisseur de services à marge élevée.
Clients : agences de renseignement et de défense américaines (NRO, NGA, US Space Force, AFRL) et, de plus en plus, gouvernements et ministères de la défense étrangers. Plus de 80 % du carnet de commandes financé provient désormais de clients internationaux, un basculement majeur par rapport à la dépendance historique au NRO.
Concurrence : Planet Labs (PL), Maxar Intelligence (privée), Satellogic (SATL), ICEYE et Umbra (radar SAR), Airbus Defence & Space, ainsi que les capacités souveraines développées en propre par certains États.
2. Avancées des 12 derniers mois (août 2025 – août 2026)
Éléments positifs
Décembre 2025 — Financement obligataire de 160 M$ : placement privé d'obligations convertibles senior à 8,25 %, échéance 1er août 2033, en upsize par rapport aux 125 M$ initialement annoncés. Repousse le mur de dette à 7 ans.
Février 2026 — Contrat international à 8 chiffres (≥10 M$) pour la livraison accélérée d'une solution souveraine Gen-3 : vente d'un satellite Gen-3 35 cm + exploitation pluriannuelle en orbite + abonnement Assured.
Avril 2026 — Contrat « Assured » de 25 M$ pluriannuel remporté en compétition auprès d'un grand client de défense international.
Mai 2026 — Relèvement de la guidance 2026 (7 mai) sur le CA et l'EBITDA ajusté, sur fond de contrat de 99 M$ avec l'US Air Force Research Lab.
Mai 2026 — Renouvellement pluriannuel à 7 chiffres pour l'automatisation des services d'imagerie non-terrestre (NEI / space domain awareness), extension du périmètre du programme.
Juin 2026 — Modification du contrat NRO sur AROS : le contrat AROS dépasse désormais 150 M$, avec financement d'un chemin direct vers un engin spatial multispectral de cartographie large-champ prêt au vol en 2028. Le titre avait bondi de +14,5 % sur cette annonce.
Juillet 2026 — Série de contrats R&D américains pour déployer des solutions IA Gen-3 au service des opérations ISR tactiques temps réel.
Août 2026 — Résultats T2 record : CA de 33,3 M$ (+50 % sur un an, +60 % séquentiel), CA d'abonnements record à 24,5 M$ (+50 % séquentiel), premier EBITDA ajusté trimestriel nettement positif à +4,7 M$ (contre −2,8 M$ un an plus tôt). Revenus internationaux +200 % sur un an.
Août 2026 — Renforcement du bilan : levée de ~150 M$ via l'ATM au T2 (3,6 M d'actions), portant la trésorerie et placements à 244,1 M$ et la liquidité totale au-delà de 325 M$.
Août 2026 — Carnet de commandes de 378,1 M$, dont 76,2 M$ à reconnaître au second semestre 2026. Plus de 80 % du carnet financé est international.
11–12 août 2026 — Nouveaux contrats internationaux : contrat pluriannuel à 7 chiffres combinant abonnements Assured et On-Demand (conversion rapide d'un pilote), puis contrat pluriannuel de défense internationale combinant Gen-2 et Gen-3 pour un client militaire non divulgué.
Août 2026 — Relèvement de recommandation : Clear Street passe de Hold à Buy, objectif porté de 29 $ à 41 $. H.C. Wainwright relève son objectif de 28 $ à 42 $ (Buy). Consensus « Strong Buy » sur 6 analystes, objectif moyen 38,42 $.
Éléments négatifs, risques et points de vigilance
Correction boursière violente : le titre a chuté d'environ 52 % depuis son plus haut de 52 semaines à 52,88 $ (mai 2026) pour revenir à 25,21 $. Bêta de 2,62 — volatilité extrême.
Dégradation Jefferies : passage de Buy à Hold en mai 2026 (« l'enthousiasme général pour le spatial a porté le cours »), puis objectif abaissé de 50 $ à 33 $ en août 2026 malgré de bons résultats — signe que la valorisation, et non l'exécution, est le problème.
Dilution structurelle : le nombre d'actions est passé de 35,9 M (31/12/2025) à 40,6 M (30/06/2026), soit +13 % en six mois. Le capital d'apport supplémentaire a bondi de 821 M$ à 988 M$. Un nouveau programme ATM de 250 M$ a été déposé (remplaçant un ATM de 100 M$ retiré) : la dilution va se poursuivre.
Retrait de la cote des warrants : le 10 août 2026, le NYSE a annoncé l'ouverture d'une procédure de radiation des warrants BKSY.W. Impact opérationnel nul, mais mauvais signal de gouvernance/liquidité et rappel de l'héritage SPAC.
Guidance très exigeante sur le second semestre : pour atteindre 130–150 M$ sur l'année après 54,1 M$ au S1, il faut réaliser 76 à 96 M$ au S2, soit une multiplication par 1,4 à 1,8 du rythme semestriel. Le carnet ne couvre que 76,2 M$ de ce montant — le bas de fourchette est atteignable, le haut suppose de nouvelles signatures et une exécution parfaite des lancements.
Risque de lancement : les Gen-3 n°5 et 6, annoncés pour le T3, ont glissé vers septembre 2026 sur Electron (Rocket Lab). L'objectif de 8 satellites en orbite fin 2026 dépend entièrement de la cadence de lancement d'un tiers. Tout retard décale la reconnaissance de revenus d'abonnement.
Dépendance au budget de renseignement américain : le contrat EOCL avec le NRO ne sécurisait les services Gen-2 que jusqu'à mi-2026 ; le renouvellement et les incertitudes budgétaires fédérales restent un risque de premier ordre, atténué mais non éliminé par la diversification internationale.
Croissance historique faible : le CA 2025 n'a progressé que de +4,4 % (106,6 M$ contre 102,1 M$ en 2024) avec une perte de −70,3 M$ (+22,8 % de perte). L'accélération de 2026 est réelle mais très récente — elle n'a que deux trimestres d'historique.
Volatilité comptable des dérivés : la perte nette est fortement polluée par les variations de juste valeur des warrants et instruments assimilés (−10,5 M$ au T2, −18,7 M$ au S1). Les passifs dérivés ont doublé, de 20,6 M$ à 39,2 M$ en six mois.
Segment Mission Solutions très irrégulier : 7,1 M$ au S1 2026 contre 10,9 M$ au S1 2025 (−35 %), avec un T1 quasi nul. Ce segment de vente de satellites souverains est lumpy par nature et rend la trajectoire trimestrielle imprévisible.
Aucun litige matériel identifié sur la période, mais des coûts de « litigation, settlements and related costs » figurent au compte de résultat pour des montants négligeables (32 K$ au T2 2026).
3. Ce que l'entreprise compte faire à court et moyen terme
Court terme (S2 2026 – 2027)
Déployer 4 satellites Gen-3 supplémentaires pour atteindre 8 en orbite d'ici fin 2026 (Gen-3 n°5 et 6 en septembre 2026 sur Electron). Chaque satellite ajouté augmente la fréquence de revisite, donc la valeur — et le prix — des abonnements.
Tenir la guidance 2026 réaffirmée le 6 août : CA de 130–150 M$, EBITDA ajusté de 12–24 M$, capex de 50–60 M$. Le consensus se situe à 137,6 M$, soit dans le tiers bas de la fourchette.
Convertir les pilotes internationaux en abonnements pluriannuels : c'est le moteur explicite de la stratégie commerciale, avec au moins trois conversions réussies depuis février 2026.
Sécuriser le renouvellement des programmes gouvernementaux américains : EOCL (NRO), Luno (NGA), Global Data Marketplace (US Space Force).
Moyen terme (2027–2029)
Porter la constellation Gen-3 à 12–15 satellites pour offrir une revisite horaire, seuil considéré comme le point de bascule pour la surveillance tactique temps réel.
Livrer AROS : un engin de cartographie multispectrale large-champ prêt au vol en 2028, financé par le NRO à hauteur de plus de 150 M$. Objectif stratégique : devenir l'alternative commerciale pour l'imagerie de fondation, un marché aujourd'hui verrouillé par Maxar et les capacités gouvernementales.
Industrialiser les solutions souveraines : construire des Gen-3 en avance de commande pour tenir une promesse de livraison en un an aux clients gouvernementaux — un argument commercial décisif face à des cycles d'acquisition traditionnels de 3 à 5 ans.
Basculer le mix vers l'abonnement : les services d'intelligence spatiale (marge brute ~78 %) doivent porter la croissance, au détriment relatif des programmes de R&D à marge plus faible.
4. Analyse financière : progression de la valeur et risque de faillite
Compte de résultat (T2 et S1 2026, en milliers de $)
Poste
T2 2026
T2 2025
Var.
S1 2026
S1 2025
Chiffre d'affaires total
33 316
22 199
+50,1 %
54 090
51 743
dont Space-based intelligence & AI
24 507
17 982
+36,3 %
41 026
34 811
dont Mission solutions
5 111
1 051
+386 %
7 120
10 893
dont Advanced technology programs
3 698
3 166
+16,8 %
5 944
6 039
Coût des ventes (hors D&A)
9 049
6 247
—
16 381
18 847
Frais généraux & commerciaux (SG&A)
23 778
22 667
+4,9 %
46 340
44 109
Dotations aux amortissements
7 997
7 208
+10,9 %
17 244
14 444
Résultat opérationnel
−7 799
−13 940
amélioration
−26 336
−25 919
Perte sur dérivés (non cash)
−10 517
−24 435
—
−18 734
−22 534
Produits financiers
+1 348
+677
+99 %
+2 372
+1 250
Charges financières
−3 865
−3 509
+10,1 %
−7 797
−6 852
Résultat net
−20 834
−41 239
−49,5 %
−50 497
−54 052
Perte nette par action
−0,54 $
−1,27 $
—
−1,35 $
−1,71 $
EBITDA ajusté
+4 738
−2 817
retournement
−358
−3 434
Lecture : le trimestre est bon, mais il faut le décomposer. Le CA d'abonnements progresse de +36 % sur un an et de +50 % en séquentiel — c'est la vraie nouvelle et c'est la ligne à marge élevée. Le bond spectaculaire de +386 % de Mission Solutions repose sur une base de comparaison quasi nulle (1,1 M$ au T2 2025) : c'est du bruit, pas une tendance. Sur le semestre complet, le CA total ne progresse que de +4,5 % (54,1 M$ contre 51,7 M$) car le T1 2026 avait été très faible. C'est l'argument central des sceptiques : un seul trimestre exceptionnel ne fait pas une inflexion durable. Point positif majeur : les charges d'exploitation cash sont restées quasi stables (20,0 M$ contre 19,4 M$), preuve d'un vrai levier opérationnel — la croissance du CA tombe presque intégralement en EBITDA. La marge brute hors D&A ressort à 73 %, en amélioration.
Bilan au 30 juin 2026 (en milliers de $)
Poste
30/06/2026
31/12/2025
Variation
Trésorerie et équivalents
36 897
42 445
−5 548
Trésorerie restreinte
9 965
1 103
+8 862
Placements court terme
197 283
82 006
+115 277
Total liquidités
244 145
125 554
+118 591
Créances clients nettes
27 959
34 139
−6 180
Actifs de contrat
26 025
28 595
−2 570
Total actif courant
309 789
206 795
+102 994
Immobilisations corporelles nettes
90 980
79 037
+11 943
Satellites en cours de construction
95 608
80 651
+14 957
Goodwill + incorporels
13 779
14 701
−922
Total actif
517 026
386 246
+130 780
Dettes fournisseurs et charges à payer
13 787
14 945
−1 158
Passifs de contrat courants
18 995
20 518
−1 523
Dette — part courante
11 672
7 937
+3 735
Total passif courant
53 093
59 461
−6 368
Dette long terme (nette part courante)
199 166
193 180
+5 986
Passifs dérivés (warrants, non cash)
39 171
20 648
+18 523
Obligations locatives long terme
10 059
7 579
+2 480
Total passif
305 494
291 371
+14 123
Capital d'apport supplémentaire
988 473
821 319
+167 154 (dilution)
Déficit accumulé
−776 945
−726 448
−50 497
Capitaux propres
211 532
94 875
+116 657
Analyse de la dette
Dette totale : 210,8 M$ (11,7 M$ courants + 199,2 M$ long terme).
Le cœur de la dette est constitué des obligations convertibles senior à 8,25 % échéance 1er août 2033, émises pour 160 M$ en décembre 2025 (opération upsizée depuis 125 M$). Ce sont des obligations non garanties. Intérêts payables semestriellement (1er février et 1er août).
Aucun mur de refinancement avant 2033 : c'est l'élément le plus protecteur du dossier. La société dispose de 7 ans pour atteindre l'autofinancement.
Trésorerie nette positive : 244,1 − 210,8 = +33,3 M$. Les liquidités couvrent 116 % de la dette totale.
Charge d'intérêts annualisée : ~15,5 M$, partiellement compensée par ~4,7 M$ de produits financiers annualisés sur les placements. Charge nette d'intérêts ~11 M$/an, soit environ 8 % du CA 2026 attendu — supportable mais non négligeable.
Ratio dette / capitaux propres : 1,0x, en forte amélioration (2,2x fin 2025) grâce à la levée d'equity.
Ratio de liquidité générale (current ratio) : 5,8x — excellent.
Les 39,2 M$ de passifs dérivés ne sont pas de la dette : ce sont des warrants valorisés à la juste valeur, dont la hausse reflète mécaniquement la hausse du cours. Ils ne consomment pas de trésorerie mais sont dilutifs à l'exercice.
Analyse de la trésorerie et de son évolution
Flux (S1, en milliers de $)
S1 2026
S1 2025
Commentaire
Flux opérationnel
−5 881
+19 965
Retournement défavorable de 25,8 M$
dont variation des passifs de contrat
−8 021
+34 183
Effet dominant : les avances clients de 2025 sont consommées
dont variation autres passifs courants
−8 015
+1 168
Décaissements ponctuels
dont créances clients
+6 129
+7 720
Bon recouvrement
Achats d'immobilisations
−7 287
−8 096
—
Satellites en cours
−23 892
−10 772
Capex satellitaire x2,2 : effort Gen-3
Placements nets
−113 747
−30 953
Placement du produit de la levée
Produit des émissions d'actions
+160 170
+40 861
Source principale de financement
Remboursements de dette
−3 938
−563
—
Variation nette de trésorerie
+3 314
+9 330
Positive uniquement grâce à l'equity
Le point faible du dossier. Le free cash flow du S1 2026 est de −37,1 M$ (−5,9 M$ d'opérationnel −31,2 M$ de capex). Rapporté au capex annuel guidé de 50–60 M$ et à un EBITDA ajusté guidé de 12–24 M$, l'année 2026 se soldera par une consommation de trésorerie d'environ 35 à 60 M$. Avec 244 M$ de liquidités, cela représente 4 à 7 ans d'autonomie au rythme actuel, sans nouvelle levée — mais ce calcul suppose que le capex ne s'accélère pas, ce qui est peu probable si la société veut passer de 8 à 15 satellites Gen-3 et financer AROS. L'inversion du flux opérationnel (de +20 M$ à −5,9 M$ d'un semestre sur l'autre) s'explique principalement par la consommation des passifs de contrat encaissés d'avance en 2025 : ce n'est pas une dégradation de la qualité du business, mais cela rappelle que le cash encaissé précède parfois de loin le CA reconnu, et inversement.
Valorisation
Indicateur
Valeur
Commentaire
Cours (25/08/2026)
25,21 $
−52 % vs. plus haut 52 sem. (52,88 $) ; +103 % vs. plus bas (12,41 $)
Oui, sur le plan opérationnel, et de façon désormais mesurable. Trois faits changent la nature du dossier par rapport à 2025 :
Le levier opérationnel est prouvé. Le CA a augmenté de 11,1 M$ sur un an au T2 pendant que les charges d'exploitation cash n'augmentaient que de 0,6 M$. Chaque dollar de CA marginal tombe presque entièrement en EBITDA. C'est la signature d'un modèle d'infrastructure arrivé à maturité.
La diversification internationale réduit le risque politique. Passer de « fournisseur du NRO » à « plus de 80 % du carnet financé provenant de clients internationaux » avec des revenus internationaux en hausse de 200 % change le profil de risque : la société n'est plus otage d'une seule ligne budgétaire fédérale.
Le bilan est assaini. Trésorerie nette positive, capitaux propres multipliés par 2,2 en six mois, aucune échéance de dette avant 2033. Le scénario de faillite à 2–3 ans est très peu probable.
Mais trois réserves sérieuses subsistent :
La croissance semestrielle reste faible (+4,5 %). Un T2 exceptionnel après un T1 médiocre. Il faudra deux à trois trimestres consécutifs de croissance à deux chiffres pour valider l'inflexion.
Le free cash flow reste franchement négatif et le restera tant que le déploiement Gen-3 et AROS n'est pas achevé, soit au minimum jusqu'en 2028. La dilution en est la conséquence directe et mécanique : +13 % d'actions en six mois, ATM de 250 M$ ouvert.
La valorisation reste tendue à ~7x le CA 2026 pour une société qui a cru de 4 % en 2025. Le marché paie déjà une exécution parfaite du plan Gen-3.
Risque de faillite à 2–3 ans : FAIBLE (estimé < 5 %). Trésorerie nette positive, aucune échéance obligataire avant 2033, current ratio de 5,8x, EBITDA ajusté positif, carnet de commandes de 378 M$ et accès démontré aux marchés de capitaux (160 M$ d'obligations en décembre 2025, 160 M$ d'actions au S1 2026). Le risque réel n'est pas l'insolvabilité : c'est la dilution des actionnaires existants et le risque que le cours stagne pendant que le nombre d'actions augmente.
5. Note globale : 6,5 / 10
Critère
Note
Justification
Solidité du bilan / risque de faillite
8,5 / 10
Trésorerie nette positive, dette à 2033, capitaux propres de 211 M$
Croissance du chiffre d'affaires
6,5 / 10
+50 % au T2 mais seulement +4,5 % sur le semestre ; base 2025 très faible (+4,4 %)
Rentabilité
5,5 / 10
EBITDA ajusté positif au T2 (marge 14,2 %) mais perte nette de 50,5 M$ au S1 et FCF de −37 M$
Visibilité / carnet de commandes
8,0 / 10
378,1 M$ de carnet (3,5x le CA TTM), 80 % international, contrats pluriannuels
Position concurrentielle / barrières
7,0 / 10
Gen-3 à 35 cm + IR + Spectra, cycle de livraison souveraine d'un an ; mais Planet, Maxar, ICEYE bien installés
Qualité du management / exécution
7,0 / 10
Gen-3 livré et opérationnel en 3 semaines après lancement, guidance relevée puis tenue ; mais glissements de lancement
Valorisation / potentiel d'appréciation
5,5 / 10
~7,1x EV/CA 2026e ; correction de −52 % a assaini l'excès, consensus à +52 % mais dilution en face
Risque de dilution
4,0 / 10
+13 % d'actions en 6 mois, ATM de 250 M$ ouvert, FCF négatif jusqu'en 2028 au moins
NOTE GLOBALE
6,5 / 10
Maintenue par rapport au 11/08/2026
Justification de la note
Pourquoi 6,5 et pas plus ? Le dossier est fondamentalement solide : risque de faillite très faible, carnet de commandes en forte croissance, levier opérationnel démontré, diversification réussie hors du budget américain. Mais BlackSky reste une société qui brûle du cash et qui finance sa croissance en émettant des actions. Chaque année de déploiement Gen-3 et AROS coûtera 50 à 60 M$ de capex pour un EBITDA de 12 à 24 M$. Sur 2 à 3 ans, cela signifie très probablement 100 à 200 M$ de dilution supplémentaire. Un actionnaire d'aujourd'hui peut voir le CA doubler sans que le cours suive proportionnellement.
Pourquoi 6,5 et pas moins ? Parce que la correction de 52 % depuis mai a fait le plus gros du travail sur la valorisation, et que les indicateurs opérationnels s'améliorent tous simultanément — CA, marge brute, EBITDA, carnet, mix international. Le consensus analystes (Strong Buy, objectif 38,42 $) et deux relèvements d'objectif en août (Clear Street à 41 $, H.C. Wainwright à 42 $) traduisent une reconnaissance croissante de l'inflexion. Sur un horizon de 2 à 3 ans, si la société atteint 250–300 M$ de CA avec un EBITDA ajusté de 25 % et un FCF proche de l'équilibre, un multiple de 6x le CA justifierait une capitalisation de 1,5 à 1,8 Md$, soit un potentiel de +50 à +75 % avant dilution.
Catalyseurs à surveiller d'ici fin 2026 :
Lancement réussi des Gen-3 n°5 et 6 en septembre 2026 (Rocket Lab / Electron) — puis n°7 et 8 pour atteindre l'objectif de 8 satellites.
Publication du T3 2026 (début novembre) : il faut un CA d'au moins 38–40 M$ pour crédibiliser le milieu de la fourchette annuelle.
Renouvellement du contrat EOCL avec le NRO (échéance mi-2026 des engagements Gen-2).
Rythme d'utilisation de l'ATM de 250 M$ : un tirage rapide serait un signal négatif sur la discipline capitalistique.
Nouvelles conversions de pilotes internationaux en contrats souverains à 8 chiffres.
Avertissement. Ce rapport est une analyse informative produite à partir de documents financiers officiels (communiqués de résultats, Form 10-Q déposé auprès de la SEC) et de sources publiques réputées fiables, à la date du 26 août 2026. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d'achat ou de vente. Je ne suis pas conseiller financier. Les données chiffrées proviennent des sources listées ci-dessus ; aucune donnée n'a été inventée ou extrapolée sans mention explicite (les projections sont identifiées par la mention « e » ou « attendu »). BlackSky est une valeur de croissance non rentable au niveau net, avec un bêta de 2,62 : la volatilité du cours peut être extrême à court terme. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.