Constructeur d'avions électriques à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL) — appareil phare « Midnight » — visant l'exploitation de taxis aériens commerciaux et une activité défense en partenariat avec Anduril
Archer Aviation Inc. (NYSE : ACHR), basée à San Jose / Santa Clara (Californie), est un constructeur aéronautique développant des avions électriques à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL). Son appareil phare, « Midnight », est un aéronef quatre passagers + pilote conçu pour des trajets urbains courts (type « taxi aérien »), en remplacement silencieux et bas-carbone des trajets automobiles congestionnés ou des hélicoptères. La société n'est pas encore en phase d'exploitation commerciale : ses revenus sont aujourd'hui négligeables et l'essentiel de son activité relève du développement et de la certification.
Conception, certification et (à terme) exploitation de l'eVTOL Midnight pour un service de taxi aérien. Modèle visé : réseaux de trajets entre héliports/vertiports urbains, en propre et via des partenaires. Partenaire aérien clé : United Airlines.
Développement d'aéronefs VTOL hybrides à usage militaire dans le cadre d'un partenariat exclusif avec Anduril (annoncé fin 2024), visant un « program of record » du Département de la Défense américain. Archer indique une demande de la part de quatre grands programmes de défense alliés.
Le constructeur automobile Stellantis est le partenaire de fabrication en contrat d'Archer et un investisseur majeur. La production en série de Midnight est prévue sur le site « ARC » en Géorgie (États-Unis), en s'appuyant sur les méthodes industrielles automobiles pour réduire les coûts.
Au capital et/ou partenaires : Stellantis, United Airlines, Wellington Management, 2PointZero (Abu Dhabi). À l'international, déploiement visé aux Émirats arabes unis avec Abu Dhabi Aviation comme opérateur.
| Poste | FY 2025 | T1 2026 |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | ~négligeable | $1.6M |
| Charges opérationnelles | $729.6M | n.d. |
| EBITDA ajusté | négatif | -$172.5M |
| Résultat net | -$618.2M | -$217.7M |
| Trésorerie utilisée par l'exploitation | -$432.9M | n.d. |
| Investissements (capex, propriété & équip.) | -$78.8M | n.d. |
| « Cash burn » opérationnel + capex | ~-$511.7M | n.d. |
Sources : communiqués officiels Archer « Fourth Quarter and Full Year 2025 Results » et « First Quarter 2026 Results », dépôts SEC (8-K / 10-Q, CIK 0001824502). Le « cash burn » 2025 est estimé en additionnant la trésorerie utilisée par l'exploitation (432,9 M$) et le capex (78,8 M$). La perte nette T1 2026 (217,7 M$) est supérieure à l'EBITDA ajusté (172,5 M$), l'écart provenant d'éléments hors exploitation et non-cash (stock-based comp, revalorisations, etc.).
| Poste | Montant | Détail |
|---|---|---|
| Trésorerie, équivalents & invest. CT | $1,775.9M | liquidité disponible |
| Passifs courants | $105.2M | dettes à < 1 an |
| Dette long terme (net part courante) | $78.8M | endettement minimal |
| Passifs sur bons de souscription (warrants) | $7.1M | non-cash |
| Passifs totaux | $243.4M | — |
| Position de trésorerie nette | ~+$1,532M | trésorerie − passifs totaux |
Évolution de la trésorerie : Archer a terminé FY 2025 avec 1 964,7 M$ de liquidités (+1 130,2 M$ vs FY 2024 ≈ 834,5 M$), grâce à d'importantes levées de capitaux (dont 430 M$ fin 2024 avec Anduril/Stellantis/United, 650 M$ en actions et un ATM). Au 31/03/2026, les liquidités s'établissent à ~1 775,9 M$ : la baisse séquentielle (~189 M$) reflète le « cash burn » du trimestre, partiellement compensé par les émissions. La direction estime sa liquidité suffisante pour financer le plan d'exploitation pendant au moins 12 mois.
Points forts : Archer présente l'un des bilans les plus solides du secteur eVTOL : ~1,78 Md$ de liquidités pour seulement ~243 M$ de passifs totaux et une dette long terme quasi nulle (~79 M$). La société est donc très largement en trésorerie nette positive (~1,53 Md$), ce qui écarte tout risque d'insolvabilité à court terme. Elle bénéficie d'un actionnariat de qualité (Stellantis, United, Wellington, 2PointZero), d'une avance réglementaire réelle (1er eVTOL à clore la Phase 3 FAA, 1er sur la voie RTC aux EAU) et d'un second relais de croissance dans la défense (Anduril / DoD).
Points faibles : Archer reste une société essentiellement pré-revenu (C.A. de 1,6 M$ au T1 2026) avec des pertes lourdes (-618,2 M$ en 2025, -217,7 M$ au T1 2026) et un « cash burn » élevé (~500 M$/an, en accélération avec la montée en cadence et la défense). Le financement passe par une dilution continue (actions + ATM). S'ajoutent un procès de Joby (secrets d'affaires), un rapport de vendeur à découvert (Culper) mettant en cause la crédibilité des jalons, et le fait qu'un vol de transition piloté n'a pas encore été démontré publiquement — étape technique décisive.
Risque de faillite : Faible à court et moyen terme. Avec ~1,78 Md$ de liquidités, une dette minime et un « burn » d'environ 500 M$/an, la piste de trésorerie couvre plusieurs années (la direction évoque au moins 12 mois, mais le coussin réel est plus long au rythme actuel). Le risque n'est pas l'insolvabilité mais l'exécution : réussir la certification, franchir le vol de transition, industrialiser et générer des revenus avant d'avoir à lever massivement de nouveau (nouvelle dilution).
Progression en valeur : La valeur intrinsèque dépend presque entièrement de jalons binaires à venir (certification FAA/EAU, premier vol commercial, contrats défense). Le bilan protège le « downside », mais le cours (~5,34 $) reste très volatil et sous la pression de la dilution et des controverses. Les analystes conservent un consensus « Achat » avec un objectif moyen (~10,6–12 $) nettement supérieur au cours, traduisant un potentiel élevé conditionné à la bonne exécution.
Trésorerie + investissements court terme (données publiées)
Position de trésorerie nette largement positive
Archer Aviation (ACHR) obtient une note de 6,0/10 sur le potentiel de hausse du cours à 2–3 ans. C'est un dossier de croissance spéculative « pré-commercial » de haute qualité : le risque de faillite est faible (trésorerie nette de ~1,5 Md$, dette minime), la société est en tête de la course à la certification eVTOL (1re à clore la Phase 3 FAA, 1re sur la voie RTC aux EAU) et dispose de partenaires structurants (Stellantis, United, Anduril) et d'un catalyseur unique (JO de Los Angeles 2028).
La note est contenue à 6,0 — et non plus haut — car Archer reste sans revenus significatifs, avec un « cash burn » élevé, une dilution continue et des jalons techniques encore non franchis (vol de transition piloté), le tout dans un contexte de procès Joby et de rapport de vendeur à découvert qui pèsent sur la crédibilité et le cours. La note pourrait monter vers 7–7,5/10 en cas de certification de type FAA/EAU obtenue et de premières recettes commerciales sans dilution excessive ; elle retomberait vers 4,5–5/10 en cas de retards de certification, d'échec du vol de transition, de tension de financement forçant une dilution massive, ou d'une issue défavorable du litige Joby. Profil à réserver aux investisseurs tolérants au risque, sur un horizon long.